Que faire avec des lisières pour préparer Pâques ?

eggs selvage riel nasonFaites comme Riel Nason : des œufs ! Ses explications sont sur son blog : elle a vidé des œufs (des vrais de poule !) et a collé des lisières coupées à ras avec un pinceau et de la colle acrylique blanche qui devient transparente au séchage.
Une autre année, Riel a fait un méga-œuf de lisières à accrocher au mur : bonne ambiance assurée ! Il a été cousu ligne après ligne sur du papier journal et mesure environ 70 cm de haut. Ensuite le rectangle a été découpé en forme d’œuf, quilté, et bordé. Hop c’est fini !

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On pourrait aussi en imaginer en set de table !

Que lire pour d’autres idées à faire avec des lisières ?

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Son livre !

Si vous souhaitez avoir un livre pour vous accompagner dans l’utilisation des lisières (et que vous comprenez l’anglais), ce livre est pour vous ! Les conseils techniques sont parfaits et il est rempli d’ouvrages à réaliser : des quilts bien sûr, mais aussi des coussins, des ornements pour Noël, des centres de table et même des petits rideaux… De plus, son talent de romancière à succès saute aux yeux dès l’introduction, son humour vous surprend au détour d’une explication… Mais pourquoi se prendre au sérieux parce qu’on explique comment faire ?

Son médaillon final est particulièrement magnifique :

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91qnyQxmx-LRomancière, avez-vous dit romancière ? Oui, mais toujours en anglais :

Son premier roman sorti en 2011 a été un franc succès, autant célébré par les critiques que par les lecteurs. Je ne l’ai pas encore lu, un jour sans doute !

Et pour beaucoup d’autres quilts en lisières, certains carrément hilarants, allez aussi voir son blog !

Petite histoire de l’utilisation des lisières

Vous faites peut-être partie des quilteuses folles de récupération, préservant même les lisières des tissus pour les utiliser ensemble à part entière, comme on le ferait de n’importe quelle bande de récupération.

Mais savez-vous qu’indépendamment du patchwork, les lisières étaient réutilisées dans l’économie ménagère des siècles précédents ?

Auparavant, il n’y avait pas de normes concernant la largeur des tissus, la limite physique était imposée par le métier à tisser. On tissait la largeur juste nécessaire pour faire le linge de maison, du drap au torchon : deux ourlets à faire, c’est mieux que quatre ! Ces bordures droites, ces lisières étaient si possible utilisées aussi en confection, le long des boutonnières par exemple. Et puis on peut même évoquer les rubans, qui sont finalement des tissus d’une largeur variant de quelques centimètres à quelques millimètres, avec leurs deux lisières bien mises en évidence.

A chaque fin de vie de drap, on récupérait les bords (moins usés que le centre) et on conservait toutes les lisières qui étaient restées bien solides. L’usage en était tellement banal qu’il est difficile d’en trouver des traces écrites. Mais les langes de bébé, ces carcans invraisemblables, étaient la plupart du temps des lisières de draps. Seuls les bébés nés dans des familles aisées avaient droit à de la dentelle sur les langes, mais ils étaient tout autant entravés… et rarement changés.

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Le futur Louis XIV et sa nourrice, Dame Longuet de La Giraudière. Peinture de C. Beaubrun.
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Jusqu’au début du 20e siècle, les enfants sont emmaillotés dans les campagnes. Voir ici Dans plusieurs régions la coutume était de les accrocher à un clou, ou les mettre dans un sac suspendu. JJ Rousseau a longuement traité de  l’éducation des enfants dans son livre l’Emile, un traité révolutionnaire sur l’éducation, et recommande notamment de vêtir les bébés de manière plus libre. Comme le monde n’est jamais parfait, ses excellentes visions n’ont pas fait de lui un bon père, mais c’est une autre histoire… Voir le blog  les Petites Mains, très documenté  sur ce vaste sujet.
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Emmaillotage d’un bébé – Hiver,  de Giuseppe Gambarini, 1721.

Les lisières étroites avaient aussi le rôle de ficelle. Toujours pour les bébés, elles maintenaient le bébé dans le berceau :Famille au seuil de la ferme avec bébé @

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On garde en mémoire, dans la littérature ou la peinture, trace de l’utilisation des lisières comme brides pour tenir les enfants en laisse lors de leurs premiers pas.

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Tableau de Rubens : sa femme tient leur enfant en lisière, qui porte aussi un bourrelet autour de la tête.

