Dans Les Nouvelles il y a…

… beaucoup de jolies choses !

Bien entendu il s’agit des Nouvelles, Patchwork & Création Textile. Vous ne le trouverez pas en kiosque puisque c’est le magazine des membres de l’association France Patchwork, dont je suis fière de faire partie depuis… des décennies.

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Le nouveau magazine est arrivé en plein black-out de ma Box internet, mais il n’est pas trop tard d’en raconter des bribes d’histoires, car si vous n’êtes pas abonnée vous pourrez l’acheter sur le stand France Patchwork de la plupart des grandes manifestations de patchwork de France (prochainement par exemple à Quilt en Sud et Quilt en Luberon).

Je participe avec joie à la rédaction de ce magazine, écrivant quelques pages sur des aspects méconnus du monde du patchwork. Cette fois-ci j’y ai développé la technique du Pine Cone, la Pomme de Pin. On la connaît un peu pour faire une pomme de pin de Noël en piquant les triangles sur un œuf de polystyrène ou pour faire des maniques épaisses et donc isolantes. C’est en fait un pliage universel, vu à la fois à Madagascar et en Thaïlande, en France et en Grèce, en Afrique et aux Etats-Unis. Dans ce dernier pays, on manque de littérature à ce sujet mais il semble établi que les quilts faits de triangles de tissus de récupération remontent au temps des esclaves.

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Le Pine Burr Quilt de LeeAnn est fait de tissus de récupération, dans la plus pure tradition.

Le temps a passé et cette technique intéressante resurgit parfois sporadiquement. Mais depuis le quilt fait par LeeAnn et grâce à internet, les Pine Cone (ou Pine Burr) quilts regagnent l’attention des quilteuses ! C’est pourquoi vous trouverez l’interview de Betty Smith  et celle de Rachael Daisy, l’une suivant la tradition avec patience et passion, l’autre la renouvelant avec peps et talent. Pour compléter le sujet, vous trouverez les explications de cette technique dans la rubrique des Modèles.

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Voici un nouveau Pine Cone fait par Betty. Elle est devenue la personne incontournable, la référente pour ces quilts de tradition du Vieux Sud.
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Des cours sont donnés de plus en plus souvent pour refaire vivre cette technique. Ici à la Folk School du Musée Maritime de Floride. L’apprentissage se fait comme avant, à la main.

En même temps, de l’autre côté du monde en Australie, Rachael Daisy donne elle aussi des cours de Pine Cone Quilts ! 

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Cours de Rachael Daisy avec les premiers résultats des stagiaires qui apprennent cette technique à la machine.

Autre sujet que j’ai abordé dans ce magazine de mars 2017, le Modern Quilt. C’est le présent et l’avenir de notre activité. Il ne faut pas en avoir peur, ce style se construit avec nous, utilisant des tissus différents, des techniques souvent simples, des maquettes graphiques, des expressions personnelles… On le confond souvent avec les Artextures, cela méritait un éclaircissement !

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Mini quilt de Sophie (Lunalovequilts) qui a récemment participé à un challenge Log Cabin moderne sur internet.

Beaucoup d’autres thèmes, traditionnels ou modernes, sont traités dans chaque numéro. Devenez membre de France Patchwork, abonnez-vous au magazine, participez, donnez votre avis, ce magazine est celui des adhérents !

La Ruche au travail

Le Premier Mai est la Fête du Travail, alors quoi de mieux que d’évoquer ce qui nous occupe beaucoup en ce moment ?

Quel travail dans le jardin au printemps ! Quelle inquiétude aussi devant les bourgeons brûlés par le gel… J’avoue que c’est mon mari qui travaille au jardin, je propose et il dispose ! (photo Keepsake Quilting)

16061707263111417514317739Ce printemps, une partie de la Ruche des Quilteuses, celles qui ont envie de donner de leur temps au Projet 70273, ont du travail sur la planche ! Nous assemblons les derniers blocs, nous les quiltons ou les capitonnons de boutons blancs, en vue de la première grande exposition qui aura lieu le 25 juin à Lacaze (81). Des quilts entiers ont été faits également dans plusieurs groupes de quilteuses de la région, c’est une aide oh combien précieuse ! Merci également de tout coeur à Marie Christine du blog Carrément Crazy, qui vient d’augmenter le nombre de blocs avec sa récolte fructueuse à Nantes ! Nous aurons également quelques Middlings venant d’un peu plus loin. Grâce à une mobilisation bien plus forte que prévue, le grand Sud-Ouest honorera, dans l’esprit de Jeanne Hewell-Chambers, un grand nombre de victimes. Les comptes définitifs ne sont pas encore faits !

