Alice au Pays des Kiwis/2

Après cet article qui vous a tant plu, en voici un autre d’Alice sur les tissus néo-zélandais.

Bonjour, je m’appelle Alice et je suis une quilteuse française qui vit actuellement en Nouvelle-Zélande. Le monde du patchwork est très dynamique ici et je voulais vous faire découvrir un aspect particulier: les tissus Kiwiana. « Kiwiana » est un terme qui regroupe tous les objets en relation avec l’imagerie et les symboles de la Nouvelle-Zélande. Par exemple, pour la France, il s’agirait sûrement de la tour Eiffel, du coq, d’une baguette, etc. Pouvez vous penser à un symbole de la Nouvelle-Zélande? Je vous laisse réfléchir quelques secondes…

kiwiana icons
Les plus communs sont: les moutons (on dit souvent qu’il y a plus de moutons que d’habitants en NZ), le petit Kiwi (un petit oiseau en voie de disparition qui ne peut pas voler) et la fougère (comme le logo de l’équipe de rugby les « All Blacks »). La « fougère argentée » est un symbole très repandu dans le pays. Elle permettait jadis aux Maoris de se déplacer dans les forêts de nuit. De nombreuses équipes de sport l’utilisent actuellement, ainsi que les entreprises locales dans leurs logos. Les papiers officiels (comme l’acte de naissance de notre fille) sont également décorés d’un en-tête avec cette fougère argentée.

Le pays a récemment eu recours à un grand référendum national pour juger le débat sur le changement du drapeau national. C’est une décision vraiment importante pour un pays. Beaucoup de Néo-zélandais souhaitent s’émanciper de l’influence Britannique et choisir un nouveau drapeau (tout comme le Canada en 1965). Les Néo-zélandais ont, dans un premier temps, choisi un drapeau parmi toutes les nouvelles propositions. Puis, lors d’un second référendum, choisi entre la proposition gagnante et l’ancien drapeau. La nouvelle proposition (à gauche sur la photo) avait cette fameuse fougère argentée.

NZ flags

C’est un débat très récent et, malheureusement, la nation a voté contre ce nouveau drapeau. J’aimais bien le nouveau drapeau mais je suis étrangère, et je n’ai évidemment pas eu le droit de vote sur cette question.

Il y a une collection de tissu « Kiwiana » importante et j’ai choisi quelques tissus pour réaliser un quilt. Je vais vous présenter ce quilt.

Kiwiana blocs

J’ai choisi un patron de quilt bien particulier: le quilt que ma collègue Shirley enseigne pour les débutants voulant s’initier au patchwork. Il s’agit d’une répétition de deux blocs simples: un carré de tissu et un carré entouré de petits carrés. J’ai vu de nombreuse versions de ce quilt grâce à ses élèves. Chaque version avait un charme particulier et mettait vraiment en valeur les tissus choisis. Je me suis dit que ce serait parfait pour mon quilt Kiwiana.

J’ai découpé tous les tissus et assemblé les blocs au fur et à mesure en choisissant l’emplacement sur mon « design wall » (un molleton accroché au mur).

Kiwiana design wall

Le quilt a été rapide à assembler. J’ai achevé le quilt-top en un week-end. C’est très satisfaisant d’avoir des projets comme ça de temps en temps. J’ai choisi d’ajouter un bord bleu pour rehausser les couleurs plutôt sombres du quilt. Ce tissu bleu représente les couleurs des « Paua » (ormeaux) qui sont très courants en NZ (mon mari part souvent à la pêche et nous mangeons des beignets d’ormeaux régulièrement).

