Désastre annoncé

Me trouvez-vous bien emphatique aujourd’hui ? Mes sujets peuvent sembler futiles au regard de drames personnels, mais tout de même je vous laisse juger si j’exagère vraiment…

3a142ca0rebecca-barkerMon premier sujet de désarroi est le devenir de nos quilts d’aujourd’hui. Nous achetons des tissus de patchwork fort cher parce qu’ils sont « trop beaux »… Outre financièrement, nous investissons affectivement dans les étoffes choisies, sans compter le temps que nous passerons à cogiter, hésiter, décider, accorder, mesurer, couper, coudre, quilter, sans parler de découdre, re-mesurer etc. Nous faisons de notre mieux pour obtenir un résultat honorable et durable. Et puis quelques années passent, parfois juste quelques mois, et on se rend compte que certaines couleurs s’effacent, des harmonies se désaccordent, des valeurs changent… Nous qui avions pris tant de précautions dans nos choix de tissus !

L’as-tu lavé avec un détergent trop fort ? L’as-tu mis longtemps en plein soleil ?
Mais non, jamais de la vie !!!

Le soupçon d’une quelconque maltraitance envers le quilt plane… jusqu’à ce que cela vous arrive à vous aussi !

Depuis des lustres nous avons de grandes peurs -justifiées- envers quelques couleurs qui déteignent, des rouges assurément, mais aussi d’autres teintes. Le dégorgement a ruiné plusieurs quilts et la parade actuelle réside dans les lingettes « anti-redéposition » de pigments. Ces tissus aux trop-pleins de couleurs ont presque disparu des grandes gammes, un effort de rinçage a sans doute été fait.

Et puis il y a l’éternelle question qui divise les quilteuses : doit-on laver les tissus tout juste achetés ? On enlève ainsi un apprêt, un lustre que beaucoup adorent (moi aussi…) mais on enlève aussi maints résidus chimiques, y compris du formaldéhyde hautement toxique, vedette de l’industrie de finition des textiles : il apprête le tissu pour l’impression, le défroissage, l’ignifugation… Les tissus sont également traités aux insecticides ! Y a-t-il aussi un anti-UV qui se dissout au premier lavage ? Je n’en serais pas surprise…

Stacked quilts R. Barker

J’ai acheté énormément de tissus de patchwork dits « de qualité », de grandes marques pendant les dernières décennies, mes goûts plutôt classiques font que je les aime toujours 10 ou 20 ans après. Des bouts restent dans des cartons, mille et un petits restes destinés à de futurs scrap-quilts… Mais je suis effarée de voir l’état de certains tissus des quilts qui « vivent » simplement dans une pièce normalement éclairée. Constat contrasté (c’est le cas de le dire), car certains tissus restent comme neufs alors que d’autres sont affadis de manière incroyable. A partir d’expériences des Abeilles de la Ruche, il semble que les teintes résistantes sont du côté des tissus de patchwork « repros », ces grandes séries historiques semblent imprimées pour durer, les tissus n’ont d’ailleurs pas le fameux lustre ; les imprimés au Japon (de style indigo, aussi bien que les imprimés dorés, les fleuris, les tissés-teints, de marque américaine comme japonaise), les batiks aussi, les tissus de récupération (ah les satins fermiers français qui restent si beaux, les tissus d’ameublement, les unis teints recto-verso et tissés-teints résistants !…) ; les fameux bleus hongrois Kekfesto, teints à la main, sont garantis grand teint, pourtant les bleus sont souvent les premiers « tissus-catastrophe » !
Quant aux autres c’est la loterie, les tissus les plus chers et raffinés n’ont aucunement garantie de pérennité.
Combien de tissus sont-ils touchés, 20, 10, 5 % ?… Cinq, dix ou vingt pour cent de trop en tout cas.

Marie-Claude de la Chambre des Couleurs a fait un article sur un quilt dont les tissus ont changé de valeur, de couleurs même, de manière aléatoire. Certains résistent, d’autres non, cela fait partie des aléas… Mais est-ce normal ?

tissu passé

Ici je vous montre un quilt fait il y a six ans. Dans cet article, on l’aperçoit  sur son lit. Beaucoup de tissus sont restés quasi-intacts mais certains sont anormalement éclaircis, les imprimés presque disparus parfois même. Est-ce la faute de la luminosité toulousaine ? Ce quilt reste sur le lit dans la chambre de ma fille exposée plein sud… mais il est au fond de la pièce ! Il est vrai que la lumière artificielle peut elle aussi faire fondre les couleurs. Voyez les deux carrés-témoins de l’affadissement de deux tissus.
Même mésaventure pour un superbe « Ocean Waves » de Maïté (aperçu ici sur son lit), quelques tissus bleus de patchwork sont devenus gris en un an, ce qui rompt l’harmonie qu’elle avait minutieusement établie.

