Sororité

Sororité : c’est un mot qui rappelle la fraternité, le troisième mot de notre devise nationale qui se veut un lien indéfectible entre les citoyens, fait de respect mutuel, de solidarité, de bienveillance et de tolérance. On la confond souvent avec l’égalité, alors que c’est plutôt l’éloge du droit à la différence, notion qui me tient à cœur.

La Sororité, Sisterhood, existe dans les milieux universitaires anglophones (et même francophone), c’est un réseau d’entraide spécifique aux femmes pour leur carrière. N’en ont-elles pas bien besoin, dans notre monde où une femme doit encore être plus compétente qu’un homme pour avoir la même place -et pourtant être souvent moins payée? 

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Les Glorieuses, c’est par ici ! 

sistersLa sororité pure, je la connais bien avec mes trois sœurs, je ne vous en parle que rarement (ici quand même) mais elles sont très présentes dans mon cœur.
La sororité est aussi cette étincelle qui existe entre deux femmes, un lien invisible qui est purement de l’amitié sincère et désintéressée. Dans le monde du patchwork, si féminin, nous rencontrons tant de femmes diverses que cette notion m’est apparue clairement il y a une bonne dizaine d’années, après avoir vécu dans un monde bien plus mixte.

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Citation du Panthéon des Glorieuses

J’ai aussi plusieurs sœurs dans cette Ruche des Quilteuses que je rencontre presque tous les vendredis, la complicité est vibrante comme les ailes des abeilles qui transmettent ainsi leurs codes et leurs secrets. J’apprécie tant les femmes sincères et bienveillantes, le bonheur est d’être entourée de ces personnes ! Le vendredi soir, nous rentrons chacune chez nous, le sourire aux lèvres, enrichies par les rires et les bonnes vibrations échangées. 

Katell Renon - La Ruche des Quilteuses - Modèle de broderie de Capricorn QUilts

A mesure que le temps passe je me demande si la sororité n’est pas le sentiment le plus authentique, le moins frelaté, le plus résistant aux événements. Benoîte Groult, la Touche étoile.

J’ai des sœurs plus lointaines, françaises ou d’autres nationalités, certaines que je n’ai encore jamais rencontrées pour de vrai mais nous échangeons tant épistolairement ! Et quand un jour la rencontre a lieu, le miracle opère, nous nous reconnaissons. C’est notre respect mutuel, ce sont nos différences qui nous enrichissent… Et simplement, nous nous faisons du bien mutuellement. Cela me rappelle une petite histoire qui circule depuis plus de 5 ans sur le Net, elle n’a sûrement aucun fondement historique (j’ai cherché le professeur Alan en vain) mais c’est un conte qui parle vrai:

Lors de sa dernière conférence, le Professeur Alan, patron du département de Psychiatrie de Stanford, traitait du rapport entre le corps et l’esprit, entre le stress et la maladie. Il a débuté son exposé en affirmant que l’une des meilleures choses que l’homme puisse faire pour sa santé est d’avoir une épouse. Alors que pour la femme, c’est d’entretenir ses relations avec ses amies.
Tout l’auditoire a bien évidemment explosé de rire. Mais il était sérieux. Alors que les hommes ont tendance à parler de leurs activités, les femmes abordent leur ressenti. Nos discussions entre copines nous aident à gérer notre stress et à affronter les difficultés de la vie. Du point de vue physique, ces bons moments entre filles nous aident à produire plus de sérotonine, ce neurotransmetteur qui combat la dépression et qui engendre une sensation de bien-être.

Il est très rare que nos hommes passent un bon moment ensemble pour parler de ce qu’ils ressentent ou du déroulement de leur vie personnelle. Parler du boulot ? Oui. De sport ? Oui. De voitures ? Oui. De pêche, de chasse, de golf ? Oui. Mais de ce qu’ils ressentent ? Rarement. Nous, les femmes, faisons cela depuis toujours. Nous partageons avec nos sœurs, mères et copines, et apparemment ceci est bon pour la santé. 