Kiwiana quilt top

La faune et la flore sont très spécifiques en Nouvelle-Zélande, il y a beaucoup d’espèces endémiques (notamment des oiseaux). Beaucoup de ces espèces ont malheureusement été décimées par l’arrivée de mammifères (dont les humains!). Avant le XIIIe siècle, il n’y avait pas de présence humaine sur cette terre. Les Maoris (peuple polynésien) sont arrivés par la mer il y a environ 800 ans. Les hommes ne venant jamais seuls, le rat polynésien (« kiore ») s’est infiltré dans le pays en faisant de grands ravages. L’arrivée des Européens (pendant le XVIIe siècle) a accentué la destruction des espèces endémiques en introduisant de nouveaux mammifères: le furet, le chat, le rat sont tous des redoutables prédateurs pour les oiseaux locaux.

Pour le tissu arrière, j’ai choisi un tissu qui regroupe plusieurs éléments « Kiwiana ». A la méthode de « Où est Charlie? », vous pouvez apercevoir:

Un « Fantail », c’est un oiseau qui a la queue en forme d’éventail
Un « Pukeko », c’est un oiseau qui ressemble à une grosse poule bleue
Un « Kiwi », le petit oiseau (qui ressemble à un gros poussin) qui ne peut pas voler
Un « Kea », c’est une espèce de perroquet avec un corps gris-maron et des reflets verts sur les ailes
La crosse d’une fougère
Un « Tui », il a un pompon blanc sous le cou et son chant est très particulier
Le mont Taranaki
Des motifs Maoris
La plante « Harakeke » qui a des fleurs rouges puis noires
Les fleurs de l’arbre « Pohutukawa », communément appelé « le sapin de Noël Néo-zélandais » car il fleurit avec de grosses boules rouges vers le mois de Décembre.
Kiwiana tissu arriere

Vous les avez tous trouvés ? Bravo!

Un mot d’espoir pour ces espèces d’oiseaux en disparition: une réserve naturelle a été créée à coté de Wellington (ville ou je réside actuellement). Cette réserve a pour but d’offrir aux oiseaux un endroit sans prédateurs. Ces prédateurs ayant été introduits récemment, ils ne font pas partie de l’écosystème de espèces endémiques et ces espèces ne sont pas aptes à se défendre, d’où leur extinction. Il y a une grande barrière pour éviter que les prédateurs pénètrent dans la réserve mais il n’y a pas de filet. Les oiseaux sont donc libres de circuler où ils veulent et de sortir de la réserve. Cette réserve se visite (Zelandia) et même si je ne suis pas une amatrice d’ornithologie, j’ai trouvé la visite et la balade dans cette réserve très sympa.

Une fois mon quilt top achevé, je l’ai emmené chez ma long-arm quilteuse locale. Je lui ai demandé de faire un motif de fougère pour rester dans le thème du quilt.

Kiwiana biais noir

J’ai choisi un biais noir (avec des petits motifs de fougères). Je voulais un biais qui définisse bien la fin du quilt. L’intérieur du quilt étant assez chargé, il me fallait un biais avec un fort contraste pour que l’œil ne s’échappe pas. Et voici le résultat:

kiwiana quilt

J’espère que vous avez aimé l’histoire de mon quilt et la découverte des espèces endémiques de Nouvelle-Zélande et des motifs « Kiwiana ». Si jamais vous venez en Nouvelle-Zélande, sachez que les règles sont très strictes à l’aéroport: vous ne pouvez pas apporter d’objets contenant du bois (masque africains par exemple) ou tout élément biologique (comme une pomme). Vous comprenez désormais que ces règles sont nécessaires pour la protection des espèces endémiques car les parasites d’un autre écosystème pourraient détruire davantage la faune et la flore locale.