Nolwenn's quiltQue faire ? Je n’en sais rien, sinon faire remonter le mécontentement aux grandes firmes. Que se cache-t-il derrière ce grave manque de qualité de certains tissus ? Il est en tout cas urgent que les processus de teinture soient drastiquement améliorés. Est-ce pour cette raison que des tissus Moda sont à présent made in Japan ?

Actuellement, les Abeilles et moi travaillons avec des tissus imprimés au tampon et teints artisanalement. Je suis impatiente de voir, dans un an, la tenue des couleurs à la lumière. J’aurais tendance à être plus indulgente pour ces tissus teints avec des pigments naturels et pourtant je suis presque sûre qu’ils résistent mieux que certains de mes tissus de patchwork. Les tissus dits artisanaux ne garantissent pas la qualité (voir ici !), pour le travail industriel comme artisanal, c’est plutôt une question de savoir-faire et de respect du travail bien fait.

Nous voyons les ravages du temps sur des quilts centenaires ; le charme de l’antique, du vintage, l’émotion suscitée par des pièces anciennes nous font accepter leur vieillissement somme toute naturel. On ne peut pas en dire autant des quilts récents abîmés par la lumière en quelques mois.

Ce problème de tenue des couleurs n’est pas insoluble et il me semble impossible que rien ne soit fait, nous méritons tout de même quelques égards quant à la qualité de nos tissus… Le fait que des tissus traditionnels résistent bien mieux que certains récents me fait espérer qu’il y a d’autres solutions que « plus de chimie », je le crois tout en n’étant pas spécialiste.


Le thème bien plus vaste de la production du coton dans le monde est le thème 
de41NREEKQ9TL._ ce livre :

Sorti il y a 8 ans déjà, ce livre décrit les différentes situations géographiques, économiques, sociales, écologiques de la culture du coton dans le monde. Je ne regarde plus mes vêtements, mon linge de maison, mes tissus de la même manière depuis que j’ai lu ce carnet de voyage… Le coton est une plante exigeante, d’où de nombreuses dérives ! Ce livre se lit comme un roman palpitant grâce aux talents de conteur d’Orsenna, mais le constat est alarmant. Pourtant, il y a des solutions!

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(Abeille dans son alvéole hexagonale Valériane Leblond)

Pollinisation SichuanInquiétude pour nos quilts, inquiétude pour les abeilles décimées… Je ne vous recommande pas le DVD que j’ai visionné pendant ces vacances, il m’a trop démoralisée… Savez-vous qu’en Chine, dans le Sichuan, la pollinisation des vergers se fait maintenant à la main, en particulier par les enfants légers sur les branches ? C’est une conséquence de la « Campagne des Quatre Nuisibles » (les rats, les mouches, les moustiques et les moineaux) de Mao Zedong.Mao campagne 4 nuisibles Pourquoi les moineaux ? Parce qu’il mangeaient le grain des paysans ! Avec du poison largement répandu, les moineaux ont disparu. Mais les moineaux ne mangent pas que des grains, ils dévorent aussi et surtout la vermine… Équilibre écologique rompu, pesticides à foison… et disparition donc des insectes butineurs. Ce n’est qu’un des reportages croisés de ce document, les autres sont tout aussi terribles, dénonçant l’apiculture transformée en un business détaché de la nature et du vivant avec des conséquences désastreuses au niveau mondial.