Pour prévenir les dangers d’une chute, on confectionnait également une sorte de casque en chutes de tissus appelé bourrelet.

Emile n’aura ni bourrelets, ni paniers roulants, ni chariots, ni lisières ; ou du moins, dès qu’il commencera de savoir mettre un pied devant l’autre, on ne le soutiendra que sur les lieux pavés,  et l’on ne fera qu’y passer en hâte*. Au lieu de le laisser croupir dans sa chambre, qu’on le mène journellement au milieu d’un pré. Là, qu’il coure, qu’il s’ébatte, qu’il tombe cent fois le jour, tant mieux : il en apprendra plutôt (sic) à se relever.

* Il n’y a rien de plus ridicule et de plus mal assuré que la démarche des gens qu’on a trop menés par la lisière étant petits : c’est encore ici une de ces observations triviales à force d’être justes, et qui sont juste en plus d’un sens.

L’Emile, livre II.

La lisière est, de manière figurative, ce qui sert à guider :

Nous sommes de vieux enfants ; nos erreurs sont nos lisières, et les vanités légères nous bercent en cheveux blancs.

Voltaire, Epître 88.

Une expression, « tenir quelqu’un en lisières », signifiait « tenir quelqu’un sous sa coupe ».

Nous avons oublié l’existence des chaussons en lisière, si communs des siècles durant et pourtant encore portés au XXe siècle. Il s’en faisait dans de nombreux ateliers. Il nous en reste juste les espadrilles du pays basque !

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Les romans regorgent de citations comme :

Je n’avais que mes chaussons de lisière à mes pauvres pieds.

Eugène Sue, Mystères de Paris II (1842)I

Il distingua soudain un bruit assez difficile à exprimer et qui devait être produit par des hommes en chaussons de lisière montant l’escalier.

 Honoré de Balzac, le Père Goriot (1835)

Ces chaussons étaient traditionnellement tressés dans des ateliers de prison et « tresser des chaussons en lisière » était synonyme, dans l’argot des voleurs, d’être en prison !

Le pis qui pouvait arriver, c’était que Raboliot se fît cueillir par les gendarmes. Alors, il tirerait un mois à Sancerre, chauffé, nourri pour rien, fabriquerait des chaussons de lisière, et reviendrait la mine florissante, avec un pécule dans sa poche.

Genevoix, Raboliot,1925

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Illustration Gournay : Vous n’avez pas de chaussures, v’nez par ici… vous allez faire des chaussons de lisière.

… Mais c’était aussi une occupation pour les aliénés ou les aveugles. Louis Braille fut nommé « contremaître de l’atelier de chaussons de lisière et de tresse » à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles de Paris, alors qu’il mettait au point son alphabet, à l’âge de 14 ans… La valeur n’attend pas le nombre des années !

Alors les quilteuses d’aujourd’hui sont les héritières de cette longue tradition ! Si les lisières se réutilisent depuis la nuit des temps, certaines en font vraiment des quilts formidables  :

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Sauvez vos lisières ! C’est l’appel de Riel Nason qui publie son livre très bientôt ! Ce quilt est vu ici.

Pour en savoir plus, lisez le dossier « Modern Quilt » des Nouvelles n°128, magazine de France Patchwork, qui va arriver dans les boîtes aux lettres des adhérents dans quelques jours ! J’ai essayé de vous inciter à vous amuser avec ces petites bandes de rien du tout…

Quant à l’Arbre de Vie dans la rubrique des Modèles, vous verrez le quilt qui me l’a inspiré, de Karen Griska, par ici !

La neige…

… a créé des paysages féeriques en France cette semaine, et même si nous n’avons pas eu un seul flocon tombé dans la région toulousaine, nous pouvons admirer de loin par temps clair les cimes pyrénéennes toutes blanches…
C’est sans doute ce qui a inspiré Kristine ! Hier, journée hebdomadaire de rencontre des Abeilles, nous avons pu admirer le fruit de son travail :

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Le quilting méticuleux de Kristine est beige clair, en petites boules évoquant la neige qui tombe à gros flocons. Cerise sur le gâteau, notre péché mignon, l’utilisation de lisières !

Ce quilt est inspiré d’une oeuvre faite par Kristin Shields de l’Oregon, Etat aux grandes forêts de pins ! Il est présenté dans le dernier livre de Gwen Marston et Cathy Jones  sur l’utilisation moderne des triangles, Free Range Triangle Quilts, AQS Publishing, livre que nous aimons beaucoup, comme tous ceux de Gwen !

