Maïté n’est pas raisonnable… mais toujours aussi talentueuse !

Récemment opérée de la main, notre Abeille Maïté continue malgré tout de faire des ouvrages, encore et toujours pour faire plaisir à son entourage… Nous savons bien, nous les quilteuses, que la générosité est notre moteur !

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Malgré le repos qu’elle devait observer, Maïté n’a pu s’empêcher de broder à la main… mais elle a dû apprivoiser quand même sa machine à coudre pour quilter, c’était indispensable ! Alors voici ses deux ouvrages les plus récents, l’un pour son amie pour ses 70 printemps, l’autre pour une petite de la famille née l’année dernière. On peut remarquer ici que Maïté aime autant le patchwork traditionnel que des versions modernisées, typiques de la Ruche des Quilteuses !

Maïté la Ruche des Quilteuses
Les deux ouvrages de Maïté, faits en juin/juillet.
Maïté la Ruche des Quilteuses
Des maisons très réussies ! Vous reconnaissez peut-être la méthode ludique que Bernadette Mayr a développée dans un de ses livres.
Maïté la Ruche des Quilteuses
Détail du quilting minimum de la bordure… mais très inventif et réussi !
chat dessiné
On voit là que Maïté n’a pas été raisonnable… mais quel talent ! J’adore son abeille… et le chaton à la fenêtre !
Maïté la Ruche des Quilteuses
Et voici des paniers pour la petite Pauline
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Quilté à la machine… brodé à la main. On espère que son chirurgien ne lit pas ce blog 😉
Maïté la Ruche des Quilteuses
Mille bravos Maïté !   

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Et puis, tout récent, voici le dernier fait en août, avec des restes de cotonnades rouges et bleues, de jeans et de lins :

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DSC02833Quelques notes de musique  se baladent pour marquer la passion de la destinataire, sa fille, musicienne. Telle mère, telle fille !DSC02905 Le matelassage à la machine, de plus en plus dense, montre que Maïté a complètement apprivoisé cette technique… C’est un effort pour une amoureuse du travail à la main…

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Avec d’anciens rideaux en tissu de Laura Ashley, Maïté a aussi rénové des chaises longues :

chaises longues

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Et pour finir, voici une bobine-surprise, avec une phrase brodée… Idée à reprendre avec toutes les jolies phrases que vous voulez : à vos citations préférées !

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Malgré un repos écourté pour sa main, Maïté peut de nouveau faire chanter ses mille et une idées sur tous les tons ! OUF !!!

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Maisonnettes en folie

A Colomiers, nous avons joué aux architectes un peu fofolles vendredi dernier… et nous nous sommes bien amusées ! Comme dit mon fils, nous avons copié Numérobis, architecte choisi par Cléopâtre :

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Maison de Numérobis, dans le parc Astérix

Mais qu’avons-nous fait de si terrible ?bernadette mayr

Eh bien, nous avons suivi le style d’une de mes inspiratrices en matière de patchwork, Bernadette Mayr.

Cette femme innove techniquement dans les processus de coupe, souvent à main levée. Le charme du « pas tout-à-fait droit » opère chez elle, mais pas seulement ! Dans les prochains mois, je ne manquerai pas de vous reparler d’elle mais aujourd’hui, concentrons-nous sur un de ses modèles de maisons.

Ce sont des maisons faites en crazy (ou en déstructuré si vous préférez), ce qui en soi est original. Seule la répétition des blocs va donner pleinement du charme à ces constructions. Vendredi, c’étaient des essais d’architecture avec le B.A.BA de cette technique. Travailler ainsi en groupe, sans autre pression que de se faire plaisir, nous insuffle à chaque fois de l’énergie et une bonne humeur communicative !

Eliane & DominiqueMadeleine & Karine001

Une vraie ruche 😉

happy & crazy houses

Et voici le début d’une drôle de petite ville !
Le livre de référence est à côté. Il est en allemand, non traduit en français, contrairement au premier opus de B. Mayr que vous connaissez peut-être :

bern mayr

Procurez-le vous vite avant qu’il ne devienne introuvable, conseil d’amie !

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Le week-end ayant été pluvieux, certaines ont continué à construire chez elles.

mes 4 maisons

Si Cadet Roussel a trois maisons, Madeleine en a déjà… quatre ! 