J’ai envie de conclure par la célèbre phrase d’Einstein (Si l’abeille disparaît de la planète, l’homme n’aura plus que quatre années à vivre), mais il paraît quelle lui est faussement attribuée… 

alliance-abeilles-lavande

Espérons tout de même que l’alliance des abeilles et des hommes pourra perdurer…lavande-abeille

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57 réflexions sur « Désastre annoncé »

  1. je me rends compte que je pensais la même chose au sujet des tissus et que je croyais être la seule donc pas objective ! quand on voit le prix du tissus au mètre….on peut en exiger la tenue dans le temps quand même !
    le livre doit être en effet très intéressant
    merci pour ce post

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    1. J’ai trouvé très peu de témoignages dans les blogs (français ou américains). Chaque quilteuse garde-t-elle un sentiment de culpabilité quand un de ses tissus s’abîme ? Je le crois. Les tissus sont tellement chers qu’on les imagine de qualité en rapport avec leur prix…

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  2. Bonjour, …. Et si on commençait à redonner au patchwork ses origines ? … A cause de tous ces inconvénients dont surtout le PRIX j’utilise peu de tissus patch neufs … mais des cotons anciens récupérés par les vêtements usagés …. j’en trouve en brocante, ou dans les associations (secours populaire etc …) … Ces tissus ont été tant et tant lavés que les couleurs ne bougent plus, et ils ont une douceur bien plus agréable que les tissus neufs remplis d’apprêts de toutes sortes …. Pour exemple j’ai fait des patch avec des vieux mouchoirs ! …. 🙂

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    1. Bonjour Katell Passions ! On doit nous confondre parfois !!
      Plusieurs de mes amies de la Ruche ne travaillent qu’avec des tissus hors patch. Moi j’aime mélanger, d’autres utilisent exclusivement les tissus dédiés à notre passion. A chacune ses envies de matières premières, nous avons la chance d’avoir le choix. Mais voilà, quand la déception est au rendez-vous, on ne peut pas se taire indéfiniment… et c’est vrai qu’avec de la récup on évite évidemment ces problèmes de tissus neufs qui ne tiennent pas.

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  3. voila un sujet intéressant s’il en est. Et pas nouveau, hélas! je me souviens d’un tissu édité en 1992 pour l’anniversaire de la découverte de l’Amérique: un magnifique bleu profond avec des bateaux… il n’a fallu que quelques mois pour qu’il devienne quasi uniformément gris. De vieux (presque 30 ans et utilisés) patchworks,il y en a sur les lits de la famille. certains avec des mélanges tissus ordinaires (à l’époque c’était faute de moyen) et des tissus patch ou des cotons genre solaiedo. Plutôt en bon état et pas trop délavés.
    As-tu lu mon premier article sur les repros d’anciens?
    http://larbracigogne.blogspot.fr/2014/01/archives-trouvailles-ou-pillage.html

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    1. Je viens de lire ton article avec grand intérêt. Justement je me demande pourquoi des tissus French General (Josephine, la petite Odile, etc.) sont maintenant made in Japan. Comme je suis bienveillante, je pense que c’est pour une meilleure qualité (?…). Quant aux 3 Sisters, ils font partie des tissus dont les couleurs s’évanouissent si vite, dès qu’on a enlevé le lustre qui les font ressembler à du chintz…
      Je suis restée ici en tant qu’utilisatrice, je n’ai pas du tout abordé l’aspect « pillage de modèles » car je n’y avais pas pensé et je suis complètement incompétente, mais je vais suivre justement tes articles avec grand intérêt.
      A bientôt donc !

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      1. Mon second article est en bonne voie. Ce soir ou demain..
        Pour les tissus French General, cette marque est sous le parapluie Moda soit la société United Notions, basée au Texas.
        Je suis très sceptique sur l’impression au Japon et j’ai été fureter sur un site d’exportation chinoise; Je mets des liens en fin de message; le Japon est devenu un endroit techniquement cher… ces tissus ne doivent plus être imprimés chez eux mais dans des pays à bas coûts… vous verrez que des tissus copies d’anciens sont bien fabriqués là-bas
        http://minu.me/c8yf
        http://minu.me/c8yc
        http://minu.me/c8yb
        http://minu.me/c8y9

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  4. Bonjour et Bonne Année !
    Pour des raisons de budget limité, j’ai opté depuis 10 ans pour la solution « récupération ». J’ai récupéré des chemises de collègues hommes, des cravattes, des draps, nappes, torchons… Et compose mes quilts avec cette base. Bien évidemment, j’agrémente l’ensemble avec des tissus que j’achète en grand coupon dans une solderie en faisant attention à la composition. Mes patchs ne palissent pas et certains sont lavés de manière hebdomadaire, car utilisés par des enfants.
    Ils n’ont pas la beauté de certains patchs réalisés avec les tissus dont vous parlez. Cependant, ils me plaisent et plaisent aussi à ceux qui en bénéficient.
    J’en profite pour vous féliciter sur la qualité de vos sujets.
    A très bientôt pour votre prochain post !
    Valérie Menassanch