Le professeur poursuit son exposé en expliquant que, pour notre bien-être, passer du temps entre copines est tout aussi important que de faire du sport.  Et ainsi, ne pas entretenir nos relations avec nos amies est tout aussi nocif pour notre vie sociale que fumer l’est pour notre santé. 
Alors les filles, la prochaine fois que vous organiserez une soirée entre copines, dites-vous qu’en plus de passer un super moment, c’est bon pour votre santé!

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N’oublions pas les paroles de Benoîte Groult qui parla avec sagesse et mesure de féminisme et de sororité.

Faire du patchwork, ça conserve ! Non seulement pour l’agilité d’esprit et l’habileté que cela suppose, mais surtout pour les échanges entre femmes de bonne volonté avec qui la concurrence ou la jalousie n’existe pas, mais au contraire une saine émulation et de la bienveillance. Bien sûr, je ne suis pas naïve ni tombée de la dernière pluie, c’est le groupe idéal que je décris et la réalité n’est pas toujours aussi simple dans beaucoup de clubs. Au moins, nous savons vers quel idéal tendre. 

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Cela m’a fait bien plaisir de rencontrer les sœurs Polly Minick & Laurie Simpson à Nantes ! Toujours ensemble, elles présentaient leur dernier livre, un recueil de leurs beaux ouvrages en bleu & blanc (sans explications). A feuilleter sans modération !

La semaine dernière à Nantes, j’ai tellement ressenti cette sororité entre quilteuses, et pas seulement chez les soeurs Minick & Simpson ! Rencontrer en vrai des connaissances auparavant virtuelles et discuter comme si on s’était quittées la veille, se sentir à  l’aise avec celles qui partagent passion et état d’esprit bienveillant, découvrir de nouvelles personnalités oh combien attachantes, pour moi c’était tout cela Nantes, au-delà des merveilleux quilts exposés ou des achats qui nous rappellent cette escapade enchantée. Vous avez ici un aperçu de la belle ambiance avec la vidéo de Quiltmania. Plusieurs personnes ont fait de très belles galeries photos des expositions de ce Salon : pour ma part, je vous renvoie à celle de France Patchwork dans Les News. Merci Edith de faire découvrir -ou revoir- tous ces quilts extraordinaires !

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the_beatles-571.jpgI get by with a little help from my friends,
Mm I get high with a little help of my friends,
Mm gonna try with a little help from my friends.

J’y arriverai avec un peu d’aide de mes amis,
Je m’améliore avec un peu d’aide de mes amis,
Je vais essayer avec un peu d’aide de mes amis.
The Beatles

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Sororité encore, dans son acceptation globale de communauté des femmes, car nous savons trop bien que nulle n’est à l’abri d’un cancer du sein : un petit geste symbolique et utile, pour nous qui savons coudre, c’est faire un coussin-cœur*. Ici dans le département de la Haute-Garonne, nous allons les réunir en profitant de la structure de délégation France Patchwork et nous les offrirons à La Ligue contre le Cancer en fin d’année. Ils seront alors redistribués à celles qui en auront besoin. 

*Partie des Etats-Unis, cette opération a été relayée en Europe par le Danemark, puis l’Allemagne et enfin grâce à Rita Kirchmann et France Patchwork sur le territoire national.
Dessiné par un chirurgien américain spécialisé dans les cancers du sein, ce coussin de forme très spécifique est destiné aux malades. La forme et le volume de ce coussin cœur doivent scrupuleusement être réalisés selon le patron. La courbure obtenue de ce cœur est parfaitement adaptée à la morphologie du dessous du bras, il ne doit être ni trop mou ni trop dur. La patiente pourra soulager ses douleurs sous le bras, causées par l’œdème des vaisseaux lymphatiques après une opération du sein. Il soulage également la pression du bras sur les cicatrices. Enfin, il apporte une protection efficace en cas de mouvements brusques ou imprévus et peut être utilisé en voiture, glissé entre le haut du corps et la ceinture de sécurité pour éviter toute pression excessive sur la zone opérée ou traitée.