Et maintenant partout en France on fait des blocs, on assemble des tops, on les quilte ! Les multiples réalisations qu’on peut voir sur notre groupe Facebook francophone  et sur le groupe anglophone international font chaud au cœur.

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Une très belle photo de Kim Monins, quilt réalisé par la Modern Quilt Guild de l’Île de Jersey.

Pourtant ce projet dérange parfois, on nous demande : à quoi bon remuer le passé. Je fonctionne ainsi : c’est avec l’histoire que je mesure mieux l’évolution de notre société, nos progrès et ce qui reste à faire, les voies à suivre et les impasses. Je ne suis pas du tout une nostalgique et je souhaite pour mes enfants un monde meilleur. Qui ne le souhaiterait pas ? Pour trouver de nouvelles solutions, apprenons du passé mais inventons l’avenir.

#86 – Mon premier Middling – quilt de 45 x 55 cm – est une spirale brodée spontanément. Si elle vous semble bizarre, c’est que vous êtes droitier : elle tourne à l’envers pour vous !! Ce Middling -ou Moyen- représente 350 personnes.

Ce Projet 70273 est un coup de projecteur sur les erreurs, les drames, les crimes du passé pour mieux appréhender la compréhension et la prise en charge des handicaps et différences maintenant et à l’avenir. On aurait pu choisir une autre manière de le manifester, mais ce projet en forme de coup de poing remplit sa fonction première : faire réfléchir.

# 87 – Why? Pourquoi? C’est LA question que je me pose toujours devant l’horreur, la méchanceté ou la bêtise. Plus que jamais, en travaillant pour le projet 70273, je me pose cette question. 698 doubles croix rouges sur ce Moyen.

C’est dans l’air du temps de rappeler, comme nous les participants du Projet 70273, ce qui s’est passé avant et pendant la seconde guerre mondiale car nous avons changé de siècle, les témoins vieillissent puis disparaissent. En littérature récente, en ce qui concerne le crime organisé des handicapés, Ken Follet en fait état dans son 2e tome de sa trilogie sur le XXe Siècle, L’hiver du monde (2012) ; Didier van Cauwelaert a fort bien évoqué le drame dans La Femme de nos Vies (2013), un de ses meilleurs livres. Et en janvier dernier nous avons découvert Hadamar (édition Grasset). Sous la forme d’un roman mais avec un sérieux d’historienne, Oriane Jeancourt Galignani nous raconte la découverte de l’horreur et les racines du mal. Ce livre vient de recevoir le prestigieux Prix de la Closerie des Lilas (merci pour l’info Annie!).

Le nazisme n’est pas tombé sur l’Europe comme un astéroïde, ses racines plongent dans un terreau inattendu qui est la perversion d’idées modernes et progressistes, avec à son service une redoutable machine administrative et une manipulation des esprits. C’est aussi tout cela qui est représenté dans le Projet 70273.

Un peu de légèreté à présent ! Aujourd’hui c’est aussi la fête du muguet et pour tout savoir de cette tradition pittoresque, rendez-vous par ici.

Ici vous avez une très jolie création de Pom de l’Atelier du Papillon.

Le muguet a un sublime parfum qui me rappelle Diorissimo que portait ma grand-mère ! Pour renouer avec l’élégance du muguet dans les arts, allez donc voir par ici chez Denyse.

J’aime beaucoup Lynne White, son style m’a déjà inspirée plusieurs fois et le fil noir est une technique formidable.