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    1. Merci pour votre message ! J’ai cet article en brouillon depuis un moment, j’ai attendu avant d’être sûre de bien faire passer le message que je veux.
      J’aime et je respecte toute attitude envers les créations de patchwork, je peux être tout aussi admirative d’un 4-patch en tissus de récup que d’un compas de marinier !
      Pour ma part, j’achète souvent des draps unis pour compléter les tissus de patch (et faire les dos de quilt), mais aussi les chemises et des reliquats de tissus d’ameublement, cela fait baisser la facture globale !

      Je suis certaine que les plus beaux patchs du monde sont ceux qui sont adorés par les enfants… même devenus grands, d’où l’importance d’un minimum de tenue des couleurs !

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  5. Militons pour que « perdure l’alliance des abeilles et des hommes »… mais surtout celle « des Abeilles et du Patch »!
    Je connais moi aussi cette désagréable mésaventure sur un magnifique dessus de lit, côté fenêtre uniquement bien entendu…

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  6. Je suis bien d’accord avec vous. Comme vous j’ai constaté que certains tissus, pourtant abrités de la lumière (de plus dans une pièce peu claire) se fanent très vite. J’ai fait un logcabin rouge et noir en 2000, les noirs sont devenus verdâtres et les rouges roses … Ceux qui ne changent pas sont ceux que j’ai acheté dans les années 75 au Rouvray.
    Pour ce qui concerne les tissus japonais, je les ai utilisés pour deux quilts (éventails) mais ayant offert ces ouvrages, j’ignore comment ils se comportent !
    Les tissus sont de plus en plus chers et de moins en moins solides, c’est pourquoi il est intéressant de piocher dans les vieilles chemises, les vieux draps et serviettes, etc…

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  7. Françoise A. Merci pour la qualité de vos articles, je partage cette indignation sur la qualité des tissus….et je vous soutiens si nécessité.

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  8. haut les coeurs en ce début d’année !
    le tissu est un matériau vivant …..comme nous ! alors admirons la petite ride, le faux pli, le teint pâle, le ton fané… l’usure du temps qui passe et qui donne tant d’histoire à nos petits bouts de tissu, d’ailleurs n’est il pas intéressant de travailler avec de la récup ?????
    les abeilles vont disparaitre ? et nous aussi, mais ne le sait on pas déjà ?

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    1. Ah sacrée Cécile ! Tu pourrais faire danser un régiment d’éclopés avec ton énergie !
      Tu as raison, mais je ne parle pas ici de l’usure du temps qui passe mais d’imprimés qui peuvent s’évanouir en 6 mois, un noir qui fait de longues traces blanches au premier lavage… GRRR !

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  9. Tu parles de sujets qui me tiennent à coeur ! Je pensais me faire mes vêtements pour sortir de cette industrie polluante mais où trouver des tissus de qualité respectueux de la nature et de l’homme? Quant à nos ouvrages, même constat, je les vois se dégrader vitesse grand v ….
    Les abeilles qui peuplent la terre depuis si longtemps devraient retenir toute notre attention mais comme tu le dis si bien, les responsables sont dans le déni total …. Je garde espoir mais je t’avoue que parfois je me demande s’il n’est pas trop tard déjà.
    J’attends avec impatience ton opinion sur ces tissus artisanaux .
    Bonne journée Katell .

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    1. Je vais mettre des échantillons au soleil dans mon atelier et les mêmes dans un tiroir. On verra l’année prochaine le résultat !
      Alternatives : le coton bio (voir le livre d’Orsenna)… et le lin de notre pays, premier fabricant ! La filière n’est pas parfaite (aller-retour en Asie…) mais cette plante peut pousser très facilement sans pesticides.

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  10. Quel article intéressant, Katel…
    merci pour toutes tes découvertes -ou constats- retransmis -..
    plein de bisous, MIP

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  11. Merci pour toutes ces informations, c’est un régal que de te lire, je commande le livre d’Orsenna.
    Cela fait deux ans de suite que des abeilles viennent se blottir entre volets et fenêtres et qu’un apiculteur vient les récupérer donc j’y suis particulièrement sensible.
    Bonne vie à nos amies les abeilles et bonne année à toutes et tous.

