Un stage en sourdine ?

Vendredi dernier a eu lieu un stage France-Patchwork 31 un peu particulier puisqu’il s’agissait de jouer avec les tissus « sans couleur, sans valeur, sans intensité », en low-volume comme disent les anglophones, en sourdine comme on peut le traduire… Eh bien je peux vous assurer que les stagiaires étaient, contrairement à leurs tissus, très sonores… Quel enthousiasme après les quelques minutes de mise en route !

Choisir ce genre de tissus n’est qu’un prétexte pour faire une apparence différente. C’est l’alliance du style « scrappy » (innombrables chutes de tissus clairs) avec… ce qu’on veut ! Si certains blocs sont illisibles sans contraste fortement étudié, d’autres se prêtent volontiers à ce jeu. Je ne peux que vous encourager à aller dans cette galerie de « low-volume quilts » pour vous en rendre compte.

De notre côté, le stage était axé en réalité sur les blocs déstructurés. C’est mon expérience des « crumb quilts » qui m’a permis de le proposer.

amazonia

« Amazonia », quilt déstructuré fait en m’inspirant des photos de ma fille alors en Amazonie, tout en suivant le « quilt along » organisé par Jo’s Country Junction en automne 2011.

Apprendre à couper au cutter sans règle, coudre de travers, imaginer pas à pas le futur bloc, c’est un tout autre mode de pensée après des années de recherche de la perfection ! Plusieurs stagiaires m’ont confié cette semaine avoir rêvé à de nouveaux horizons dans le monde du patchwork : elles se sont rendu compte qu’elles étaient capables d’ avancer avec confiance vers une modernisation de leur approche et surtout vers la création, si enthousiasmante !

Mes chères amies stagiaires ont eu le temps de faire chacune 4 blocs : une étoile de l’Ohio déstructurée, un Log Cabin irrégulier, une fleur à la manière de Bernadette Mayr et un bloc de crazy à la machine. Voici le résultat étalé dans un champ de pâquerettes :

blocs en sourdine

Ces blocs seront assemblés pour un faire un ouvrage commun… que nous vous montrerons quand il sera fini !

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IQFOI – Expos « Yin & Yang » et « The Road less Traveled »

Yin & Yang

Dans la même salle que les merveilleux quilts japonais, cette expo était bien à sa place pour la « zénitude », mais malheureusement nous étions tous happés par ceux du Round Robin nippon… Un joli effet de lumière sur le sol, quelques beaux quilts :

The Road Less Traveled

Allons à présent dans un bâtiment de l’Université de Galway où j’aurais bien aimé étudier : celui consacré à la culture gaélique ! Il y avait même une salle mystérieusement nommée Black Magic… Etudie-t-on les grimoires pleins de formules magiques ? Frissonnons ensemble un instant et dirigeons-nous vers une salle où, comme ailleurs, les Quilteuses Irlandaises nous accueillent comme une amie… Quelle gentillesse ! Dans ce Festival, j’ai vraiment senti le plaisir de faire partie de la Communauté Internationale des Quilteuses, un lien de connivence nous relie toutes !
Cette salle abritait l’expo sur le voyage, parfois il fallait chercher longtemps le lien avec le thème, comme un magnifique DearJane… Voyage vers le passé ?… Je pense que le quilt gagnant sera un superbe médaillon plein d’étoiles… Je n’ai pas pu le photographier tant il y avait de monde ! Puis-je alors vous montrer quelques autres quilts exposés qui n’ont peut-être pas autant attiré l’attention ?

Cliquez sur les photos que vous souhaitez agrandir !
Oh mais que vois-je derrière ce très beau sampler au centre peint ?

Mais oui, le quilt que j’ai fait pour ma fille à l’automne dernier, en suivant la joyeuse émulation de Jo (voir les articles ici), a été exposé dans cette section ! Il n’a aucune chance de gagner car il ne correspond pas aux exigences d’un jury américain, mais je suis heureuse que cette sorte de scrapbook du voyage de ma fille en Amazonie ait été vu par des milliers de personnes 🙂

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Amazonia vue de plus près

Ceci est la suite de l’article Amazonia, la forêt d’émeraude.

Ce quilt d’apparence « crazy-moderne », de style « crumb quilt » en anglais, a été vite fait car on ne s’embarrasse pas d’exactitude et, pour ce top, j’ai donc renoncé à défaire quoi que ce soit. Même si les coutures sont nombreuses, tout se fait rapidement !