Pour finir, afin de célébrer le joli mois de mai et le muguet, voici une villanelle (poésie populaire souvent chantée) :

Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet aux bois ;

Sous nos pieds égrenant les perles,
Que l’on voit au matin trembler,
Nous irons écouter les merles
Nous irons écouter les merles

    Siffler.

Le printemps est, venu ma belle,
C’est le mois des amants béni,
Et l’oiseau, satinant son aile,
Dit des vers au rebord du nid.

Oh ! viens, donc, sur ce banc de mousse
Pour parler de nos beaux amours,
Et dis-moi de ta voix si douce,
Et dis-moi de ta voix si douce :

    « Toujours ».

Loin, bien loin, égarant nos courses,
Faisant fuir le lapin caché,
Et le daim au miroir des sources
Admirant son grand bois penché ;

Puis chez nous, tout heureux, tout aises,
En panier enlaçant nos doigts,
Revenons rapportant des fraises
Revenons rapportant des fraises

    Des bois.

Villanelle, Théophile Gautier

 

 

Marche !

Je marche avec un pied, je dessine avec un autre pied,
Et si je dessine comme un pied c’est la faute de Katell.
Qui suis-je ?

Réponse : sa machine à coudre !

Il s’agit bien sûr du pied de biche qui, aidé d’un double entraînement, s’appelle le walking foot (le pied qui marche) en anglais : pas à pas, les tissus avancent, entraînés à la fois par les grilles du bas et le dispositif du haut. Pour ma part, je suis fidèle à Pfaff pour leur système de double entraînement intégré que je trouve tellement bien ! 

En matière de quilting à la machine, on pense au piqué libre où l’on dessine avec l’aiguille, mais on oublie trop souvent le quilting à double entraînement. Si le sandwich est bien préparé (comme toujours), c’est très facile et agréable, je l’avais expérimenté sur le quilt destiné à ma sœur Isabelle : article ici.

Ruche des Quilteuses
C’est le dos, on y voit mieux le quilting !!

Un livre formidable, uniquement sur ce sujet, vient de sortir :

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Il est intitulé WALK, Marche. C’est bien sûr en anglais, mais il y a à la fois des schémas et des photos qui rendent la lecture presque superflue. Il est écrit, avec beaucoup de pédagogie, par l’une des plus grandes artistes américaines de Modern Quilting, Jacquie Gering. 

Running Man Quilt, Jacquie Gering. L’homme qui court… avec ses deux pieds !

Je reparlerai d’elle un jour ! En attendant, voici son site :
http://www.jacquiegering.com/. Son blog est plein d’inspirations !

 

Renaissance d’une Etoile

Il y a quelques mois sur Facebook, j’ai eu un coup de cœur pour un quilt représentant le visage d’une femme énigmatique et troublante, un portrait fait avec la désormais célèbre méthode des pixels où, carré par carré, nuance par nuance, le dessin apparaît (j’en avais vu un, fabuleux, en Irlande en 2012, voir aussi Deborah Hyde ici). Renseignements pris, c’est Andi Herman qui l’avait fait avec une technique élaborée il y a quelques années par son mari et elle-même.

Chacun ou presque sait chercher comment faire pour pixeliser sa photo, mais que faire après ? Eh bien leur société YouPatch vous aide : pour un prix très raisonnable ils préparent un PDF personnalisé avec la grille de tissus unis à choisir dans la gamme Kona Cotton (la plus étendue). On peut leur confier une photo, ils nous la rendent en schéma exploitable très clair (les schémas parlent, on comprend même si on ne maîtrise pas l’anglais !) avec quelques raffinements possibles comme la mise en morceaux plus grands que le pixel de base là où la couleur est unie et des mini-pixels dans les endroits les plus denses. Ensuite, à vous de jouer !