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  12. Katell, j’ai un début de réponse, pour le « made in japan ». Les tissus des marques américaines (Moda entre autres) sont tous imprimés au Japon et en Corée, parce que c’est là qu’il y a la meilleure qualité d’impression, au niveau de la finesse des motifs. Certains tissus patch ont plus de 12 ou 15 couleurs différentes (ce qui veut dire 12 ou 15 rouleaux gravés et autant de passages d’encres). C’est ce qui explique en partie leur prix élevé, par rapport à des tissus imprimés en Chine ou au Bangladesh.
    Pour les couleurs, je n’ai pas de réponses, je ne connais pas la qualité des encres utilisées, mais j’en parlerai à l’occasion avec les représentants et fabricants que je rencontre.

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    1. Tous les tissus de confection et ceux destinés au patchwork sont imprimés en une seule fois avec le système de cadre rotatif, les rouleaux auxquels vous faites allusion ne sont plus utilisés que pour imprimer certains tissus d’ameublement dit « imprimés au cadre à la main » des grand éditeurs
      Le prix de ces textiles (de 85 à plus de 300€ le mètre) n’a rien à voir avec celui des tissus patch !
      N B : Les tissus chinois et autres sont imprimés comme les tissus pour patchwork au cadre rotatif

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      1. Au temps pour moi, je travaillait dans l’industrie textile il y a 20 ans, et j’avais visité une usine (tissus commerciaux pour grande distribution), qui imprimait au cylindre. Sur cette vidéo http://youtu.be/xovcyiwYRyY, Moda montre et des cylindres, et des impressions au cadre, j’avais l’impression qu’il y avait un passage par couleur.

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    2. Merci Emma d’avoir commencé à prospecter sérieusement sur le sujet. Tu vois ici que ce sujet est sensible et il est important de faire le point. Nous aimons tant les tissus…
      Si les impressions se font au Japon ou en Corée malgré le coût engendré pour une amélioration de qualité, c’est ce que les utilisatrices demandent. Personne n’est obligé d’acheter des tissus à une vingtaine d’euros le mètre mais on s’accorde à dire que si on le fait, on est en droit d’attendre de la qualité. Tout effort d’amélioration est à saluer… et il faut communiquer là-dessus.

      Je ne sais si c’est l’encre ou le processus de fixation qui est en jeu, ce sera très intéressant de le savoir car je ne suis pas du tout prête à jeter aux orties le plaisir de choisir de beaux tissus dans un magasin accueillant !

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      1. Katell, je ne peux me prononcer sur la qualité, je ne m’y connais pas assez (mais je vais enquêter, ça m’interesse), mais le prix des tissus a d’autres justifications. En patchwork, on consomme « peu » d’un tissu, par rapport à l’ameublement ou l’habillement par exemple. Du coup, on fait de plus petites séries, de petits rouleaux, de petites coupes (10 ou 20 cm), celà influence beaucoup les coûts de distribution et de production.
        Par exemple, des grandes surfaces de tissus vendent des tissus fait et imprimés en Chine ou au Bangladesh, fait pour l’habillement, sur du coton moins serré que le coton patch (le poids au m2 et/ou le nombre de fils au cm est un élément important de coût). Entre le lieu de fabrication, l’amortissement des motifs, la quantité de mètre produits et le nombres de vendeuses dans le magasin, on peut faire une grande différence de prix.
        Je ne veux pas sembler prêcher pour ma paroisse, ni dédouaner les fabriquants de leurs responsablilité, mais c’est important de comparer ce qui est comparable…

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        1. Cette franchise me plaît 🙂 je comprends ton point de vue et j’ai vu de très près comment fonctionne un magasin de tissus de patchwork.

          Les vraies préoccupations pour beaucoup de quilteuses, on le voit en lisant les commentaires, c’est « d’en avoir pour son argent », pas le fait que les tissus soient chers (on comprend les justifications). Nous sommes là dans la recherche de la qualité. Alors tes infos complémentaires seront les bienvenues !