Vous pouvez allez voir mon blog pour une petite surprise: http://www.blossomquiltetcraft.fr

 

Récup’ sur un air de Jazz

Les blue jeans sont un des vêtements les plus emblématiques du XXe siècle… et cela ne semble pas changer au cours du XXIe. On en porte maintenant dans le monde entier et il y a beaucoup à raconter, de la création de la toile de Nîmes (denim) à l’emblématique Levi’s 501, du froc de travail aux podiums de haute-couture féminine…
La semaine dernière, j’ai beaucoup aimé l’article de Barbara Brackman sur les premières tentatives féminines pour porter le pantalon, bien plus commode. Cela donnait lieu a ce genre de réactions, si étroites d’esprit :

On n’a aucune envie de connaître l’homme qui fit ce dessin…
Illustration du blog « Grandmother’s Choice » de Barbara Brackman

Le bloc que j’ai fait la semaine dernière à ce sujet ne restera pas dans les annales, mais j’y ai mis mon « dress code » personnel : dans la vie quotidienne, je porte généralement un blue jean… avec n’importe quoi. J’aime bien le contraste du bleu indigo sobre avec un imprimé féminin, le nec plus ultra étant un chemisier en Liberty of London of course !

Du bleu indigo avec « n’importe quoi »,  cela fait des décennies que je m’habille ainsi !

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Hier, quand le soleil était déjà bien bas, je suis allée avec mon mari voir l’exposition du club Calicot Patch de Villeneuve-de-Rivière, tout au sud de la Haute-Garonne, près de Saint-Gaudens. Juste avant  d’arriver à La Serre-de-Villeneuve, nous étions déjà enchantés de notre petit périple : le panorama est époustouflant de beauté ! Le village est sur la petite crête qui longe la chaîne abrupte des Pyrénées, le dernier bourrelet avant les cimes ; Les Romains y avaient construit une voie et une bastide, n’en déplaise à Obélix ils n’étaient pas si fous que cela… J’ai pu passer tranquillement une bonne heure à admirer les quilts pendant que mon mari contemplait l’extraordinaire coucher de soleil, avec les Pyrénées en contre-jour et le ciel mauve-indigo-pourpre-rouge-orange-rose…

Dans la salle des Fêtes de La Serre, le club Calicot Patch expose jusqu’à ce soir leurs ouvrages de l’année. Des challenges bien choisis entretiennent la créativité, bravo à toutes ! Je voudrais surtout partager avec vous un ouvrage fait par Hélène Vispé, celle que tout le monde a envie d’avoir comme amie… A toutes celles qui se demandent que faire avec tous les blue jeans usagés, voici une réponse très artistique :

Recyclage de blue jeans et d’étiquettes tissées issues de vêtements pour répondre à un challenge de « Récup’ Art » sur le thème du Jazz. Création d’Hélène Vispé.

Si vous aussi l’art de la récup vous démange, lancez-vous, cela apporte tant de satisfaction !

Le charme des ikats

Les tissus « ikat » ont un charme fou. Bien avant de connaître ce nom, j’étais attirée par ces effets fuyants et lignes incertaines qui tranchaient avec les rayures ou  écossais occidentaux bien délimités.

Dans cette pile de tissus, il y a de nombreux imprimés imitant l’ikat, regroupés au milieu. C’est ma réserve pour le Sampler des Droits de la Femme, appelé aussi Grandmother’s Choice.

L’ikat est un procédé de teinture & tissage à plusieurs variantes ; le principe est qu’on préserve de la teinture en nouant à intervalles réguliers les fils de chaine et/ou de trame AVANT le tissage. On retrouve cette technique surtout en Indonésie, mais aussi en Amérique Latine, en Asie centrale, au Japon… 

L’ikat de chaine est le plus simple. On ligature les fils de chaine tendus et on les teint, avant tissage. L’ikat de trame est plus délicat car on doit préparer le fil de trame en aller/retour sur un cadre de la taille du futur tissu, le ligaturer, le teindre, le dérouler avant de le tisser sur la chaine unie. Quant à l’ikat double, c’est la combinaison des deux techniques.