Très à la mode cette année, l’ananas ! On en voit dans les magasins de décoration, sur des tee-shirts… Ils symbolisent la convivialité, un signe qui dit Bienvenue ! J’en avais déjà parlé ici.
Frida Kahlo, en mini-pixels
L’éternelle jolie frimousse d’Audrey Hepburn, et Andi à droite.
Voici un exemple de ce que vous aurez d’Andi, avec en plus les légendes de couleurs, les dimensions des pièces et même un plan de coupe de vos tissus par couleur, afin de réussir un patchwork unique à partir de votre photo. Ici, le sourire d’Audrey décrypté…
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Ella Bubbles Quilt, Andi Herman. Ici on a des lignes plus souples : les carrés bicolores sont maintenant introduits dans certains modèles.

Mais qui était la femme du premier portrait ? J’ai demandé à Andi, la belle mystérieuse s’appelait Clara Bow. J’aimais tellement l’atmosphère que ce quilt dégageait que je lui ai demandé l’autorisation d’utiliser sa photo dans un de mes articles pour France Patchwork (Les Nouvelles n° 132 page 42). Thanks again Andi!

J’aime la poésie de ce portrait, avec sa gamme de couleurs restreinte, ses fleurettes romantiques et féminines et cet air mystérieux… C’est un petit portrait, les pixels sont minuscules…

Clara Bow. Une illustre inconnue. Inconnue ?  Allons donc !! C’était une des plus grandes stars du cinéma muet américain, la muse de Scott Fitzgerald (qui écrivit entre autres Gatsby le Magnifique) qui prendra cette femme comme modèle pour ses romans et épousa Zelda, « une autre » Clara…

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Clara en 1921 (tout juste 16 ans), l’air sérieux, sans doute le fruit d’une jeunesse sordide, mais déjà magnétique. Elle se présenta à ses premières audiences à cet âge et son aura la mènera vite à Hollywood, la Mecque naissante de l’industrie cinématographique aux abords de Los Angeles.
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La Garçonne !
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Devenue rousse flamboyante (avant Rita Hayworth), Clara devient l’égérie sexy des années folles.

 

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On ne sourit pas beaucoup sur les photos à cette époque. Pourtant Clara était une pétillante jeune femme, sa joie de vivre crevait l’écran. Elle fut l’un des modèles pour Betty Boop, la pin-up de bandes dessinées.

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Provocante, en avance sur son temps, elle était mondialement connue et ses frasques passionnaient le public. Elle collectionna les amants, parmi lesquels le tout jeune Gary Cooper… Clarita & Garyito formaient un couple de stars qui faisait rêver ! C’était la première It Girl, celle qu’on suit et qu’on adule…

Clara en 1927
Ce film, sorti en 1927, fur le premier à recevoir l’Oscar du meilleur film !

Libre, très libre, Clara croquait la vie à pleins dents. C’est grâce à ces pionnières de la vie que peu à peu, dans notre culture,  la femme a gagné la place de personne à part entière, avec plus de libertés et de responsabilités aussi. Mais Clara en paya le prix, on en profita pour lui faire subir toutes les avanies possibles. De faux scandales montés par une jalouse et la presse à scandale ruinèrent sa carrière, tout autant que la venue du cinéma parlant et de nouvelles stars du grand écran. Atteinte de bégaiement et l’accent populaire accroché depuis l’enfance, elle ne passa pas la rampe du cinéma parlant. Elle fut contrainte de mettre fin à sa carrière à 28 ans et devint une tranquille mère de famille, parfois fortement dépressive, dans le désert du Nevada, elle la gamine de Brooklyn. Elle y vécut dans la discrétion jusqu’à sa mort, en 1965.

Clara en 1932, à la fin de sa courte mais brillante carrière.

Si vous souhaitez vous plonger dans l’ambiance des années folles au son du jazz et des extravagances de Hollywood d’entre-deux-guerres, entrer dans les débuts de l’industrie cinématographique, côtoyer de futures stars et surtout apprendre à mieux connaître la vie de la pétillante et extravagante Clara, j’ai un livre pour vous qui vient de sortir :
Le Sourire de Gary Cooper, de Sophie Pujas, Gallimard, collection L’Arpenteur, 112 pages.
La prose poétique de Sophie Pujas redonne vie à Clara Bow, la star oubliée des années folles. Tout ce que je sais d’elle vient de ce livre qui se lit d’une traite.