Ce coussin remis aux femmes opérées d’un cancer du sein qui le souhaitent est un merveilleux petit message de soutien et de solidarité de notre part.

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Depuis des années et tous les ans, quelques délégations France Patchwork réunissent des coussins-cœur dans leur département grâce à la motivation des adhérentes. Nous l’avions fait en 2012 dans toute la région Midi-Pyrénées ; l’année dernière, la délégation FP de la Dordogne a mobilisé ses adhérentes pour réunir des coussins. Les campagnes généreuses de ce type sont multiples, bravo à chacune !

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Une Américaine en Bretagne

Il y en a beaucoup, des Américaines qui aiment comme nous prendre des vacances en Bretagne, notre beau pays complètement à l’Ouest, notre Far-West à nous !

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Pont-L’Abbé, ville idéalement située à l’estuaire de la rivière.

Mais il y en a une qui retiendra particulièrement votre attention en fin d’été : c’est Rayna Gillman. Elle fait partie de ces Américaines attachées à notre pays, aimant notre histoire, nos arts, au point d’avoir fait l’effort d’apprendre notre langue – qu’elle maîtrise parfaitement. Elle a d’ailleurs assuré son premier stage en français l’année dernière en Suisse et mon amie Sophie de Luna Love Quilts y a participé, pour son plus grand bonheur.

Rayna et Sophie se sont retrouvées avec grand plaisir en février dernier à Savannah (Georgie) lors du QuiltCon ’17.

Pour la première fois en France, Rayna propose un stage comme on en rêve toutes : 30 heures de cours répartis sur 5 jours dans un cadre idyllique… Voulez-vous en savoir plus ? Alors allons-y, je vous dis tout !

Tout d’abord, où cela se passera-t-il ?

C’est à Pont-L’Abbé, au cœur de la Cornouaille française, que se situe Le Clos de Lande Vallée, lieu du stage d’été avec Rayna (du 20 au 26 août 2017). Le couple franco-grec qui tient cette grande propriété vous garantit un cocon écologique, confortable, qui vous assurera des repas gourmands aux produits locaux et biologiques. Sur le site, vous trouverez de nombreuses photos des chambres et de la propriété, ainsi que des détails sur les prestations diverses.

L’atelier bénéficie d’un cadre naturel privilégié, et en-dehors des cours, vous pourrez vous promener dans la vieille ville de Pont l’Abbé, la capitale bigoudène (nous en avions parlé ici!), le long du GR34 ou sur les plages (Ile Tudy, Ste Marine, Bénodet, Loctudy, Pointe de la Torche…). C’est un coin cher à mon coeur ! Vous y vivrez une expérience de Quilt Camp à l’américaine, chaleureuse et formatrice.

Qui est Rayna Gillman ?

Rayna Gillman est une artiste d’envergure internationale, connue pour la qualité de ses stages, ses expositions et parutions dans les magazines spécialisés ; ses deux livres sont des succès de librairie :

Que vous proposera Rayna ?

Tout d’abord, de l’amusement ! Dans ses livres comme dans ses stages, elle préconise la coupe à l’œil et à main levée, la composition au fur et à mesure dans le but d’apprendre à vous faire confiance et vous lancer dans la création. Une expérience éminemment formatrice ! Chacune repartira avec de nouvelles idées, des envies de nouvelles expériences. Rayna respectera vos goûts et votre personnalité tout en vous offrant ses trucs, son expérience, son talent… Elle qui aime pour toujours les quilts traditionnels, elle sait le chemin qu’on peut faire vers des créations plus personnelles et enrichissantes.
Le stage sera mené en français, mais aussi en anglais s’il y a des personnes anglophones. Pour préserver la qualité de l’enseignement et tenir compte de la personnalité de chacune, le nombre de stagiaires est limité à 10 personnes.