 Le tissu de gauche est un imprimé que j’adore, j’en avais acheté 2 mètres il y a des lustres et j’en ai mis dans des dizaines de quilts ! Il ne m’en reste qu’un petit bout… Il imite un tissu typiquement japonais, le kasuri, nom japonais de l’ikat. Il était vendu également en rouge, peut-être en avez-vous ? Les deux tissus de droite sont chers à mon coeur, ce sont d’authentiques kasuri teints à l’indigo qui m’ont été offerts par mon amie Marie-Claude de la Chambre des Couleurs.

La Diva du scrap quilt, Bonnie Hunter, vient de passer quelques jours en Indonésie et elle en rapporte un reportage sur la fabrication de ces tissus. Même si vous ne comprenez pas l’anglais, vous voyez sur ses photos comment les fils sont ligaturés pour les préserver par endroits de la teinture.

De mon côté, à défaut de pouvoir acheter de vrais ikats en grande quantité, je me contente donc d’imprimés, dont quelques faux-ikats donc, pour faire le sampler sur les Droits de la Femme (voir la pile ci-dessus) et j’y prends beaucoup de plaisir :

Un début qui me plaît bien !

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Vous pouvez admirer les blocs des participantes ici sur Flickr !

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Le Textile à Labastide-Rouairoux (Tarn)

Dans cette petite ville tournée principalement vers l’industrie textile se trouve un musée dans une ancienne filature dédiée aux tissus luxueux de la haute-couture française ; Chanel, Dior et bien d’autres étaient leurs clients !

Le bâtiment est au bord de la rivière qui fournit à la fois sa force hydraulique et l’eau nécessaire à la teinture. Plutôt que de longues explications, je vous laisse rêver au fil des clichés…

La spécialité de cette filature était le fil cardé. On y voit d’imposantes machines, mais aussi celle-ci toute simple, remplie de cardères naturelles ! Le cardage de la laine donnera des étoffes feutrées, duveuteuses…

Un coin de l’atelier de teinture…

Et maintenant, place au tissage !

Un très bel atelier à la lumière naturelle grâce aux grandes baies vitrées

Les navettes font, comme leur nom l’indique, les aller-retour sur le métier à tisser et font la trame des tissus. Les machines montrent toute l’ingéniosité consacrée à la fabrication des tissus, j’aime voir « comment ça marche » et dans cette filature tout est visible ! C’était ainsi avant la fabrication des tissus assistés par ordinateurs, là où l’électronique nous cache les rouages du fonctionnement…

Dans un coin de l’atelier de tissage se trouve ce métier rustique : je rêvais d’en avoir un lorsque j’étais adolescente…

Si vous passez dans la Montagne Noire, ancien massif au sud-est du Tarn, ne manquez pas cette visite, elle est passionnante.

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Mais heureusement, toutes les filatures ne sont pas devenues musées, il en existe encore en activité à Labastide-Rouairoux ! L’une d’entre elles vend une partie de sa production sur place dans un magasin à l’ambiance désuette :

On vend dans ce grand magasin les toiles tissées 200 m plus loin ! C’est aussi un mini-musée, avec ses tampons-imprimeurs, ses navettes, ses bobines…

Ces fils teints au Bleu de Lectoure sont tissés ici !

Quel plaisir de trouver encore du tissu traditionnel, entièrement fabriqué en France sans aucun produit chimique…

Soin du linge à l’ancienne…
Je vous avoue préférer mon fer à repasser quand même !

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Des tissus imprimés inspirés des Molas

Vous souvenez-vous de la Japonaise Fumiko Nakayama, créatrice de molas ? J’avais présenté ici ce que je savais d’elle. Cette dame élargit son domaine en devenant styliste de tissus ! Elle propose des imprimés façon Molas sur des tissus de coton, à utiliser en patchwork ou en couture. Je pense bien sûr à des sacs ou autres petits objets qui seraient magnifiés par ces tissus ; mais qui aura l’idée d’un patchwork sachant mettre en valeur ces si beaux imprimés ?… J’y réfléchis !

Ce dessin est disponible sur plusieurs fonds de couleurs.