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maison crazy

Coucou Katell,
En attendant la délivrance du permis de construire un petit lotissement, je t’adresse en photo mes maisons témoins 😉
Brigitte

maison crazy1

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Si ces maisons follement déstructurées vous dérangent, je peux le comprendre aussi. Pourtant je leur trouve un côté déjanté bien amusant qui renouvelle le patchwork (= travail de pièces), c’est à mes yeux une évolution très intéressante qui ne m’empêche pas d’apprécier toujours autant le vrai beau traditionnel.
Pour rester dans le thème, allez admirer le quilt de Marie Claude Tsuruya : ses 366 maisons scrappy adorables sont maintenant quiltées !
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Brique et Pastel, mon nouveau-né

Après vous avoir fait admirer des chefs-d’oeuvre de mes copines (et vous en verrez d’autres ces prochains jours), je vous fais entrer à petits pas dans un autre domaine, le monde du scrap, dans lequel je m’épanouis. 

Le quilt que je viens de terminer comporte de nombreux tissus très divers : quelques japonais, beaucoup de petites fleurs, quelques cachemire, des « repros » du XIXe américain et d’autres inspirés du XVIIIe français (French General), d’autres plus intemporels… tout un méli-mélo de tissus que j’aime et qui miraculeusement vont bien ensemble. Est-ce un hasard, je suis la plupart du temps habillée dans ces couleurs, beaucoup de ces tissus pourraient être des chutes de mes chemisiers !

WELSHJ’avais hérité des beaux restes de tissus du quilt « Bouquets d’Hiver » de ma chère Madeleine car nous avions mis en commun tous ceux qui pouvaient lui servir dans la réalisation de ses appliqués. On avait quasiment oublié lesquels étaient à elle, lesquels à moi ! J’étais contente de les utiliser à mon tour et j’avais l’intention de faire des « petits tours du monde scrappy » à la manière de Bonnie Hunter. Puis en pleine confusion, j’ai tout mis en attente, car je ne savais plus comment le monter, ni même si je voulais le terminer… C’est ce que je vous racontais ici.

Vint au mois dernier le coup de cœur du quilt gallois dessiné par Valériane, ce quimédaillon central me rappela que j’avais ces blocs de carrés scrappy en attente, précisément dans ces couleurs ! J’ai donc rouvert ce carton et cherché à donner une touche personnelle. J’ai voulu m’approcher de la tradition du Médaillon à la galloise en créant un petit centre… et voici la petite maison qui sera au milieu de mon tour du monde :

Elle est vraiment faite de bric et de broc, elle ne tombait jamais juste car je travaillais hors de mon atelier, en papotant avec les Abeilles, très (trop) décontractée… Ce sera donc le centre de mon médaillon, un peu à la manière des Galloises.

Puis le top a pris de l’ampleur, j’ai complété mes premiers « carrés scrappy » par une dizaine d’autres et  j’ai aimé inventer ces coins aux « étoiles de l’amitié » imbriquées dans la bordure. Sur la photo, vous apercevez le dos qui, tout comme les Bouquets d’Hiver, est un drap de La Redoute aux motifs de toile de Jouy :

coin-étoile katell

Un psy se régalerait d’analyser un Tour du Monde entouré d’Etoiles de l’Amitié avec une maison en son centre, m’a fait remarquer Martine. Oui, j’assume ! Comme je vous l’avais expliqué précédemment, les couleurs choisies sont celles de mon environnement, le rouge rosé des briques  toulousaines et le bleu pastel qui l’accompagne si bien… Bref, c’est une expression très personnelle !

Il restait à matelasser ce top. Le temps filant si vite, je l’ai quilté à la machine mais j’ai tenu à y mettre encore un peu de l’esprit gallois en quiltant le centre de manière indépendante du motif en patchwork. J’ai beaucoup aimé partir du dessin central qui déborde du médaillon piécé, comme le font les Galloises. Un grand cœur  sur la maison, allô le psy !
Ensuite, j’ai continué l’improvisation avec une aiguille double pour suivre le mouvement « voyage autour du monde », puis j’ai remis le piqué libre pour faire une guirlande de fleurs sur les carrés bleus. De l’improvisation et de l’amusement, vous disais-je !