Coût de l’enseignement : 330 € – Hébergement en pension complète à partir de 420 € (voir tous les détails par ici). C’est bien sûr un certain budget, mais vous pouvez souffler cette idée à vos proches si votre anniversaire approche, ou pour la Fête des Mères… Et puis, vous pouvez vous offrir de belles vacances comme celles-ci, parce que vous le valez bien !

Bulletin d’inscription ici 

Parapluie

Ces jours-ci, le parapluie est de rigueur un peu partout en France. Ne vous en plaignez pas trop, la Nature a besoin d’eau ! Je ne me lasse pas de la gaieté de Gene Kelly dans Singing in the Rain : 4 mn 35 de plaisir vintage !

Ce film est sorti en 1952.

Autres parapluies, ceux de Cherbourg évidemment, une des comédies musicales françaises délicieusement désuètes :

Enfin une comédie musicale française!, s’est-on dit à la sortie du film en 1964. Ce film gagna la Palme d’Or de Cannes cette année-là.

La première référence écrite à un parapluie date du 1er siècle, en Chine. Chez nous, c’est au 15e siècle que cette protection contre les intempéries commence à être utilisée.

Elégance à la française dans les rues de Paris, peint par Gustave Caillebotte en 1877. Ce tableau est à Chicago.

Les Anglais (experts en matière de pluie) les ont même utilisés comme outil de guerre ! Non pas en tant qu’armes, mais en protection de la poudre qui resta sèche lors de la bataille de Toulouse le 10 avril 1814 (les Anglais contre l’armée napoléonienne en déroute, après l’effroyable guerre d’Espagne). Les Anglais avaient réquisitionné les grands parapluies des bergers des Pyrénées !

Mais ce qui nous intéresse le plus, ce sont les parapluies vus dans les quilts, n’est-ce pas ? Alors en voici quelques-uns :

Dans les années 1930, le bloc de l’Umbrella (=parapluie) était très populaire ! Celui-ci est de la collection de Stella Rubin.
Dancing Umbrella Quilt d’Edyta Sitar est plus récent mais dans le même esprit.
Ce charmant panneau vient du Quiltmania n° 28 et cette photo de ce blog. Il y en a d’innombrables versions, signe du succès !
Terry Aske fit une série de mini-quilts sur le thème du parapluie, en voici deux.
Terry Aske
Shasha Shaikh est une artiste d’origine indienne qui vit à Paris. Elle fait elle-même ses batiks au procion. Ce beau tableau mesure 49 x 53 cm.
Impressionnant travail textile de Danny Amazonas, que j’avais évoqué par ici à la suite de l’article d’Emma qui me l’avait fait découvrir ! Détail du quilt ci-dessous.
Rain II, Danny Amazonas
Ce magnifique bloc n’est qu’une toute petite partie d’un sampler d’esprit japonais fait par Julie, Australie.

Nous pourrions continuer ainsi longtemps, tant le sujet est riche dans le monde entier ! Cependant, Hawthorne Threads a appelé sa nouvelle gamme de tissus Parapluie (en français, s’il vous plaît !) pour évoquer notre belle capitale, au son de l’accordéon, des macarons à faire saliver les moins gourmandes et un air du temps qu’on peut encore savourer parfois…

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En suivant ce lien, vous verrez en 1mn30 de bien jolis tissus et une mise en scène toute charmante ! 

Alors, malgré la pluie, belle journée à vous !

