Ian et Sheila à Quilt en Sud !

Je l’avais fortement espéré (le 14/01/2014 en fin d’article), Quilt en Sud l’a fait : inviter Denimu ! Je dois maintenant l’appeler Ian Berry, de son vrai nom, car il efface à présent son pseudo. Je suis si impatiente de voir ses dernières œuvres en vrai, les anciennes étant toutes vendues, succès oblige !

Sleeping Alone, de la série Behind closed doors, une fabuleuse série à voir sur son site.
Eunice Olumide, top model. Aura-t-on la chance de voir ce portrait à Biarritz ? On a l’impression de voir briller sa parure, c’est trop fort !!

Ce portrait fut dévoilé le 20 février dernier lors de la soirée SWITCH, organisée par Vivienne Westwood, en pleine Fashion Week de Londres. Le but était de sensibiliser à l’écologie, la réutilisation intelligente de nos objets et ressources (réutilisons nos blue jeans, même sans le talent de Ian Berry !) et tout particulièrement switcher vers une vie sans énergie fossile.

Ce qui est bon pour la planète est bon pour l’économie !

Mais Ian Berry sera en excellente compagnie, la présence de Sheila Frampton-Cooper m’enchante tout autant !

Elle serait peut-être lasse de voir que je montre toujours ce même quilt (voyez ici les articles précédents sur cette artiste), alors qu’elle en a fait tant d’autres… à admirer à Quilt en Sud, donc ! Et si vous ne pouvez pas aller à Biarritz, la semaine suivante elle sera à Aigu’illes en Luberon, une chance de plus de la voir ! Entre nous, nous aurons sûrement d’autres occasions de la rencontrer, pour notre plus grand plaisir : elle vit maintenant en France !

Voir sur leur site une prestigieuse  liste d’artistes textiles : le Sud, est comme ouest, est gâté cette année… comme toutes les années impaires !

Ici la programmation de Quilt en Sud 2017, avec d’autres merveilleux artistes :
http://www.quiltensud.com/FESTIVAL-2017.html

Plus d’infos sur leur site !

PS : France Patchwork sera partout, à Quilt en Sud et à Aigu’illes en Luberon !

Blue Jean Forever !

Des livres entiers sont consacrés aux pantalons en blue jeans, leur fabuleuse histoire… Mais aujourd’hui c’est son recyclage qui nous intéresse !

Recyclage industriel

A Brassac dans le Tarn, des personnes se sont lancées dans le recyclage des fibres de blue jean. Un brevet a été déposé il y a 8 ans, car il faut du savoir-faire pour récupérer les fibres de coton déjà tissées. Les pantalons en fin de vie sont récupérés dans des centres de tri Relais, ils sont découpés (les parties hautes sont envoyées en Afrique pour être portées en short) et les parties jambes, le plus souvent les plus abîmées, sont donc recyclées.

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FABRICE LODETTI, PATRON DES FILATURES DU PARC, RECYCLE DES VIEUX JEANS POUR REFAIRE DU JEAN RECYCLE (photo La Dépêche du Midi)

Ces nouveaux jeans, baptisés « Rebirh », Renaissance, vont très prochainement être commercialisés par la célèbre marque française Bonobo. Bravo pour cette brillante initiative !

Voir les articles de La Dépêche du Midi et de France3-régions.

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Recyclage artistique

Cela fait un moment que je ne vous ai pas présenté un artiste travaillant très, très bien cette matière première si facile à trouver : le blue jean de récupération ! Cette denrée n’est pas prête de s’épuiser…. Après Denimu et So-Young Choi , voici Carol Arnott !

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Le style est plutôt naïf et me rappelle les peintures sur bois de Valériane Leblond.

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Tableau de Valériane Leblond (encre sur bois)

Carol ne vit pas en Pays de Galles comme Valériane mais dans le nord-est de l’Ecosse et les rivages ont des points communs, la culture reste gaélique, d’où les inspirations voisines de ces deux femmes !

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Ciel et mer sont en blue jeans, les appliqués sont coupés et mis à cru sur le fond, puis brodés pour donner vie au tableau… Superbe !

Allez lui rendre visite ici : Galerie Carol Arnott

 

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Drapeau de l’Ecosse (la croix de Saint-André). Si l’Ecosse devenait indépendante, le drapeau britannique serait très différent sans son bleu…

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Puisqu’on évoque l’Ecosse, je suis en train de lire une trilogie policière qui nous plonge dans la vie rude du nord de ce pays : lecture qui m’envoûte, pleine de détails de la vie traditionnelle et celle qui change vite avec la nouvelle génération… Mais l’âme de l’homme ne change pas, on y trouve le pire et le meilleur, ici et là-bas…

Photo : Peter May en quilt traditionnel, recevant en 2010 un prix à Strasbourg pour le 1er tome de la trilogie écossaise.

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Hélène, la musique et le récup’art

Tous les ans, Hélène fait un quilt ou deux pour l’exposition Récup’Art qui a lieu à Saint-Gaudens en même temps que le festival de Jazz. Elle y déploie toute son inventivité, c’est à chaque fois une surprise et un régal !jazz band hélène vispé
Rappelez-vous ses précédentes oeuvres :

Mon jeans a le blues, c’est le blues du blue jeans (récup de blue jeans et d’étiquettes de vêtements)
Café noir pour nuit blanche (filtres de café)
Swing (papier musique)
– sans oublier son portrait de Bob Marley,
– ni son Jazz Band ci-contre !

Cette année, Hélène a collecté des petites lingettes « décolor’stop » usagées. Quelle drôle d’idée… Elle a sollicité les copines pour en avoir toute une collection, de toutes les couleurs. Dans ce cas, on dit : vive les tissus qui dégorgent !!!