Ces tissus sont un vrai festival de couleurs estivales ! C’est en exclusivité chez Home Patch que vous pouvez vous procurer ces tissus en France : 17 références à voir ici. 

Ce tissu est également très intéressant !

Et celui-ci donc ? Plus « séminole » que « Mola », il vous inspirera peut-être aussi !

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Les lisières, inspiration sans frontière

Si vous avez la fibre de la récup’, vous gardez sans doute tous les petits morceaux de tissus restant après la découpe, peut-être classés par couleur, style, taille… Non, je n’ai pas de système infaillible à vous proposer… Mais gardez-vous les bords des tissus, ces lisières doublement tissées et donc plus épaisses, dont un côté est imprimé avec les références et le nuancier ? Combien de fois ai-je dit : « La lisière, on la jette, on ne peut vraiment rien en faire »… Mea culpa, je ne connaissais pas encore Karen Griska ! Cette dame a popularisé l’utilisation des lisières en tant que tissus à part entière, à la manière des String Quilts (quilts de bandes). Quand son livre est paru en 2008, l’idée me semblait farfelue et la couverture ne m’inspirait pas trop mais je l’ai quand même commandé « pour savoir », car je suis une insatiable curieuse dans le domaine du patchwork. Attention, dépêchez-vous de l’acheter si ce livre vous intéresse, il est bientôt épuisé !

On ne peut certainement pas dire qu’elle est la première à utiliser les lisières (voir l’article précédent !) mais c’est elle qui a donné l’impulsion décisive dans le monde entier pour faire éclore des centaines d’ouvrages à base de lisières. Mon préféré du livre est celui-ci :

Et voici quelques autres idées, toutes (je crois*) prises à partir du blog enthousiasmant de Karen Griska cliquez pour mieux les voir :

N’est-ce pas incroyablement artistique ?

Nadia Stumpf est une de celles à avoir fait un des plus beaux panneaux en lisières que je connaisse. Admirez les dégradés, la disposition, la retenue dans les tons choisis… Une vraie recherche personnelle. Je ne la connais que par son blog « Patchworkrama » et les modèles qu’elle crée, mais il est évident qu’elle est le top du top des profs de patchwork en France !

Quant à moi, bien plus modestement, j’ai demandé aux Abeilles de ne plus jeter les lisières -un bon début- et « un jour » nous ferons quelque chose avec ! J’en ai maintenant un carton plein, il faudrait vraiment qu’on s’y mette cette année…

Est-ce compliqué de travailler avec ces lisières ? A vrai dire, on peut dire que c’est plus facile qu’avec du tissu coupé, car vous avez un bord fini qui, jamais, ne s’effilochera. Le principe préconisé dans le livre est d’avoir un tissu de base en coton de la taille de la pièce et de coudre dessus, lisière après lisière, afin de couvrir complètement cette base. Variantes : on peut utiliser du non-tissé, du papier (à retirer ensuite) ou… rien du tout, avec juste une règle ou un gabarit pour contrôler la taille de la pièce. L’avantage de la lisière est qu’on n’a pas besoin de la mettre endroit contre endroit pour la coudre, il suffit de la coudre directement en place. La couture sera visible et participera à l’aspect singulier d’un quilt en lisières.

Exemple d’assemblage vite fait : à gauche, trois lisières assemblées à l’aide de deux coutures (fil blanc sur le bord de la lisière) ; à droite, lisières assemblées vues de dos, vous pouvez voir le fil de la cannette en rouge. Selon le modèle, on voudra laisser apparaître plus ou moins de tissu imprimé, il n’y a pas de règle stricte !