Fibre Occitane chez Bohin (61)


1202278Fibre Occitane est une exposition itinérante France Patchwork mettant en valeur les particularités patrimoniales de l’ex-région Midi-Pyrénées et l’amour des quilteuses (et d’un quilteur super doué !) pour leur pays d’origine ou d’adoption. L’idée de faire un projet régional commun nous est venu en 2014, 2015 fut l’année d’interrogations, de recherches, de travail, puis 2016 et 2017 sont la récompense avec de nombreuses expositions, tout d’abord en Occitanie, puis ailleurs en France… et même, en août prochain, en Lettonie !

C’est donc la première fois que des quilts Fibre Occitane sortent d’Occitanie, tous n’ont pas pu voyager par manque de place (nous en avons 70 en tout) mais ceux qui sont à la Manufacture de Bohin jusqu’à la fin du mois sont représentatifs du travail de qualité fourni pour ce travail qui réclamait un effort d’imagination. En voici de belles photos :

Les photos sont de Catherine Bonte, Présidente de France Patchwork, qui tient à remercier et féliciter l’ensemble des participants à ce défi régional. Tous les quilts envoyés n’ont pas trouvé leur place par manque de murs, mais ils seront exposés au mois de mai à :

Ici vous trouverez les détails du lieu d’exposition de Fibre Occitane !

C’est dans ce merveilleurx château que seront exposés les quilts Fibre Occitane…

Renaissance d’une Etoile

Il y a quelques mois sur Facebook, j’ai eu un coup de cœur pour un quilt représentant le visage d’une femme énigmatique et troublante, un portrait fait avec la désormais célèbre méthode des pixels où, carré par carré, nuance par nuance, le dessin apparaît (j’en avais vu un, fabuleux, en Irlande en 2012, voir aussi Deborah Hyde ici). Renseignements pris, c’est Andi Herman qui l’avait fait avec une technique élaborée il y a quelques années par son mari et elle-même.

Chacun ou presque sait chercher comment faire pour pixeliser sa photo, mais que faire après ? Eh bien leur société YouPatch vous aide : pour un prix très raisonnable ils préparent un PDF personnalisé avec la grille de tissus unis à choisir dans la gamme Kona Cotton (la plus étendue). On peut leur confier une photo, ils nous la rendent en schéma exploitable très clair (les schémas parlent, on comprend même si on ne maîtrise pas l’anglais !) avec quelques raffinements possibles comme la mise en morceaux plus grands que le pixel de base là où la couleur est unie et des mini-pixels dans les endroits les plus denses. Ensuite, à vous de jouer !

Très à la mode cette année, l’ananas ! On en voit dans les magasins de décoration, sur des tee-shirts… Ils symbolisent la convivialité, un signe qui dit Bienvenue ! J’en avais déjà parlé ici.
Frida Kahlo, en mini-pixels
L’éternelle jolie frimousse d’Audrey Hepburn, et Andi à droite.
Voici un exemple de ce que vous aurez d’Andi, avec en plus les légendes de couleurs, les dimensions des pièces et même un plan de coupe de vos tissus par couleur, afin de réussir un patchwork unique à partir de votre photo. Ici, le sourire d’Audrey décrypté…
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Ella Bubbles Quilt, Andi Herman. Ici on a des lignes plus souples : les carrés bicolores sont maintenant introduits dans certains modèles.

Mais qui était la femme du premier portrait ? J’ai demandé à Andi, la belle mystérieuse s’appelait Clara Bow. J’aimais tellement l’atmosphère que ce quilt dégageait que je lui ai demandé l’autorisation d’utiliser sa photo dans un de mes articles pour France Patchwork (Les Nouvelles n° 132 page 42). Thanks again Andi!

