Sororité

Sororité : c’est un mot qui rappelle la fraternité, le troisième mot de notre devise nationale qui se veut un lien indéfectible entre les citoyens, fait de respect mutuel, de solidarité, de bienveillance et de tolérance. On la confond souvent avec l’égalité, alors que c’est plutôt l’éloge du droit à la différence, notion qui me tient à cœur.

La Sororité, Sisterhood, existe dans les milieux universitaires anglophones (et même francophone), c’est un réseau d’entraide spécifique aux femmes pour leur carrière. N’en ont-elles pas bien besoin, dans notre monde où une femme doit encore être plus compétente qu’un homme pour avoir la même place -et pourtant être souvent moins payée? 

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Les Glorieuses, c’est par ici ! 

sistersLa sororité pure, je la connais bien avec mes trois sœurs, je ne vous en parle que rarement (ici quand même Cécile, ici Isabelle, ici Véronique : 2e article de ce blog!!) mais elles sont très présentes dans mon cœur.
La sororité est aussi cette étincelle qui existe entre deux femmes, un lien invisible qui est purement de l’amitié sincère et désintéressée. Dans le monde du patchwork, si féminin, nous rencontrons tant de femmes diverses que cette notion m’est apparue clairement il y a une bonne dizaine d’années, après avoir vécu dans un monde bien plus mixte.

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Citation du Panthéon des Glorieuses

J’ai aussi plusieurs sœurs dans cette Ruche des Quilteuses que je rencontre presque tous les vendredis, la complicité est vibrante comme les ailes des abeilles qui transmettent ainsi leurs codes et leurs secrets. J’apprécie tant les femmes sincères et bienveillantes, le bonheur est d’être entourée de ces personnes ! Le vendredi soir, nous rentrons chacune chez nous, le sourire aux lèvres, enrichies par les rires et les bonnes vibrations échangées. 

Katell Renon - La Ruche des Quilteuses - Modèle de broderie de Capricorn QUilts

A mesure que le temps passe je me demande si la sororité n’est pas le sentiment le plus authentique, le moins frelaté, le plus résistant aux événements. Benoîte Groult, la Touche étoile.

J’ai des sœurs plus lointaines, françaises ou d’autres nationalités, certaines que je n’ai encore jamais rencontrées pour de vrai mais nous échangeons tant épistolairement ! Et quand un jour la rencontre a lieu, le miracle opère, nous nous reconnaissons. C’est notre respect mutuel, ce sont nos différences qui nous enrichissent… Et simplement, nous nous faisons du bien mutuellement. Cela me rappelle une petite histoire qui circule depuis plus de 5 ans sur le Net, elle n’a sûrement aucun fondement historique (j’ai cherché le professeur Alan en vain) mais c’est un conte qui parle vrai:

Lors de sa dernière conférence, le Professeur Alan, patron du département de Psychiatrie de Stanford, traitait du rapport entre le corps et l’esprit, entre le stress et la maladie. Il a débuté son exposé en affirmant que l’une des meilleures choses que l’homme puisse faire pour sa santé est d’avoir une épouse. Alors que pour la femme, c’est d’entretenir ses relations avec ses amies.
Tout l’auditoire a bien évidemment explosé de rire. Mais il était sérieux. Alors que les hommes ont tendance à parler de leurs activités, les femmes abordent leur ressenti. Nos discussions entre copines nous aident à gérer notre stress et à affronter les difficultés de la vie. Du point de vue physique, ces bons moments entre filles nous aident à produire plus de sérotonine, ce neurotransmetteur qui combat la dépression et qui engendre une sensation de bien-être.

Il est très rare que nos hommes passent un bon moment ensemble pour parler de ce qu’ils ressentent ou du déroulement de leur vie personnelle. Parler du boulot ? Oui. De sport ? Oui. De voitures ? Oui. De pêche, de chasse, de golf ? Oui. Mais de ce qu’ils ressentent ? Rarement. Nous, les femmes, faisons cela depuis toujours. Nous partageons avec nos sœurs, mères et copines, et apparemment ceci est bon pour la santé. 