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  13. J’ai toujours entendu ma mère et ma grand-mère répéter :  » étend le linge de couleur à l’ombre sinon le soleil va le brûler et le déteindre »…je n’ai pas encore rencontré ce problème mais peut-être que le soleil brille moins dans le Loir et Cher qu’à Toulouse et sa région !!
    Mais ton problème est flagrand sur le beau de ta fille. C’est injuste..on y met tellement du coeur à l’ouvrage et c’est un investissement financier ! Je n’hésite pas à acheter mes tissus de dos dans des magasins type Mondial Tissus pour équilibrer mon budget…
    J’espère que tu trouveras une solution à ton problème !
    Bises

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    1. Sacré soleil !…
      Ce qui est agaçant dans l’histoire c’est que parmi les tissus de patchwork, on ne sait pas d’avance ceux qui sont « sûrs » et ceux qui le sont moins. Avec mes amies, nous avons réuni nos expériences pour tenter d’établir une liste qui est dans cet article, mais c’est incomplet…
      Si les tissus de patchwork pouvaient devenir des produits fiables, disons à 99%, ce serait tout de même formidable !

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  14. oui effectivement ça fait râler: autant dheures de travail et de précision avec tout l’amour qu’on y met…. de se retrouver avec un patch défraichi au bout de quelques temps
    j’ai bcp aimé ton article sur ce  »fléau », mais effectivement le tissu coute cher, et c’est pas  »normal » que la qualité n’y soit pas toujours
    pour ma part j’utilise bcp de tissu de récup… mais je ne patch pas bcp non plus, j’adore le principe de ce qui a vécu et revis une seconde fois … mais je craque bcp pour des tissus neufs aussi pas toujours des tissus de patch non plus.
    je crains que le problème reste entier un bon moment… tout est fait maintenant pour ne pas durer ou etre jeté, le tissu ni déroge pas …. dommage c’est triste
    tous mes voeux accompagnent ta journee

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  15. Bonjour,
    J’utilise beaucoup de tissus de « récup », j’adore les scraps quilts, j’ai remarqué que les tissus africains ‘ Côte d’Ivoire » précisement que m’ a donné ma belle-mère il y a une trentaine d’année n’ont pas perdu leur couleur même en plein soleil!!!!!!!!!!!!!.
    C’est un vaste problème que cette tenue des couleurs, merci pour le livre d’Orsenna, je pense que je vais le lire
    Bonne journée à toutes

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  16. Depuis cet article de 2010 auquel tu fais allusion, chère Katell, je me suis beaucoup documentée et je suis une de celles qui répète à l’envie que les si séduisants tissus pour patchwork sont de piètre qualité !
    Si les couleurs ne tiennent pas, c’est surtout à cause de la médiocre base des cotons à fibres courtes et du travail qui ne respecte pas la préparation très complexe des textiles avant la teinture proprement dite, car dans ce domaine aussi la vitesse de production est essentielle et les collections doivent « tourner » vite selon le bon principe de notre société de consommation « Time is money » !

    Attention aux ouvrages mélangeant tissus neufs et usagés, déjà « cuits » par l’usure et les lavages, car les tissus de seconde main s’usent plus vite et s’ils sont parfaits pour des quilts muraux en revanche comme plaid pour cocooning sur canapé je suis dans le doute…

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  17. à la maison de campagne je ferme la cheminée avec un vieux « peilloc » celui là je l’ai regardé longtemps avant de me décider…lavé, préparé, il est venu construire la base d’une copie de log cabin ancien. quelques chemises d’homme et un rideau de dessous d’évier (rouge mais souvent lavé) ont fait le reste. pour la doublure j’achète une fin de série rouge…et méfiante je le lave, le javélise, l’eau oxygénise, le rince, le sale, le vinaigrette…. tout ça avec un échantillon blanc, victoire il ne déteint plus . reste a trouver un rouge (je n’en avais pas assez) pour le foyer de mon log cabin. une copine me passe un vieil édredon (rouge) je fais confiance à nos grands mères et je monte mon dessus de lit (superbe !) quelques temps après le chat……donc je lave et il ressort (le dessus de lit pas le chat) légèrement rose…..alors acceptons la vie comme elle vient, je me suis dit qu’autrefois, rincé à la rivière et lavé à la main en cassant la glace….ça n’aurait pas été plus simple.
    laissez vivre vos patch, ce ne sont pas de miracles, seulement votre expression à un moment donné, certes sublime, pleins d’amour, et de souvenirs, pour en avoir vu plusieurs complètement usés sur les canapés familiaux, je me suis dit que c’était émouvant….un jour peut être ils finiront dans la niche d’un chien…(c’est arrivé aux travaux de copines) soyons modestes !