Andi Herman, comme Sophie Pujas, ont rendu hommage à cette étoile, chacune avec le meilleur de leur art. Et en un sens, les étoiles s’étaient alignées en ce début d’année pour que je remarque le portrait de Clara, puis découvre ce livre qui vient de sortir (parution le 16 mars dernier), afin que naisse en moi beaucoup de tendresse pour l’étoile oubliée du cinéma muet.

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La Lune Blanche chez ma fille

Chez mes deux filles il y a des quilts, des trousses, des pochettes que je leur ai offerts ou faits exprès pour elles, presque innombrables.
Un des récents quilts a trouvé sa place :

Chez une de mes filles, il y a des chiens… quatre (deux à elle, deux à son compagnon), ils sont très proches de la nature et cette forêt, faite de poésie et de récup de tissus, leur convient bien !

La Lune Blanche montre aussi que je suivais ces derniers mois, sans le savoir, un peu les mêmes traces que Bernadette Mayr qui préparait son dernier livre. Elle utilise dans plusieurs quilts la technique de bandes multicolores recoupées comme ici, elle a aussi mis une pleine lune en vedette dans un autre quilt…
De plus , vous pourrez voir dans son livre un quilt figurant une belle falaise avec des mouettes, qui me rappellent deux lots faits avec les adhérents
France Patchwork 31 (toujours fidèles aux ateliers pour suivre nos petites folies !!) pour la tombola de la première exposition de Fibre Occitane (avril 2016) :

Ces quilts ne sont plus chez moi bien sûr, ils ont été gagnés…
Bernadette a beaucoup plus de talent que moi, mais nous sommes bien de la même famille de quilteuses !

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Une sélection de quilts Fibre Occitane sont exposés à la Manufacture Bohin, en Normandie (L’Aigle, Orne), jusqu’au 27 avril ! Nous en aurons prochainement quelques photos…

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Sur la route de Madison et ailleurs…

Vous avez peut-être vu ou lu Sur la Route de Madison, assurément une des plus belles histoires d’amour de ces dernières décennies. Son auteur, Robert James Waller, vient de nous quitter (le 10 mars 2017). Né en 1939 dans l’Iowa, il écrivit son premier roman à 52 ans en 11 jours, et c’était le merveilleux Love in Black & White (en référence à son hobby de photographe et le métier de son héros) rebaptisé ensuite The Bridges of Madison County (les Ponts de Madison County). Abonnée alors au Grand Livre du Mois car, vivant alors à Hamburg, j’étais en manque de livres écrits en français, j’avais commandé ce livre dès 1993, Sur la route de Madison, et je l’avais lu deux fois de suite, remuée par cette divine parenthèse qui résonnait avec une belle histoire d’amour dans ma jeunesse… What if… Et si… La vie est faite de choix et parfois on se demande où on serait avec un autre chemin choisi !

Première édition avec le premier titre, curieusement édité d’abord en Angleterre le 27/07/1992. Le livre a ensuite été traduit en 40 langues et vendu à 60 millions d’exemplaires.

J’avais peur de voir le film, de perdre la magie du roman, mais avec Meryl Streep et Clint Eastwood, le miracle a opéré.

Le film date de 1995 et ce fut, comme le livre, un succès immédiat ! Pour moi, une des plus belles histoires d’amour du cinéma…

Dans cette histoire, on parle de ces curieux ponts couverts. Les premiers virent le jour en Suisse au 12e siècle, puis il y en eut d’autres en Europe, puis en Amérique du Nord. Les toits aident à protéger les structures en bois soumises aux intempéries. 825 ponts couverts sont répertoriés aux USA  dans les contrées du nord-est et du centre des Etats-Unis !

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Autres constructions en bois qui jalonnent les mêmes campagnes, les granges. Depuis 16 ans maintenant, des granges de toutes sortes, anciennes comme récentes, les granges rénovées comme les croulantes, s’ornent de blocs de quilts peints sur un panneau accroché à leur façade. J’en avais touché deux mots par ici. Depuis, ce mouvement a encore pris de l’ampleur et gagne du terrain ! 