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Voici dans son atelier le résultat de sa collecte. Quelle richesse de camaieux !

A l’exposition qui a cours en ce moment jusqu’à la fin du mois à l’Espace Marmignon de St-Go (Saint-Gaudens !), Hélène a laissé une petite corbeille remplie du reliquat de son quilt : 

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Et voici donc son quilt sur le thème de l’année, le be bop :

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Au lever du jour, les instruments qui ont joué toute la nuit se dépêchent de rentrer… C’est la BD du be bop !
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« Le jour se lève ! vite, vite… rentrons ! » Unique et étonnant !

Mille Bravos Hélène !

Le blue jean ailleurs…

…car nous allons aujourd’hui bien loin, en Corée du Sud !

Choi So-Young est une artiste coréenne qui vous rappellera Denimu, tous deux utilisent cette même matière première qu’est le pantalon en jean usé pour faire des oeuvres d’art. C’est une jeune génération, Choi étant de 1980 et Ian Berry (Denimu) de 1984. Peu d’autres renseignements filtrent sur internet sur la jeune femme en raison du barrage de la langue. Son inspiration est principalement urbaine, ses tableaux captent les instantanés de Busan, 2e ville coréenne après Séoul, ville dynamique grâce à son port, ses belles plages et son climat clément.

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Busan est une ville à l’économie florissante, très moderne et touristique. Cette vue de nuit montre son fameux « Diamond Bridge » de 900 mètres pendant le festival des feux d’artifice (attraction ayant lieu tous les ans en octobre). Voyez ci-dessous l’interprétation de l’artiste !

 

Sur le blog Moonberry, j’ai trouvé quelques photos étonnantes :

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Vue de Busan de nuit, avec le feu d’artifice rebrodé et « emboutonné », photo du blog de Moonberry

 

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Photo de détail venant du même blog (immeuble à droite du tableau précédent). L’artiste utilise absolument toutes les parties des jeans, ici des passants font la façade !

 

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On remarque bien les effets de volumes, la liberté d’interprétation de cette artiste.
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Autre vue de Busan, tableau de 2005, 84 x 150 cm. Des jeans presque entiers s’intègrent miraculeusement au paysage !

 

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Busan, une des plages touristiques
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Il me semble que ce tableau représente le quartier de Gamcheon Culture Village, récemment réhabilité par l’Etat.
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Naguère le quartier le plus pauvre et insalubre de la ville de Busan, Gamcheon est fait de maisons qui rappellent des Legos et abritent des anciens régugiés, persécutés pendant la guerre de Corée en raison de leur religion (basée sur le symbole du Yin & Yang). Un programme d’aide a fait réparer les bâtiments et a fait des commandes à des artistes pour transformer l’aspect de cet endroit, maintenant visité par des milliers de touristes !

 

 Dans ce blog espagnol, on voit un autre tableau montrant un quartier plus central de Busan :

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Fait en 2010, 97 x 97 cm.

 

 

détail

 Le talent est sans frontière ! 
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Son art est largement reconnu par les professionnels car ce tableau fut vendu… 187 000 euros le 24 mai 2008 à Hong-Kong (Christie’s) ! Il est gigantesque et représente un immense travail puisqu’il mesure 1,50 m de haut pour 3 m de long. 
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Mais je crois que mon tableau préféré parmi ceux trouvés sur internet est celui-ci (100 x 65 cm), bien plus sobre et empreint de poésie ! J’aime cette simplicité…

 

Le blue jean ici…

Ici, en terre de Pastel, nous ne sommes pas rancunières. L’indigo asiatique a fait s’écrouler l’économie régionale au XVIIe siècle, rendant notre teinture bleue issue de l’Isatis Tinctoria trop peu performante, mais nous aimons quand même le blue jean à la folie ! De toute manière, cela fait belle lurette qu’il n’est plus teint à l’indigo…

Nous aimons la récup’ des pantalons fatigués de la famille :

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 Des sacs en blue jean ont fleuri le 14 novembre dernier lors des 30 ans de France Patchwork ! Nous avons admiré la créativité de chacune…

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… et Hélène nous avait apporté son fameux « Mon jeans a le blues, c’est le blues du blue jeans… »

L’histoire du blue jean est comme un roman d’aventures qui commence à Gênes (jean) et Nîmes (denim), continue au FarWest avec Levi Strauss… et gagne la planète entière au cours de la 2e moitié du XXe siècle. De nos jours, on peut en trouver à très bon marché mais avec quelles matières premières, quels produits chimiques, quel respect des ouvriers ?

Kris l’abeille butineuse  m’a appris qu’il existe une jeune société française faisant l’effort de fournir des pantalons blue jean le plus possible « faits en France » ; leur démarche est méritante car le choix de chaque matière première, chaque étape de fabrication est mûrement réfléchie jusqu’au moindre détail, dans un souci à la fois économique et écologique.

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Leur nom ? Le voici : 1083, car c’est le nombre de kilomètres à vol d’oiseau sur une carte de France si vous cherchez la plus grande diagonale… Et donc le « fait en France », est né au maximum à 1083 km de chez vous, résident de ce pays ! Un peu d’humour ne fait pas de mal…

En ce qui concerne un pantalon en jean, je suis contente de la transparence des chiffres qui montre que les matières premières : coton (biologique) + les rivets + le bouton coûtent en tout… 3 euros ! Quant à la teinture, elle est sans produit nocif, mais pas à l’indigo ou au pastel qui, j’imagine, ferait grimper en flèche le prix du pantalon !

Je crois que je vais acheter un blue-jean français à mon mari… Il faut patienter, il y a deux mois d’attente ! La rançon du succès sans doute !