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    1. Ben oui c’est la vie !
      Je m’amuse de voir le tapis de Kannelle (la chienne de ma fille) fait l’année dernière : il est troué, taché, mais au moins il vit et il a fait plaisir ! Je me suis amusée à le préparer en cachette, j’ai adoré le plaisir de ma fille et je n’en demande pas plus !
      Mais c’est la conviction que les fabricants « pourraient quand même mieux faire » qui me chagrine, puisque d’autres y arrivent !

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  18. il va falloir aller à la source, là où pousse le « pognon » ….et encore peut être en donnant le virus du patch aux compagnes des banquiers ..?????

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  19. Article intéressant ainsi que les commentaires. J’aime bien quand un patch vit, qu’il s’use mais après quelques temps. C’est rageant lorsque les tissus sont récents et que les couleurs passent. Je n’ai pas trop remarqué pour mes patchs et pourtant certains ont été lavés plusieurs fois. Histoire à suivre. Merci d’avoir fait cet article. Belle soirée.

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  20. Pour les tissus je n’ai pas assez d’antériorité pour voir une décoloration de mes tissus…pour le abeilles je suis bien d’accord, leur disparition amènerait la disparitio de l’espèce humaine en très peu de temps..il existe un site « un toit pour les abeilles » par lequel nous pouvons aider les apiculteurs ..n’hésitez pas a aller voir..et merci pour vos articles très intéressants

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  21. Merci Katell pour cet article.
    Sujet fichtrement important pour nous quilteuses!
    J’avoue, malgré tout, ne pas avoir rencontré ce problème de décoloration des tissus.
    Bien sur, j’applique plutôt rigoureusement les conseils suivants : modérer la lumière grâce aux stores vénitiens, fuir à tout prix la lumière lunaire et faire bouger le plus souvent possible les quilts.
    J’ai remarqué tout de même que certains tissus chez M.. sont de moins bonnes qualités qu’auparavant (au niveau texture). mais il est vrai que j’ai une préférence pour les Marcus, Windhams Fabrics…..et les vieilles chemises.
    J’avais lu un article intéressant au sujet de la conservation des textiles dans les pages du Musée du Costume et du Textile du Québec, le voici
    http://mctq.org/fr/collections/conservation-des-textiles/
    Bonne continuation et Happy Quilting

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    1. Les tissus repros dont tu parles ont, comme les tissus artisanaux avec lesquels on travaille en ce moment, des capacités absorbantes comme les tissus anciens : si on les trempe dans l’eau, ils sont immédiatement mouillés… ce qui est normal ! Quand on les a en main, on sent la fibre. En revanche ceux qui sont trop traités font perler l’eau et le tissu glisse des mains. Je me demande donc si les traitements à outrance ne sont pas là pour masquer la moindre qualité du coton, comme le dit Marie-Claude (fibres de coton très courtes, moins onéreuses, de moindre qualité). Et trop traités, les teintes ne prendraient plus aussi bien…
      Ne pas oublier la lumière de notre amie la lune… qui réfléchit le soleil !

      Merci pour ton intervention France !
      Bien amicalement

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  22. ah ! les caleçons de nos hommes, en coton avec de chouettes imprimés !!!!
    vous êtes trop sérieuses …..si on riais un peu en ce début d’année ..????