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C’est Betty (les Pine Cone quilts !) qui m’en a récemment reparlé car elle a suivi en janvier, pendant plusieurs jours, le Barn Quilt Trail de Floride. C’est un circuit organisé pour voir toutes les peintures de granges dans un coin du pays, l’occasion de profiter de la campagne et suivre les chemins de traverse, et de faire vivre les endroits reculés grâce à ce tourisme vert.

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Ici le bloc de l’Etoile de l’Ohio est peint directement sur les planches de la grange, exercice difficile réussi par Scott Hagan (voir ici)

J’ai recommandé le livre qui suit à une amie préparant, avec deux autres amies quilteuses, un beau voyage aux Etats-Unis, espérant qu’il les aiderait à se décider pour tel ou tel Etat à privilégier, en dehors des étapes déjà prévues :

Curieuse, je me le suis offert aussi.

J’ai déjà lu beaucoup d’approximations et même de bêtises concernant ces granges décorées de blocs de patchwork peints. Ce livre remet tout en place. Dans l’introduction, on a l’entière histoire, la « vraie » puisque c’est Donna Sue Groves elle-même qui l’écrit. Donna est celle qui a inventé ce concept.

C’est venu d’un jeu d’enfants quand sa famille faisait des voyages en voiture, du temps où il n’y avait ni smartphone, ni DVD, ni console de jeux pour tenir les enfants tranquilles. Ils allaient souvent rendre visite aux deux grands-mères vivant à la campagne, toutes deux quilteuses par ailleurs. Pour calmer les enfants, les plaques d’immatriculation ne pouvaient aider, ils étaient invariablement de Virginie Occidentale. Alors la mère a inventé un jeu avec des points : qui, de chaque enfant, aura de son côté de vitre le plus de granges qui donnent des points ! Selon la forme des granges, on gagnait un certain nombre de points. Certaines, ornées de panneaux publicitaires, donnaient 3 points et même 6 points si les gamins réussissaient à lire les  mots. Les granges rouges donnaient 2 points, les blanches minoraient de 2. C’était un exercice de lecture et de calcul, mais aussi un intérêt familial, le père s’arrêtant souvent pour en photographier.

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Le temps a passé, Donna et sa mère ont emménagé dans l’Ohio, dans une ancienne ferme… avec une grange. Dès 1989, Donna souhaite peindre un bloc sur la grange pour sa maman tant chérie, évidemment une Etoile de l’Ohio. La vie a fait que les années ont passé sans concrétisation jusqu’à ce qu’elle scelle avec des amis l’idée de faire enfin sa peinture… et concevoir un circuit de granges également ornées dans le même comté de l’Ohio, l’Adams County. 2001 est donc le début de cette grande aventure qui devient LE projet de sa vie.

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Plus d’un millier de granges ornées plus tard, le bilan est qu’une immense communauté de propriétaires de granges d’Amérique de Nord s’est créée, grâce à Donna. Elle a tant donné pour ce défi, a tant voyagé, s’est fait tant d’amis !! Le paysage de la campagne a vraiment changé depuis 2001, les granges ne sont plus démolies mais consolidées pour pouvoir au moins accueillir un tableau de bloc de patchwork…

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Cependant la vie, tissée de tout ce que nous faisons et rêvons, ne tient parfois plus qu’à un fil. Donna a eu un cancer du sein il y a une bonne dizaine d’années et ce n’est que grâce à cette formidable communauté, ses dons conséquents et son soutien moral, qu’elle a pu se faire soigner et qu’elle vit encore.

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Tout le reste du livre est écrit par Suzi Parron, une nomade en motorhome qui, inlassablement avec son mari et son chien Gracie, sillonne l’Amérique. Ensemble ils ont suivi une grande partie des Barn Quilt trails.