Par exemple, le papillon qui attire le regard est le résultat d’une erreur. Je voulais en faire un symétrique, tenant dans mon carré de 16 cm. J’ai donc préparé du papier de soie à la taille des ailes… et zut, un papier était du mauvais côté et j’ai fait 2 ailes droites postérieures ! Pas envie de recommencer. Du coup, le papillon devenait plus grand que les 16 cm, d’où son occupation finale sur 4 carrés.

Le papillon de droite, du coup, semble bien sage à côté du grand frère. Les papillons ont une grande place dans cette évocation de l’Amazonie car ma fille a été étonnée par leur nombre et leur variété ; cela m’a bien inspirée !

Les étoiles sont des « Maverick Stars » à la manière de Bonnie Hunter et autres quilteuses « libérées » : on ne se soucie aucunement des branches trop petites ou trop grandes, et finalement on reconnaît que c’est une étoile quand même…

Autre particularité : je n’ai pas voulu faire d’appliqué dans ce quilt, les formes sont donc un peu « brutes ». J’ai quand même adouci quelques formes qui le méritaient en cousant des coutures courbes pour les hamacs, quelques vagues du fleuve et quelques feuilles.

Ici, vous avez un des quatre coins avec un tissu imprimé de papillons, ainsi qu’une feuille faite de bandes puis piécée aux tissus de fond. Je n’ai pas réussi à faire une photo correcte du quilting des bordures vertes avec des mots, mais si vous agrandissez celle-ci, vous voyez le début de « La selva esmeralda » écrite en vert sur vert.

Et puis j’ai interprété des photos avec toutes ces petites embarcations le long du fleuve Amazone, les maisons souvent peintes en turquoise : certains bateaux sont presque réalistes, d’autres deviennent plutôt des vols d’oie « mal faits » !

Je voudrais finir cette présentation avec les lettres écrites au piéçage intuitif, à la manière de Tonya Ricucci

On peut voir dans le bloc central du haut un très maladroit AMOR, très bancal mais amusant, c’était mon premier essai.

On y voit aussi une baratte avec des restes de tissus divers, une version libre de Log Cabin qui démarre avec un hexagone, une autre forme de coeur, lui aussi inspiré du Log Cabin… J’ai laissé vagabonder mon imagination et mon intuition.

En agrandissant les photos, vous verrez bien que mes points sont grands… et irréguliers. Grands parce que j’ai utilisé pour la première fois du coton perlé n°8, irréguliers parce que j’ai quilté de façon très décontractée, sans ambition d’exposition, et que certaines coutures superposées ne facilitaient pas la tâche ! Soyez donc indulgentes, c’est un cadeau pour ma fille et non une oeuvre pour concours ! 

Puis vous avez ici le titre, bien plus lisible heureusement que mon premier mot piécé : 

Voilà donc quelques photos et explications qui, j’espère, vous donneront l’envie d’exprimer librement vos envies, émotions, tout en utilisant les restes, les miettes, de vos ouvrages précédents .

Amazonia, la forêt d’émeraude

L’année 2012 commence dans le vert ! Vert pour la perspective d’un voyage en Irlande et Vert pour le quilt Amazonia, tout juste terminé.

Un « crumb quilt » est une sorte de  quilt crazy moderne. Le terme et l’esprit ont été inventés par Bonnie Hunter de Quiltville.

Aviez-vous lu sur ce blog, en ce début d’automne, l’aventure des crumb quilts initiée par Jo et suivie par des centaines de quilteuses ? Ce fut un grand amusement de s’affranchir des règles académiques du patchwork traditionnel et une occasion unique de nouer des liens avec de grandes artistes quilteuses américaines… et une française, Béatrice.

Très vite, j’ai lié cette création « libérée » au voyage que faisait ma fille à ce moment en Amazonie. Elle me transmettait via internet de superbes photos et, quand l’inspiration venait, j’en interprétais quelques-unes en blocs de patchwork comme ici. Puis j’ai décidé d’en faire son cadeau de Noël, mais pour garder le secret, j’ai dû « squatter » le blog de Béatrice car, je ne vais pas m’en plaindre, ma fille lit tous les articles de La Ruche, même en voyage !

Je l’ai quilté de manière aussi libérée que le piéçage, en coton perlé n° 8 de plusieurs couleurs (1 bleu marine, 1 bleu moyen, 1 bleu ciel, 1 vert, 1 orange, 1 rose, 1 jaune, 1 violet) et apposé quelques mots en espagnol ton sur ton sur la bordure, rappelant des épisodes de ce périple : el infierno verde, muchos barcos, las mariposas, la selva esmeralda… La Forêt d’Emeraude est un vieux souvenir car enfant, elle regarda mille fois ce film qu’on avait en VHS : La Forêt d’émeraude, de John Boorman. Fait divers transformé en conte magnifique sur la vie secrète d’hommes encore en totale symbiose avec leur milieu naturel : je suis sûre que ce film a joué un rôle dans son engagement écologiste actuel !