Le professeur poursuit son exposé en expliquant que, pour notre bien-être, passer du temps entre copines est tout aussi important que de faire du sport.  Et ainsi, ne pas entretenir nos relations avec nos amies est tout aussi nocif pour notre vie sociale que fumer l’est pour notre santé. 
Alors les filles, la prochaine fois que vous organiserez une soirée entre copines, dites-vous qu’en plus de passer un super moment, c’est bon pour votre santé!

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N’oublions pas les paroles de Benoîte Groult qui parla avec sagesse et mesure de féminisme et de sororité.

Faire du patchwork, ça conserve ! Non seulement pour l’agilité d’esprit et l’habileté que cela suppose, mais surtout pour les échanges entre femmes de bonne volonté avec qui la concurrence ou la jalousie n’existe pas, mais au contraire une saine émulation et de la bienveillance. Bien sûr, je ne suis pas naïve ni tombée de la dernière pluie, c’est le groupe idéal que je décris et la réalité n’est pas toujours aussi simple dans beaucoup de clubs. Au moins, nous savons vers quel idéal tendre. 

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Cela m’a fait bien plaisir de rencontrer les sœurs Polly Minick & Laurie Simpson à Nantes ! Toujours ensemble, elles présentaient leur dernier livre, un recueil de leurs beaux ouvrages en bleu & blanc (sans explications). A feuilleter sans modération !

La semaine dernière à Nantes, j’ai tellement ressenti cette sororité entre quilteuses, et pas seulement chez les soeurs Minick & Simpson ! Rencontrer en vrai des connaissances auparavant virtuelles et discuter comme si on s’était quittées la veille, se sentir à  l’aise avec celles qui partagent passion et état d’esprit bienveillant, découvrir de nouvelles personnalités oh combien attachantes, pour moi c’était tout cela Nantes, au-delà des merveilleux quilts exposés ou des achats qui nous rappellent cette escapade enchantée. Vous avez ici un aperçu de la belle ambiance avec la vidéo de Quiltmania. Plusieurs personnes ont fait de très belles galeries photos des expositions de ce Salon : pour ma part, je vous renvoie à celle de France Patchwork dans Les News. Merci Edith de faire découvrir -ou revoir- tous ces quilts extraordinaires !

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the_beatles-571.jpgI get by with a little help from my friends,
Mm I get high with a little help of my friends,
Mm gonna try with a little help from my friends.

J’y arriverai avec un peu d’aide de mes amis,
Je m’améliore avec un peu d’aide de mes amis,
Je vais essayer avec un peu d’aide de mes amis.
The Beatles

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Sororité encore, dans son acceptation globale de communauté des femmes, car nous savons trop bien que nulle n’est à l’abri d’un cancer du sein : un petit geste symbolique et utile, pour nous qui savons coudre, c’est faire un coussin-cœur*. Ici dans le département de la Haute-Garonne, nous allons les réunir en profitant de la structure de délégation France Patchwork et nous les offrirons à La Ligue contre le Cancer en fin d’année. Ils seront alors redistribués à celles qui en auront besoin. 

*Partie des Etats-Unis, cette opération a été relayée en Europe par le Danemark, puis l’Allemagne et enfin grâce à Rita Kirchmann et France Patchwork sur le territoire national.
Dessiné par un chirurgien américain spécialisé dans les cancers du sein, ce coussin de forme très spécifique est destiné aux malades. La forme et le volume de ce coussin cœur doivent scrupuleusement être réalisés selon le patron. La courbure obtenue de ce cœur est parfaitement adaptée à la morphologie du dessous du bras, il ne doit être ni trop mou ni trop dur. La patiente pourra soulager ses douleurs sous le bras, causées par l’œdème des vaisseaux lymphatiques après une opération du sein. Il soulage également la pression du bras sur les cicatrices. Enfin, il apporte une protection efficace en cas de mouvements brusques ou imprévus et peut être utilisé en voiture, glissé entre le haut du corps et la ceinture de sécurité pour éviter toute pression excessive sur la zone opérée ou traitée.

Ce coussin remis aux femmes opérées d’un cancer du sein qui le souhaitent est un merveilleux petit message de soutien et de solidarité de notre part.