Il faut savoir que ce quilt sera plutôt lourd, prenez-le en compte quand vous choisirez votre modèle. En ce qui concerne le quilting, il dépendra comme d’habitude du modèle. En général, je vois plutôt des quiltings à la machine, regardez comme cela peut être joli :

Certaines cependant réussissent à quilter à la main  :

Ce que vous pouvez retenir, c’est que presque n’importe quel bloc peut être transformé par des lisières ! Pour finir de vous convaincre, voici mon unique petit ouvrage en lisières, une trousse de forme basique qui m’est fort utile et me rappelle quotidiennement que c’était très drôle de choisir et coudre ces petites bandes !

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*Je collecte depuis des années dans mon ordi des photos de quilts en lisières, la majorité des photos proviennent du blog de Karen Griska (à qui j’ai écrit pour signaler mon « pillage » bienveillant). Surtout n’hésitez pas à vous manifester si vous reconnaissez ici une de vos oeuvres. Le copyright est une affaire délicate quand on fait un blog à vocation informative et pédagogique comme celui-ci. A chaque fois j’en informe les intéressées… que je peux contacter, mais je sais que je risque de faire des impairs du point de vue de certaines quilteuses, je m’en excuse par avance.

D’autre part,  enrichissez cet article en signalant vos propres ouvrages en lisières ! La rubrique des commentaires est faite pour cela.

Merci de prendre le temps de me lire,

Katell, quilteuse forever

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Références :

Nadia Stumpf : http://patchworkrama.canalblog.com : son blog
http://patchworkrama2.canalblog.com : sa vitrine (vente de modèles, dates de stages)

Karen Griska : http://selvageblog.blogspot.com/ : son blog

A découvrir également l’initiative formidable de Karen, un musée et une galerie de quilts : nous pouvons toutes y participer ! http://onlinequiltmuseum.com/

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Tissus écossais, tissus celtes

Enfant dans les années soixante, j’ai évidemment été habillée avec l’uniforme d’alors pour une petite fille : un kilt ! Je me souviens bien avoir choisi celui qui était bleu-vert-blanc, alors que mes copines préféraient rouge-vert-jaune. Depuis, j’ai toujours une préférence pour ces couleurs… même si je me soigne ! J’étais fascinée par les croisements de fils donnant des mélanges de couleurs, l’effet « hachures diagonales » à cause du tissage double fil…

Tartan du Clan Forbes

Les Celtes sont ceux qui inventèrent le tissage des carreaux, ce qui semble être la première fantaisie textile des Européens après la teinture. Les imprimés, même les plus anciens, proviennent d’Asie et surtout d’Inde, aussi bien les motifs « cachemire » que les fleurettes provençales, les palmettes ou les Arbres de Vie… Nos célébrissimes Toiles de Jouy, avec leurs scènes champêtres délicates, étaient pour les premières imprimées au tampon, comme en Asie. Le tissage des carreaux à l’aide de fils déjà teints  (nos mouchoirs de Cholet, le tissu vichy…) sont en revanche héritiers d’une tradition complètement locale !

 Les torchons metis (mi-coton, mi-lin) aux quadrillages traditionnels, sont symboliques du tissage « à la Française »

En Ecosse, Les tartans  furent interdits par les ennemis anglais envahisseurs au XVIIIe siècle. Ce n’est qu’au XIXe siècle que chaque variante d’écossais sera attribuée à une famille ou clan.

Vous pouvez rechercher les tartans des familles écossaises ici !

Dans le domaine du patchwork, c’est dans le style country qu’on utilise des carreaux, ce qui est bien logique en regard de son origine. Vous pouvez voir dans le dernier Quiltmania (n° 83) un article sur Mariet Soehout-Mous, qui fait revivre les tissus traditionnels hollandais, souvent à carreaux. Will Vidinic, une Hollandaise vivant depuis des décennies à Paris, a aussi fait de magnifiques quilts avec des mouchoirs français ! Et puis la tradition des carreaux tissés perdure aussi avec les Kelsch alsaciens, avec lesquels on retrouve le trio bleu-blanc-rouge préféré dans nos campagnes européennes.

Après le kilt vint un autre uniforme… que je porte encore : le blue jean !