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Une pensée pour les Américains, anxieux à l’arrivée d’une tempête de neige sur une grande partie nord-est… Tout est question de dose, trop de neige signifie le chaos…

 

Le retour de la Valisière

Une Valise France Patchwork, ce sont des mini-quilts faits par des adhérentes d’un département à partir d’un thème donné qui voyagent pendant deux ans… dans une valise ou un carton.
Celle que nous avons lancée sur le thème des lisières en Haute-Garonne est au bout de son voyage et les quilteuses vont retrouver leur bébé.  Elle a été baptisée la Valisière, contraction de Valise et Lisières (idée de Maïté) et a beaucoup voyagé durant 2 ans ! Pour le plaisir et pour toutes celles/ceux qui ne l’ont pas vue, en voici des photos.

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Merci infiniment à toutes ces quilteuses qui se sont prêtées au jeu des lisières avec enthousiasme !

livre-lisic3a8resPassées de mode, les lisières ?

La folie des lisières, engendrée par Karen Griska à la sortie de son livre, s’est calmée. Il était paru en 2008, créant un enthousiasme fou ! Je vous en avais parlé notamment ici.

Mais attention, cette passion des lisières a des chances de repartir avec le livre très attendu de Riel Nason :

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Un peu de patience est nécessaire, il ne sort aux USA qu’en avril 2016 ! En attendant, collectez, encore et toujours, vos lisières et celles des copines qui les jettent ! Et allez voir son blog : The Q and the U, elle travaille beaucoup aussi avec les couleurs de l’arc-en-ciel… et c’est une fan absolue de la couleur orange, et donc des décos d’Halloween !

C’est le bon moment pour des ananas/3

Les ananas inspirent les quilteuses de nouveau ! Ce magnifique quilt de Joanna Figueroa était proposé en kit et s’est vendu comme des petits pains :

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Beauté des tissus assortis d’une gamme de tissus de la styliste de Fresh Figs. Dans ce post, vous avez plusieurs versions de style vintage très réussis, dans ces couleurs chaleureuses chères à Joanna !

On peut faire des quilts ananas très modernes en utilisant des unis ou autres tissus vifs, tout en conservant l’exactitude requise par les yeux experts :

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Très beau scrappy pineapple quilt de RedPepperQuilts, travail sur fondation pour la concordance des coutures et un peps moderne avec de joyeuses couleurs et des nuances « low volume » en haut à gauche. Amusant, n’est-ce pas ? 

La couture sur papier rend ce résultat facile ! Mais la nouvelle tendance est de se laisser aller à l’improvisation. Alors, avez-vous envie d’essayer comme moi des blocs d’ananas sans stress ?

C’est ce qui court en ce moment de blog en blog et je succombe à cette petite douceur ! On oublie règles, couture sur papier, exactitude et on revient au piéçage à l’œil, comme la plupart des femmes du XIXe siècle…

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Dans les anciens quilts aux blocs ananas, on trouve aussi bien des piécés très maîtrisés que des piécés approximatifs, comme ici.
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Si les Log Cabin de toutes sortes sont fréquents chez les Amish, les Ananas sont bien plus rares. Ici un quilt des années 1940 en lainages, à la belle exactitude ! Photo du livre A treasury of Amish Quilts, Pellman.

Oh je comprends bien les réticences pour la beauté de la perfection ou le goût pour la symétrie… Mais tant pis, j’ose vous proposer la décontraction affichée chez plusieurs quilteuses que j’affectionne !

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Ce n’est pas révolutionnaire, juste un peu irrégulier, un peu moins contrasté…

Chez Amanda Jean, CrazyMomQuilts, nous avons eu le premier tuto pour faire ce genre d’ananas. On n’a pas exactement le même rendu qu’un ananas classique si on ne met pas une énorme différence entre les bandes claires (tissus low volume, en sourdine, aux imprimés parfois très présents) et les foncées mais en le regardant d’un œil neuf, on voit surtout la vibration propre aux quilts scrappy. Mais la particularité qui peut déranger, c’est la non-concordance des blocs entre eux, c’est la liberté proposée ici pour avancer les blocs de manière décontractée ! C’est bien sûr à vous de décider si les angles qui ne correspondent pas vous dérangent. Dans ce cas, retour à la case règles, gabarits ou couture sur papier !