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Depuis des années et tous les ans, quelques délégations France Patchwork réunissent des coussins-cœur dans leur département grâce à la motivation des adhérentes. Nous l’avions fait en 2012 dans toute la région Midi-Pyrénées ; l’année dernière, la délégation FP de la Dordogne a mobilisé ses adhérentes pour réunir des coussins. Les campagnes généreuses de ce type sont multiples, bravo à chacune !

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Chez les dentellières, ça bouge !

Bien sûr, nous avons toutes beaucoup de révérence pour les dentelles d’antan, ces fils si fins croisés avec une infinie minutie, à l’aide d’une aiguille ou de fuseaux, ou encore d’un crochet ou d’une navette. Souvent, on en a une idée surannée, pensant aux bandes arachnéennes jaunies par le temps, ou les sempiternels napperons des maisons anciennes… Nos vêtements tout comme nos intérieurs sont devenus plus sobres et la dentelle a perdu du terrain.

Dentelle ancienne (photo du blog Tissus Anciens-Dentelles anciennes)

Tout comme dans le monde du patchwork, ça bouge chez les dentellières! D’ornement, la dentelle est devenue art textile à part entière.

Cela fait des années que je côtoie les dentellières du Sud-Ouest, mais cette fois-ci, avec Annie(Des Tulipes et des Coeurs, qui était à Toulouse) nous avons pu longuement discuter, surtout écouter Marie-Françoise Brunet, qui parle avec passion de son art et de son déploiement auprès des jeunes. Mais oui, les jeunes font de la dentelle, à partir de 4-5 ans ! Odette Causse, de l’association des Dentellières du Sud-Ouest, a créé une méthode ludique qui allie le coloriage aux petites dentelles en ayant testé chaque étape avec ses petites-filles et une de leurs amies.

Et voici une jeune demoiselle qui faisait une démonstration :

Mais que font les dentellières actuelles ? Comme nous quilteuses, elles s’amusent à faire des œuvres collectives :

Mini-napperons pentagonaux du club de Gagnac-les-Mines (Tarn)
Poissons en dentelles, atelier de Lapeyrouse-Fossat (31)

Soleil irradiant d’amour ! Atelier d’Ondes (31)
Difficile à photographier en contre-jour !
Ce détail montre mieux l’esprit de cette étoile qui est un patchwork de navettes de toutes les couleurs.

Les photos des œuvres personnelles étaient assez difficiles à photographier en raison des vitres d’encadrement. En voici quand même, issus d’une magnifique série inspirée d’un peintre, graveur et verrier catalan, Francesc Fornells Pla, par des brodeuses de La Garriga (Catalogne espagnole). Les petites photos incluses dans les cadres montrent l’oeuvre qui les a inspirées. 

Il y a là une vision révolutionnaire de la dentelle ! Comme moi, vous ne vous attendiez sûrement pas à voir une telle liberté de formes en dentelles…

Voici également le phénoménal travail de Nadine Galaup, « Le Mineur de Fond », d’après un tableau de Pierre Garcia :

Vous aurez d’autres surprises et découvertes si vous allez voir cette exposition !
Pour terminer, le sourire du Chat Inca :

Exposition des Dentellières du Sud-Ouest en cours jusqu’au 13 avril :
Espace Bonnefoy – 4, rue du Faubourg Bonnefoy – 31500 TOULOUSE
Tel : 05 67 73 83 60

Merci Annie, pour cette belle journée ensemble, j’attends ta prochaine visite à Toulouse avec impatience ! 

 

Qui veut gagner des… carrés ?