J’aime la poésie de ce portrait, avec sa gamme de couleurs restreinte, ses fleurettes romantiques et féminines et cet air mystérieux… C’est un petit portrait, les pixels sont minuscules…

Clara Bow. Une illustre inconnue. Inconnue ?  Allons donc !! C’était une des plus grandes stars du cinéma muet américain, la muse de Scott Fitzgerald (qui écrivit entre autres Gatsby le Magnifique) qui prendra cette femme comme modèle pour ses romans et épousa Zelda, « une autre » Clara…

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Clara en 1921 (tout juste 16 ans), l’air sérieux, sans doute le fruit d’une jeunesse sordide, mais déjà magnétique. Elle se présenta à ses premières audiences à cet âge et son aura la mènera vite à Hollywood, la Mecque naissante de l’industrie cinématographique aux abords de Los Angeles.
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La Garçonne !
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Devenue rousse flamboyante (avant Rita Hayworth), Clara devient l’égérie sexy des années folles.

 

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On ne sourit pas beaucoup sur les photos à cette époque. Pourtant Clara était une pétillante jeune femme, sa joie de vivre crevait l’écran. Elle fut l’un des modèles pour Betty Boop, la pin-up de bandes dessinées.

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Provocante, en avance sur son temps, elle était mondialement connue et ses frasques passionnaient le public. Elle collectionna les amants, parmi lesquels le tout jeune Gary Cooper… Clarita & Garyito formaient un couple de stars qui faisait rêver ! C’était la première It Girl, celle qu’on suit et qu’on adule…

Clara en 1927
Ce film, sorti en 1927, fur le premier à recevoir l’Oscar du meilleur film !

Libre, très libre, Clara croquait la vie à pleins dents. C’est grâce à ces pionnières de la vie que peu à peu, dans notre culture,  la femme a gagné la place de personne à part entière, avec plus de libertés et de responsabilités aussi. Mais Clara en paya le prix, on en profita pour lui faire subir toutes les avanies possibles. De faux scandales montés par une jalouse et la presse à scandale ruinèrent sa carrière, tout autant que la venue du cinéma parlant et de nouvelles stars du grand écran. Atteinte de bégaiement et l’accent populaire accroché depuis l’enfance, elle ne passa pas la rampe du cinéma parlant. Elle fut contrainte de mettre fin à sa carrière à 28 ans et devint une tranquille mère de famille, parfois fortement dépressive, dans le désert du Nevada, elle la gamine de Brooklyn. Elle y vécut dans la discrétion jusqu’à sa mort, en 1965.

Clara en 1932, à la fin de sa courte mais brillante carrière.

Si vous souhaitez vous plonger dans l’ambiance des années folles au son du jazz et des extravagances de Hollywood d’entre-deux-guerres, entrer dans les débuts de l’industrie cinématographique, côtoyer de futures stars et surtout apprendre à mieux connaître la vie de la pétillante et extravagante Clara, j’ai un livre pour vous qui vient de sortir :
Le Sourire de Gary Cooper, de Sophie Pujas, Gallimard, collection L’Arpenteur, 112 pages.
La prose poétique de Sophie Pujas redonne vie à Clara Bow, la star oubliée des années folles. Tout ce que je sais d’elle vient de ce livre qui se lit d’une traite.

Andi Herman, comme Sophie Pujas, ont rendu hommage à cette étoile, chacune avec le meilleur de leur art. Et en un sens, les étoiles s’étaient alignées en ce début d’année pour que je remarque le portrait de Clara, puis découvre ce livre qui vient de sortir (parution le 16 mars dernier), afin que naisse en moi beaucoup de tendresse pour l’étoile oubliée du cinéma muet.

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Chez les dentellières, ça bouge !

Bien sûr, nous avons toutes beaucoup de révérence pour les dentelles d’antan, ces fils si fins croisés avec une infinie minutie, à l’aide d’une aiguille ou de fuseaux, ou encore d’un crochet ou d’une navette. Souvent, on en a une idée surannée, pensant aux bandes arachnéennes jaunies par le temps, ou les sempiternels napperons des maisons anciennes… Nos vêtements tout comme nos intérieurs sont devenus plus sobres et la dentelle a perdu du terrain.

Dentelle ancienne (photo du blog Tissus Anciens-Dentelles anciennes)

Tout comme dans le monde du patchwork, ça bouge chez les dentellières! D’ornement, la dentelle est devenue art textile à part entière.