Les dernières photos de cet ouvrage étaient celles du top sur le blog de Béatrice, voici maintenant le quilt, car « un quilt n’est un quilt que lorsqu’il est quilté », n’est-ce pas ?… Il me reste quelques détails à fignoler (l’étiquette, le manchon d’accrochage) mais j’ai pu le lui offrir le 24 décembre au soir. Sa vive émotion a été ma plus belle récompense !

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Quelques photos montrant des détails de quilting suivront dans un prochain article !

Oh, je suis en retard ! (crumb quilt # 6)

Je suis désolée d’avoir du retard dans l’édition de mes blocs de la semaine, le temps passe si vite ! Et pourtant c’est un des thèmes les plus inspirants du patchwork : le log cabin ! Voici donc ma petite production :

Deux blocs sont composés de bandes se succédant à angle presque droit autour du centre alors que les trois autres ressemblent plus au bloc de l’ananas et se rapprochent du crazy.

Même en retard, je conserve intacte ma joie de suivre le programme de Jo !

Demain déjà, les consignes pour notre 7e semaine…

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Cinquième semaine de miettes !

Nous sommes nombreuses à valoriser nos petits bouts de tissus ! Certaines d’entre nous postent nos photos dans un album spécialement créé pour notre groupe, vous pouvez voir ici sur Flickr les avancements des unes et des autres. Mention spéciale à Katrin de Berlin qui fit un joyeux méli-mélo de ses blocs orphelins pour créer un bien beau quilt !

Pour ma part, je continue à voyager par procuration en m’inspirant parfois des photos de ma fille, toujours en Amazonie :

Une idée lointaine de papillons, liée au thème des triangles de cette semaine

                                                    Des barques sur l’Amazone, dont l’eau est rarement bleue

              Un paysage linéaire avec une petite maison. Sur d’autres photos, beaucoup de maisons sont badigeonnées de peinture turquoise, d’où mon choix sur cette interprétation

                                                            Les hamacs accrochés dans le bateau

                                             Symbole de la Nature

Je n’ai évidemment pas la prétention de faire à chaque fois un tableau mais juste une petite évocation spontanée, c’est un exercice que j’adore. Merci à ma fille pour l’inspiration… et bon retour !

Et puis voici d’autres blocs avec des triangles, thème de la semaine :

La baratte, avec des carrés bicolores restant d’un autre projet et plutôt droits. Même histoire que Béatrice !

Des « vaisselles cassées »…

Voilà !

Ohio Star… en miettes

Dans l’Etat de l’Ohio, vous pouvez faire un tour de quelques dizaines de kilomètres pour admirer des fermes si joyeusement décorées comme celle-ci :

N’est-ce pas un merveilleux hommage à notre activité ? C’est Donna Sue Groves qui, en 2001, fit une décoration sur sa grange dans l’Ohio en l’honneur de sa mère quilteuse. Cette brillante idée eut tellement de succès que près de mille granges sont ainsi peintes dans 19 Etats ! Si vous souhaitez en savoir plus sur l’origine de cette nouvelle tradition, cliquez ici ou ici pour d’autres exemples. La plus adéquate pour l’Ohio est celle-ci en photo puisqu’elle est nommée Ohio Star. J’aime beaucoup ce bloc. Tellement que j’envisage très sérieusement de peindre ce bloc sur ma boite aux lettres, c’est relativement discret mais tout de même très rare en France. Sur les volets, je ne crois pas obtenir l’autorisation de mon mari.

En attendant le courage de sortir les pinceaux, j’en ai cousu une qui pourrait figurer dans le concours des motifs cachés (à lancer) :

L’avez-vous dénichée ? On la voit mieux en photo ! C’est le centre piécé de l’étoile qui m’a donné envie de brouiller les pistes. Vous pouvez voir ci-dessous un de mes petits trucs : j’ai préparé à part un tissu de bandes dès la première semaine, en couleurs dominantes, pour éviter parfois les longues bandes d’un seul tissu. Très utile pour finir rapidement un bloc !

Cette étoile cachée me rappelle les devinettes éditées en Lorraine, sur les images d’Epinal qu’on collectionnait encore un peu dans mon enfance, avec un dessin caché comme ici :

(cherchez la tête du chasseur de papillons)

 Ce papillon me donne envie d’en coudre un autre en miettes…

A bientôt !