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  23. sur les procédés d’impression , on peut consulter ce lien … http://www.ineris.fr/ippc/sites/default/interactive/bref_text/breftext/francais/bref/chap_02_08.htm
    pour avoir une idée de comment c’est fait …
    Pour ma part, j’ai divisé mes ouvrages en deux : ceux d’usage dont j’accepte les « avanies » et les autres qui pour moi constituent une « œuvre » et qui sont dépoussiérés mais pas lavés , d’autant que beaucoup ne sont pas lavables.Ils sont stockés à plat, à l’abri de la poussière et de la lumière , c’est vrai on n’en profite que lorsqu’on vient me voir, mais ça arrive de plus en plus souvent , ou quand j’expose,ou en photos …; Ils sont en parfait état de conservation , et je les prends pas pour des couvertures pour chiens, mais comme des surfaces où ma vie se dit même si ça fait ricaner, « grosse tête « etc Si je faisais une couverture pour chiens ou d’usage intensif, je la ferais jolie et décorative, mais la visée ne serait pas la même et je me garderais d’y investir trop de mon âme et de mon temps là-dedans C’est mon point de vue. J’ai retrouvé chez une amie en Bretagne, trois quilts que je lui ai donnés, dont un qui date des années 90 et a été lavé fréquemment , quelques tissus ont un peu pâli, mais il est en pleine forme.c’est peut-être de la chance .! Me préoccupe davantage le problème plus général de la conservation de nos objets d’art ou d’artisanat d’art après nous ou déjà de notre vivant pourquoi pas (une bonne quilteuse n’est pas forcément une quilteuse morte!) , dans un pays où personne ne semble s’en soucier, où il n’y a aucune histoire véritable de cet art et de ses créatrices (qui ne servent que comme réservoirs à idées et modèles sans reconnaissance véritable le plus souvent ) , aucun lieu d’accueil de ce patrimoine qui n’est pas toujours de la tradition et du folklore, ni du « décoratif » pur et simple, sans être pour autant de l’art contemporain branché ou conceptuel , où des personnes formées en conservation des textiles pourraient s’en occuper, On peut rêver, n’est ce pas ?

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    1. Merci pour ce point de vue intéressant, Jacqueline !
      Les textiles ne se cassent pas mais ils sont fragiles quand même. Ils sont utiles et indispensables pour la vie quotidienne, tout le monde comprend cela, mais utiles et indispensables en tant que moyen d’expression, certains même en tant qu’œuvres d’art, c’est un message moins évident à faire passer… Mais on peut rêver, oui !

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  24. il y a bien longtemps que j’ai fait le même constat et ce qui m’a étonné c’est que des couvre-lits dans une pièce au nord, donc pas ensoleillée, arrivent à perdre beaucoup de couleurs. mais faut-il pour autant les laisser dans une armoire et ne pas en profiter, ou alors les laisser se ternir et en profiter. perso, j’ai fait le second choix. Se pose ensuite le problème de leur devenir après nous : les enfants les garderont-ils ? Finiront-ils chez Emmaüs ou tout simplement dans une récup. de chiffons ????? Alors mieux vaut en profiter même si ils ternissent

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  25. fermez vos fenêtres, lumières tamisées et économes d’UV, enlevez les pieds de vos lits….lavez vous les mains, et ne sortez jamais vos patchs de leur armoire….bon sang ! VIVEZ !!!!!!

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  26. Bonsoir Katell.
    Collectionneuse de tissus et de quilts depuis des années, j’ai constaté des changements dans les qualités des tissus, pourquoi ?? la mode, alors que pensez vous que font les créateurs , il faut repondre au meilleurs prix à la demande et ce n’est pas que pour les tissus , offre et la demande
    Parfois j’ai été étonnée de l’enthousiasme pour certains tissus comme ceux de KF..et d’autres si ils sont + résistants maintenant que dire des débuts.. malgré leur prix ils passaient ne se tenaient pas etc .. mais il était à la mode alors cqfd maintenant amère déception..
    Mes quilts vivent sont lavés (sauf les miniatures et encore) parfois les couleurs passent un peu et quoi est ce un drame?? un meuble , une maison se patinent , nos quilts vieillissent
    les quilts faits avec des tissus anciens, j’évite que le chien en prenne possession !!!
    J’ai des quilts qui ont dépassé le siècle, bien sur je les bichonne un peu plus, et surtout je fais attention qu’ils ne rencontrent jamais la lune , je les déplie et replie régulièrement et si je les pense empoussièrés , je les mets dans le sèche linge à froid quelques minutes conseil donnés par des professionnelles aux US
    il y en a un que je cheris tout particulièrement qui a une histoire pleine de guerre et de destruction, il est usé comme on le dirait « jusqu’à la corde » il est passé mais je n’aimerais pas entendre qu’il est moche de par son usure…
    Quant aux tissus faussement appelés « japonais » il faut en faire la différence « faits au Japon »,et les magnifiques indigo japonais qui espérons continuerons à nous faire rêver de ce pays
    Comme le dit Jacqueline à quand la prise de conscience que nos quilts ne sont pas seulement des ouvrages de Dames , et qu’ils méritent la conservation que l’on réserve aux broderies, pour cela il faudra peut etre abandonner une partie du coté mercantile ajouter de la connaissance je ne sais pas si il y a une solution ..mais tant que j’entendrai <> je me demande ….
    Bonne soirée

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