La semaine prochaine, nous organisons en Haute-Garonne un atelier pendant lequel nous ferons des échanges de paquets de carrés, afin que chacune fasse un charm quilt.
Un charm quilt est un quilt fait de pièces d’une seule forme et taille, sans jamais utiliser deux fois le même tissu. On doit puiser dans son sac de chutes ou faire des échanges entre copines pour que ce soit valide et, dernière condition pour la perfection, il doit comprendre exactement 999 morceaux ! Mais on peut s’amuser aussi avec + ou – de morceaux…
Cela fait longtemps que j’avais envie d’en faire un, ayant lu et relu les livres de Smaranda Bourgery à ce sujet. Alors j’ai fait moi aussi quelques recherches, ai écrit à ce sujet (dans Les Nouvelles n° 131 de France Patchwork), et organisé des échanges en Haute-Garonne. Ils ont un énorme succès ! Neuf groupes ont été formés, de six ou de neuf personnes. Cela fait beaucoup de Charm quilts en puissance !

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Symphonie de couleurs, de Maïté, aux 1024 carrés.

Pour l’échange de vendredi 3 mars, il me manque 2 personnes pour compléter le dernier groupe de 6. Chaque personne prépare 6 paquets de 100 carrés de 5 x 5 cm identiques, et elle repartira avec 6 paquets de 100 carrés de 5 x 5 cm différents : c’est la magie de l’échange ! Mais à quatre, c’est bancal…
Qui veut s’associer à nous par courrier postal en préparant ses paquets à temps pour qu’ils me parviennent jeudi 2 mars au plus tard ? Le  lundi 6 mars, j’adresserai en retour les 6 paquets différents à celles qui voudront bien s’inscrire en commentaire. J’espère trouver mes deux participant(e)s complémentaires !
Attention, vous vous engagez à passer quelques heures à couper des carrés dans les jours qui viennent… En revanche, vous serez étonnée de voir que vous avez bien plus de 100 tissus probablement ! Merci de respecter les autres participants en partageant des tissus de style patchwork (uni, imprimé, batik, rayé…). Les consignes sont dans cet article.

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Voici le Charm Quilt de Florence (ici presque en entier) qui comporte 3132 carrés de 5 cm coupés (3,5 cm visibles)

Deux places, c’est peu mais c’est beaucoup quand elles manquent ! Qui veut se lancer ? C’est une bonne source de nouveaux tissus si vous en avez déjà commencé un, c’est un bon début pour les autres…

Dans quelques mois, je vous montrerai les charm quilts faits du côté de chez nous avec ces milliers de carrés échangés !

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On peut s’inspirer, par exemple, de l’agencement des clairs et foncés brillamment fait par Maryline Collioud-Robert avec ses chutes ! Infinies possibilités pour jouer avec les couleurs et la lumière…

Hier, le Soleil est entré dans ma maison…

…Chez vous aussi probablement, car c’était un jour printanier. Mais le Soleil est vraiment arrivé avec la factrice qui m’a apporté un gros paquet… venant de Floride. Je n’y connais qu’une seule personne, ma chère Betty ! Je n’en croyais pas mes yeux… Un Pine Cone quilt !!!!!

Katell - La Ruche des Quilteuses
Aussitôt arrivé, aussitôt posé en évidence dans notre salon…

Il est tellement dans « mes » couleurs !
Cerise sur le gâteau, icing on the cake, ce précieux cadeau est accompagné d’une lettre… oh si touchante ! Elle raconte le choix de chaque tissu, élu pour sa couleur et sa signification, son symbole, son imprimé… Tout est fait pour me plaire, mais aussi pour m’attribuer maintes qualités que je ne suis pas sûre de réunir ! Si vous comprenez l’anglais, vous pouvez lire ce texte qui ressemble tellement à Betty, dans toute sa spiritualité, sa gentillesse et sa sincérité.

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Ce Pine Cone quilt de mon amie « de l’autre côté de l’Océan » me touche infiniment, avec toutes les intentions qui s’y trouvent. Comme elle j’aime trouver des symboles, des significations aux hasards qui souvent n’en sont pas ! Le monde du patchwork me comble d’amitiés, proches ou plus lointaines.

Si vous vous demandez ce qu’est cette sorte de patchwork, vous pouvez lire les articles précédents à ce sujet… et/ou attendre le numéro 132 des Nouvelles (magazine de France Patchwork) qui paraîtra en mars : les Pine Cone quilts y seront évoqués !

Katell - La Ruche des Quilteuses

Je suis heureuse de partager ce Soleil avec vous !

Katell - La Ruche des Quilteuses