quilting médaillon

J’ai l’habitude de quilter des lignes avec le double entraînement de ma Pfaff, mais en piqué libre, c’est un de mes premiers essais. C’est un quilt destiné à rester chez moi pour être, sauf l’été, quotidiennement sur mon lit ; ce n’est pas une bête de concours mais un quilt qui vivra de longues années avec nous  ! J’ai râlé la semaine dernière contre mon inexpérience du quilting machine et les multiples imperfections, mais il faut bien s’entraîner quelque part pour s’améliorer, n’est-ce pas ? D’ailleurs, pour avoir les conseils avisés d’une pro, je viens de m’offrir le DVD préparé pour nous sur le quilting machine par Nathalie Delarge. Bientôt dans ma boite aux lettres, alors le prochain sera donc forcément mieux !! Mais je dois avouer que je suis heureuse du rendu des couleurs et des dessins, il me correspond bien.

pastel brique katell

Tout juste lavé (à la machine à 30°, cycle synthétique, essorage doux, avec du savon noir liquide à  la place de la lessive) il sèche à plat, lentement…

Le voici prêt à être accroché à l’exposition du club de Colomiers*! Ouf, je doutais d’y arriver…

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* A Colomiers, ouest de Toulouse (à 12 km de la Place du Capitole) : exposition  jusqu’au 28 mars de 10 h à 18 h, salle Gascogne (de la N 124, sortie n° 5), du Club de Patchwork Léo Lagrange de Colomiers qui fête ses 20 ans.

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En France, le froid arrive…

… et j’ai trouvé sur Facebook un quilt qui illustre l’hiver à merveille :

felisa quilt : Minka in Invierno

« Minka Houses in Winter » : Felisa Nakawasa a dessiné ce modèle réalisé par Shisuyo Tuchihashi. Felisa fait régulièrement éditer ses modèles dans les magazines de patchwork japonais les plus réputés et a reçu maintes récompenses.

Les « Minka » sont au Japon des maisons traditionnelles, généralement les habitations modestes des paysans, pêcheurs, artisans et marchands. Leur style varie grandement selon la région mais les plus connues sont au centre du Japon où quelques villages, inscrits par l’UNESCO au patrimoine de l’humanité, sont préservés :

Village historique au centre du Japon

(photo du site de l’UNESCO)

Les toits de ces Minka sont extrêmement pentus car l’hiver, la neige tombe fortement dans cette région. Certains descendent presque jusqu’au sol et cette architecture est appelée « gassho-sukuri », c’est-à-dire en forme de mains jointes. Les toits pentus sont à la fois utiles à l’extérieur (intempéries) et à l’intérieur (fonction de cheminée !). Je vous recommande la lecture du blog de Jacques Perrin à ce sujet.

gassho_zukuri

Maison Minka… ou le charme de la couleur taupe

Cette représentation de la Maison est, pour le peuple japonais, une image traditionnelle ancrée dans les esprits. On peut rapprocher cette image culturelle à celle de la « petite école rouge » aux Etats-Unis. Il faut peut-être trouver ici l’inspiration des tissus japonais taupe pour le patchwork, car c’est bien dans cette gamme de couleurs qu’apparaissent ces maisons en bois au toit de chaume !…

houses yoko saito

Ce livre, au succès fou amplement justifié (traduit du japonais par Osamu & Marie-Claude Tsuruya) comporte de nombreuses maisons de style « Minka », ces maisons habitées par les « gens du peuple » ruraux ou citadins.

Dans le sud du Japon, les Minka n’ont pas les mêmes caractéristiques car elles sont adaptées au climat ; les toits sont moins pentus et elles sont souvent construites sur pilotis pour favoriser la ventilation… mais aussi, tout comme plus au nord, en raison des séismes…

architecture traditionnelle sur pilotis

Ces habitats traditionnels ont été massivement démolis au XXe siècle mais de nombreuses personnes et associations les protègent et les reconstruisent actuellement. Leur charme opère… et après tout, en plus de leur valeur historique, ce sont de parfaites maisons écologiques ! 

Pour le regard unique d’une Française quilteuse connaissant le Japon de l’intérieur, allez sur le blog de Marie-Claude Tsuruya La Chambre des Couleurs.