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Il y a même un bloc ici qui est terminé et monté avec un huitième de tour d’erreur. Quand on fait un quilt ananas, pour un résultat classique on décide de mettre soit les couleurs claires en forme de +, soit en forme de x… mais pas les 2 mélangés comme ici ! Cette erreur fait partie des chers blocs d’humilité bien assumés !

Heather Jones a fait un quilt ananas sans mesures, donc sans concordance des coutures, avec en revanche une organisation maîtrisée des teintes, 75 couleurs différentes en tout !

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Chaque bloc mesure 30 cm. Les premiers tours autour du centre sont faits de fines bandes qui s’élargissent au fur et à mesure, de manière irrégulière. Heather explique dans son article que c’est un plaisir d’improviser de tour en tour, à la fois la couleur et la hauteur des bandes ! Chaque bloc lui a pris 1 heure de travail. Je peux vous dire qu’elle travaille bien vite !!

Chez Rachel, StitchedinColor, c’est la reprise de l’idée précédente, avec des blocs plus petits, c’est-à-dire moins de tours autour du centre. Rachel lance la fête de l’ananas, Pineapple Party ! J’ai décidé de prendre part à cette célébration, pour le plaisir de tester cette méthode décontractée. Pour le moment dans la galerie de son groupe Flickr, les ananas ne sont pas encore de sortie… Ils arriveront sans doute une fois finis ! Ou bien les Françaises vont-elles se distinguer et envahir -pacifiquement- cette galerie ?… Allez-y, n’hésitez pas !

 Voyez ici le mini-quilt terminé de Rachel (pas de photo ici, elles ne sont plus libres de droit).

Amanda Jean (CrazyMomQuilts) comme Rachel (StitchedInColor) préconisent des bandes d’une hauteur entre 1.25 et 1.75 inch, à savoir de 3,2 à 4,4 cm. La précaution à prendre est d’avoir la même hauteur de bandes pour un tour, afin de ne pas se trouver au final avec un bloc rectangulaire. Plus les bandes sont étroites, mieux l’ananas se dessinera. Des bandes très larges ? Vous aurez une impression de carré dans le carré ! Pour ma part, j’ai coupé des bandes majoritairement de 3,5 cm environ.

Voyez donc ci-dessous ce que j’ai commencé ! J’aime énormément les ananas multicolores mais cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas penchée sur mes tissus bleus… Je confirme ce que disent les copines américaines, ces blocs prennent un temps certain !

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Voici mon premier bloc irrégulier, tout au moins sans trop de régularité. Mes bandes sont découpées presque toutes à 3,5 cm, avec quelques variantes à 2 mm près (+ ou -). J’ai cousu ce bloc avec décontraction et joie de choisir mes tissus bande après bande 🙂 Ce que je sais d’avance, c’est qu’à l’assemblage de blocs les blancs ne correspondront pas au millimètre… mais est-ce grave, docteur ?

Et voici donc 4 blocs… qui m’ont pris bien du temps ! Mais ils sont grands (35 cm coupés) donc c’est motivant, et puis j’ai apprécié de mêler en toute liberté des bleus clairs et foncés, des turquoise et des denim, des imprimés et des unis… La liberté, quoi !

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Si vous regardez les détails, vous trouverez beaucoup d’irrégularités, mais j’ai apprécié la liberté de cette méthode. Ne me demandez pas combien de blocs je veux faire encore… Je ne sais pas !

 

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A vos ananas !

C’est le bon moment pour des ananas/2

L’ananas, comme nous l’avons vu, est aux Etats-Unis non seulement un fruit de choix mais aussi un symbole d’hospitalité. C’est pour les quilteuses un bloc fait de bandes, qui pour beaucoup reste difficile ou mystérieux. Nous sommes là pour éclaircir les choses !

Voici un bloc tout seul :

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On peut trouver ce bloc décoratif mais ne pas bien comprendre pourquoi on le nomme ananas !

Seul l’assemblage d’au moins 4 blocs ensemble fait comprendre pourquoi il peut évoquer l’ananas :

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Quilt antique (1880) de la collection de Stella Rubin. On voit bien ici se former des ananas clairs !
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Encore plus scrappy, les bandes encore plus fines, ce quilt de Pennsylvanie date d’environ la même époque (1870-1880).