Cela fait des années que je côtoie les dentellières du Sud-Ouest, mais cette fois-ci, avec Annie(Des Tulipes et des Coeurs, qui était à Toulouse) nous avons pu longuement discuter, surtout écouter Marie-Françoise Brunet, qui parle avec passion de son art et de son déploiement auprès des jeunes. Mais oui, les jeunes font de la dentelle, à partir de 4-5 ans ! Odette Causse, de l’association des Dentellières du Sud-Ouest, a créé une méthode ludique qui allie le coloriage aux petites dentelles en ayant testé chaque étape avec ses petites-filles et une de leurs amies.

Et voici une jeune demoiselle qui faisait une démonstration :

Mais que font les dentellières actuelles ? Comme nous quilteuses, elles s’amusent à faire des œuvres collectives :

Mini-napperons pentagonaux du club de Gagnac-les-Mines (Tarn)
Poissons en dentelles, atelier de Lapeyrouse-Fossat (31)

Soleil irradiant d’amour ! Atelier d’Ondes (31)
Difficile à photographier en contre-jour !
Ce détail montre mieux l’esprit de cette étoile qui est un patchwork de navettes de toutes les couleurs.

Les photos des œuvres personnelles étaient assez difficiles à photographier en raison des vitres d’encadrement. En voici quand même, issus d’une magnifique série inspirée d’un peintre, graveur et verrier catalan, Francesc Fornells Pla, par des brodeuses de La Garriga (Catalogne espagnole). Les petites photos incluses dans les cadres montrent l’oeuvre qui les a inspirées. 

Il y a là une vision révolutionnaire de la dentelle ! Comme moi, vous ne vous attendiez sûrement pas à voir une telle liberté de formes en dentelles…

Voici également le phénoménal travail de Nadine Galaup, « Le Mineur de Fond », d’après un tableau de Pierre Garcia :

Vous aurez d’autres surprises et découvertes si vous allez voir cette exposition !
Pour terminer, le sourire du Chat Inca :

Exposition des Dentellières du Sud-Ouest en cours jusqu’au 13 avril :
Espace Bonnefoy – 4, rue du Faubourg Bonnefoy – 31500 TOULOUSE
Tel : 05 67 73 83 60

Merci Annie, pour cette belle journée ensemble, j’attends ta prochaine visite à Toulouse avec impatience ! 

 

La Lune Blanche chez ma fille

Chez mes deux filles il y a des quilts, des trousses, des pochettes que je leur ai offerts ou faits exprès pour elles, presque innombrables.
Un des récents quilts a trouvé sa place :

Chez une de mes filles, il y a des chiens… quatre (deux à elle, deux à son compagnon), ils sont très proches de la nature et cette forêt, faite de poésie et de récup de tissus, leur convient bien !

La Lune Blanche montre aussi que je suivais ces derniers mois, sans le savoir, un peu les mêmes traces que Bernadette Mayr qui préparait son dernier livre. Elle utilise dans plusieurs quilts la technique de bandes multicolores recoupées comme ici, elle a aussi mis une pleine lune en vedette dans un autre quilt…
De plus , vous pourrez voir dans son livre un quilt figurant une belle falaise avec des mouettes, qui me rappellent deux lots faits avec les adhérents
France Patchwork 31 (toujours fidèles aux ateliers pour suivre nos petites folies !!) pour la tombola de la première exposition de Fibre Occitane (avril 2016) :

Ces quilts ne sont plus chez moi bien sûr, ils ont été gagnés…
Bernadette a beaucoup plus de talent que moi, mais nous sommes bien de la même famille de quilteuses !

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Une sélection de quilts Fibre Occitane sont exposés à la Manufacture Bohin, en Normandie (L’Aigle, Orne), jusqu’au 27 avril ! Nous en aurons prochainement quelques photos…

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