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Toutes leurs possessions sont dans le motorhome, avec une voiture, des kayaks (ils sont fans !) et des vélos :

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Son récit raconte les belles rencontres, les émerveillements de la nature, les galères personnelles aussi, on y voit de nombreuses photos de granges aux panneaux peints… mais ce n’est pas un guide touristique et je ne suis pas sûre que ce livre aide mes amies à préparer leur voyage 😉 En revanche, vous avez ici une carte interactive : cliquez sur l’Etat que vous voulez, vous verrez s’il y a là un Barn Quilt Trail !

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C’est l’Amérique que j’aime, celle où tout est possible, celle de la joie, l’optimisme et la gagne contre l’adversité, celle de l’entraide, de la convivialité, celle où on fait attention à son voisin. C’est l’esprit qui a construit cette nation, qui existe encore et est bien loin de ce qu’on voit ou entend aux actualités.

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Je reviendrai prochainement sur le Barn Quilt Trail qui existe en Floride, prétexte pour vous parler d’une célébrité locale que m’a fait découvrir Betty… A bientôt !

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Voir aussi le blog : http://americanquilttrail.blogspot.fr/ (la plupart des photos viennent de ce blog de Suzi Parron)

Endlich, Enfin !!

Je le proclame haut et fort, j’adore le livre que je viens tout juste de recevoir ! Et pourtant il a eu du mal à arriver… Pré-commandé à la mi-février pour une livraison prévue au 1er mars, il n’arrivait pourtant pas. J’ai contacté l’auteur qui m’a répondu qu’elle l’attendait elle-même avec grande impatience ! A la mi-mars, enfin les livres sortaient des presses, prêts à être distribués. J’ai ensuite reçu un message d’Amazon stipulant qu’on n’avait pas trouvé ma boite aux lettres… Bref des contrariétés maintenant oubliées avec ceci chez moi :

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Le septième livre de Bernadette Mayr est paru !

Même si vous avez ses livres précédents et connaissez son style, vous ne serez pas déçue. Bien sûr on retrouve ses habituelles coupes à main levée et à l’œil, sans gabarit ni règle. Comme c’est le genre de patchwork qui me fait vibrer, je suis bonne cliente mais aussi prête à être critique si c’est trop du déjà-vu. Heureusement Bernadette Mayr sait encore nous surprendre, nous donner les fourmis dans les doigts, tout en reprenant ses techniques favorites qui collent à son style ou ses tissus chouchous comme les rayures ou les pointes de noir & blanc qui font de chaque quilt une œuvre « signée ».

Dans ce livre comme dans les précédents, c’est la Nature qui l’inspire ; on ne peut lui en vouloir, c’est la meilleure inspiratrice !

Le plus moderne, le plus différent de ses autres quilts est sans doute La Feuille de Ginkgo. En matière de modernité il est talonné par le quilt des Coquillages des Mers du Sud. Le plus facétieux, sans aucun doute Les Robots. Le plus crazy est Blaue Ringe, le poulpe aux anneaux bleus, un des animaux les plus venimeux au monde qui sévit dans les eaux du Pacifique et notamment le long des côtes australes. Je vous rassure, le quilt est aussi beau que l’animal mais bien plus pacifique ! Le plus chaud est sans contexte le magnifique Volcan. Le plus poétique… eh bien j’hésite, il y en a plusieurs ! Que choisir entre les Nuées de Papillons, les mystères de la Forêt Tropicale, les Habitants du Jardin (des escargots), Les Fleurs de Glace ?… Je décerne le prix de la poésie à la Pleine Lune !

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Coquillages des Mers du Sud

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Papillons de Nuit
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Forêt Tropicale

Pas moins de 21 quilts expliqués dans ce livre. Je ne vous en montre pas plus, pour le plaisir de la découverte. Oui, je vous entends d’ici, c’est en allemand… Si vous trouvez un éditeur, je suis prête à le traduire l’année prochaine ! Mais comme dans ses autres livres les nombreux schémas sont très parlants, si vous avez un peu d’expérience dans ce genre de patchwork vous vous en sortirez…

Photos extraites du site de Bernadette Mayr, liste de ses livres ici :
 http://www.bernadette-mayr.de/buecher.htm. Ses plus anciens sont épuisés, mais guettez les Puces des Couturières, les sites de vente sur internet… On ne sait jamais !