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Ma première envie de faire un quilt ananas est due à un article dans ELLE ! Une journaliste (Françoise Tournier) présentait avec talent l’émergence du patchwork en France – et aussi de France Patchwork ! Elle proposait en « ouvrage d’été » ce quilt :DSCN0737 Je l’avais adoré dès le premier coup d’œil. Le fond était en draps blancs plus ou moins anciens, les couleurs grises ou bleues de restes de vêtements. C’était l’été 1991, et la journaliste annonçait aussi pour la fin de cette année la première exposition européenne d’art textile contemporain de France… à Toulouse ! Je connais quelques-unes de ces téméraires qui ont organisé cette expo qu’on pourrait refaire aujourd’hui à l’identique, tellement elle était belle et novatrice !

Après cet article, j’ai fait un quilt-ananas à mon tour, en tissus bleus-jaunes-blancs majoritairement de Souleillado pour une ambiance résolument provençale. Il doit être encore quelque part chez mes parents ! Puis j’ai acheté ce livre qui est pour moi la Bible de l’Ananas :

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Ensuite un excellent dossier sur ce bloc a été publié dans Quiltmania n° 10 (mars 1999)… Ce modèle, très populaire, est pourtant aussi parfois le cauchemar de quilteuses chevronnées ! Les blocs ont souvent une fâcheuse tendance à gondoler… La solution « magique » pour un rendu parfait est la couture sur papier (ou fondation en non-tissé qui reste ou se déchire) :

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Les modèles de grilles pullulent sur internet ! A vous les blocs parfaits ! Il faut demander à Mr. Google quelque chose comme paper piecing pineapple block. Les numéros sont l’ordre de couture des bandes.

C’est ainsi que Denyse Saint-Arroman a fait ce quilt moderne :

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A voir aussi dans son livre « L’indispensable Log Cabin ».

Autre possibilité pour la perfection : des règles en plexiglas. Nathalie Delarge vend les sets de règles de Marti Michell pour de parfaits ananas sans perte de tissu :

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Je crois que le gondolage des blocs se produit surtout en travaillant à la main, le travail étant très souple. Solution partielle : il faut aussi veiller à couper le plus possible de bandes le long de la lisière (et non dans le sens de coupe habituel du tissu) pour avoir une bande peu déformable. Mais cela m’est aussi arrivé à la machine ! Le souci vient que souvent on coud avec la nouvelle bande dessus : le bloc dessous a tendance à bouger, les bords à s’effacer (de moins d’1 mm, mais cela se répète rangée après rangée), d’où gondolage. La solution est de coudre la bande en la mettant dessous, on peut alors surveiller la rectitude du bloc, ou bien de  mettre des épingles. Et puis, indispensable, un bon repassage (ou pressage pour de rien déformer) entre chaque tour de couture !

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Je ne peux m’empêcher de me souvenir d’un quilt fait en commun pour le Loto France Patchwork à Balma en mai 2014, aux blocs cousins germains de l’ananas :

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Boules de Cocagne, quilt fait par des Abeilles de cette Ruche. Blocs cousus sur non-tissé. Au lieu de 8 directions de bandes à coudre autour du centre, il y en a ici 6. La forme du centre, les longueurs de bandes, la disposition des couleurs font de ce modèle un trésor ! Est-ce que la gagnante de ce quilt lit notre blog ?…

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Sophie, une de nos lectrices canadiennes, m’a adressé cet été des photos de sa première courtepointe. Devinez quel bloc ? Gagné, c’est un ananas, tout frais tout beau !

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Mille mercis pour avoir pensé à m’offrir ces photos Sophie, c’est une impressionnante première courtepointe ! Cela me rappelle la réflexion de Michelle Therrien, autre lectrice québécoise de ce blog, qui me demandait pourquoi on utilisait le mot « quilt » en France au lieu de « courtepointe »… Je crois que si Sophie Campbell avait été Canadienne francophone, cela aurait été le cas, mais le pli a été pris d’utiliser un vocabulaire résolument mixte franco-anglais. Et puis après tout, quilt vient bien de couette ! Mais j’avoue que le mot courtepointe fleure bon notre campagne d’antan et véhicule un brin de nostalgie !

Ces beaux exemples ne vous donnent-ils pas envie de vous lancer dans l’ananas ?…

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Au terme de cet article où se sont invités quelques souvenirs personnels, vous pouvez vous demander : et pourquoi est-ce le moment de faire des blocs ananas ? Pour suivre l’élan international, rien de moins !!! C’est ce que je vous ferai découvrir prochainement 🙂 avec quelques libertés proposées par des jeunes quilteuses !

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Quiltscape, Rebecca Barker