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EstampeHiroshige

Estampe de Hiroshige, Sur la route du Tokaïdo, Kambara
« Neige de nuit » – Des maisons Minka sous la neige. Je crois presque entendre la neige crisser sous les pas…

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La petite école rouge

Cette semaine, Barbara Brackman nous donne à faire le bloc de « La Petite Ecole Rouge », un de ces adorables blocs du patrimoine américain, pour continuer notre Sampler sur les Droits de la Femme. Elle lie  à ce symbole de l’instruction aux Etats-Unis au XIXe et début du XXe siècle la lutte de  Lucy Stone pour pouvoir accéder à l’enseignement supérieur. Irrésistiblement, cette histoire me fait penser à la série américaine Dr. Quinn, Femme médecin, qui nous plonge dans la vie de la petite ville de Colorado Springs (Colorado) dans les années 1870, là où une femme « ne devrait pas » exercer un tel métier… Dans cette série tout comme dans La Petite Maison dans la Prairie, j’ai trouvé  de quoi nourrir mon goût pour l’Histoire… et je traquais toujours les images montrant de beaux quilts ! On peut critiquer l’embellissement de cette vie de pionniers par les scénaristes, mais on voyait bien malgré tout comment s’organisait la vie dans ces villages, et en particulier l’éducation des enfants.

Dans un village tout juste né, on construisait une école constituée d’une seule pièce, qui avait aussi souvent la fonction d’église le dimanche, de salle de réunion communale, de salle des fêtes, parfois même de lieu de justice… Bref c’était souvent le seul bâtiment public.

Il se pouvait aussi que des écoles rurales se trouvent « au milieu de nulle part » de manière à ce que le plus possible  d’enfants de fermiers alentour puissent venir quotidiennement à pied, avec leur repas (réchauffé l’hiver sur le poêle). L’école portait habituellement le nom du donateur du terrain.

Exemple d’une école rurale, avec son petit clocher pour sonner l’école… et le dimanche le début  de l’office religieux. Dans l’Utah, les arbres sont assez rares, l’école est donc construite en briques rouges.

Dans ce jeune pays américain qui avançait vers le Far West, l’enseignement permettait d’intégrer les enfants des nouveaux immigrants qui parlaient de nombreuses différentes langues européennes. Les écoles, constituées d’une seule salle, réunissaient tous les enfants, garçons et filles. Souvent, il y avait même plus de filles car les garçons aidaient très jeunes dans les champs. Et qui enseignait ? C’était toujours une jeune fille, souvent à peine plus âgée que les plus grands élèves. Dès qu’elle se mariait, elle ne pouvait plus enseigner et une autre jeune prenait sa place. Cette organisation est très bien présentée dans La Petite Maison dans la Prairie ! Ces particularités sont conservées par les Amish traditionnels à l’heure actuelle où les enfants, garçons et filles réunis, reçoivent un enseignement basique jusqu’à 14 ans par une jeune fille…

Si vous comprenez l’anglais, vous aurez du plaisir à lire le témoignage de la grand-mère d’une blogueuse qui fit sa scolarité dans cette école :

Une petite école dans le Vermont

La plupart de ces écoles ont disparu (il y en avait peut-être 200 000 !), certaines cependant ont plus de chance. Des associations se créent parfois pour sauvegarder un de ces bâtiments, si chers au coeur des Américains. Ainsi, la semaine dernière, on a fait déménager une vieille école de quelques kilomètres afin de la préserver :

Avant le déménagement, la petite école de St-George, Vermont.

Construite en 1852, ce bâtiment ne pouvait être restauré sur place (terrain n’appartenant pas à la Mairie). Voir les diaporamas du déménagement du 7 novembre dernier ici ! Notez le placement des couleurs, on voit bien les barres verticales blanches qui correspondent si bien au bloc traditionnel…

The little Red Shoolhouse est devenu un symbole fort des Etats-Unis, même si la plupart d’entre elles étaient plutôt peintes en blanc ou gris ! Ces écoles à la salle unique véhiculent notamment un fort sentiment nostalgique des communautés villageoises « à l’ancienne », quand tout le monde se connaissait et s’entraidait. Maintes variantes de blocs ont été dessinées, à l’image des diverses constructions d’écoles.

Livre sur ce symbole américain!

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Voici donc le bloc que j’ai fait cette semaine ; comme je n’ai pas de rouge dans ma palette, je me suis permis toutes les audaces. J’ai suggéré la fonction d’église en choisissant ce tissu en coquilles pour les ouvertures, ce qui suggère un peu des vitraux. J’ai surtout eu le plaisir de pouvoir utiliser pour le toit un des tissus offert par Marie-Claude Tsuruya, un tissu tissé et teint artisanalement dans le nord du Japon, là où vit sa belle-famille. Ce sampler dédié aux droits des femmes rend ainsi hommage à une de mes amies aussi !

Toujours, la galerie Flickr avec les blocs des participants à ce sampler : http://www.flickr.com/groups/grandmotherschoice/

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