Molas extraordinaires à Nantes

Je ne suis pas allée au Salon « Pour l’Amour du Fil » et les blogueuses parlent beaucoup des Molas d’une Japonaise… Si vous recherchez des informations sur cette technique et l’artiste Fumiko Nakayama, vous pouvez lire ou relire cet article : Fumiko Nakayama, créatrice de Molas ainsi que Des tissus imprimés inspirés des Molas.

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Twinkling Now, Fumiko Nakayama, présenté à Tokyo en 2010.

Vous le savez peut-être, la technique principale des Molas est l’appliqué inversé. Savez-vous que cette technique est souvent utilisée par Bernadette Mayr ? Vous trouverez cette technique très futée, ressemblant à la pose d’un passepoil dans le domaine de la couture, dans plusieurs de ses livres. Je vous en reparlerai peut-être bientôt !

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Ici les arcades sont facilement faites en appliqué inversé, c’est bien malin ! (livre Häuser-Patchwork)

Des tissus imprimés inspirés des Molas

Vous souvenez-vous de la Japonaise Fumiko Nakayama, créatrice de molas ? J’avais présenté ici ce que je savais d’elle. Cette dame élargit son domaine en devenant styliste de tissus ! Elle propose des imprimés façon Molas sur des tissus de coton, à utiliser en patchwork ou en couture. Je pense bien sûr à des sacs ou autres petits objets qui seraient magnifiés par ces tissus ; mais qui aura l’idée d’un patchwork sachant mettre en valeur ces si beaux imprimés ?… J’y réfléchis !

Ce dessin est disponible sur plusieurs fonds de couleurs.

Ces tissus sont un vrai festival de couleurs estivales ! C’est en exclusivité chez Home Patch que vous pouvez vous procurer ces tissus en France : 17 références à voir ici. 

Ce tissu est également très intéressant !

Et celui-ci donc ? Plus « séminole » que « Mola », il vous inspirera peut-être aussi !

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Fumiko Nakayama, créatrice de Molas

Vous avez sans doute déjà admiré ces panneaux aux couleurs très vives dans des livres ou magazines ; les molas sont à l’origine des plastrons et dossards, faits par paire, cousus par des femmes indiennes Kuna (vivant sur les îlots au large du Panama).

L’origine en est un peu incertaine ; c’est un peuple qui vivait jadis buste nu, hommes et femmes, mais ces dernières s’ornaient de dessins géométriques à l’aide de teintures naturelles. J’ai lu un jour que des prêtres blancs les forcèrent à se vêtir, et par résistance ces femmes ont commencé à reproduire en tissu les dessins qu’elles faisaient auparavant sur leur peau désormais cachée… Origine vraie ou fausse, le résultat est devenu un art magnifique, glorifiant la Nature, leur vie quotidienne ou leurs croyances à l’aide de tissus vifs et unis. De nombreux livres passionnants ont été consacrés aux Molas, je n’essaierai pas de rivaliser ; sur internet, vous pouvez trouver un dossier francophone intéressant comme celui-ci dans lequel on croit aussi que ce sont des Blancs qui les ont fortement incitées à se vêtir… avec cette conséquence si inattendue !

On a aussi, ici par exemple, des explications  anthropologiques sur l’origine des Molas.

Mola incroyablement belle !

Quelles sont les caractéristiques d’une Mola traditionnelle ?

Elles sont tout d’abord cousues par paire, similaires, mais pas semblables, une pour le devant  (la plus réussie !) l’autre pour le dos de la blouse féminine. Leur dimension est de 30 à 35 par 35 à 40 cm  chacune. Les tissus choisis sont des tissus de coton uni, de couleur éclatante, y compris du noir, mais rarement du blanc et pas de couleurs pastel. Les toutes premières n’étaient que noires, rouges et orange. Les dessins sont symétriques, représentant leur mythologie, leur vie quotidienne, leur environnement ; les techniques utilisées sont principalement l’appliqué inversé, l’appliqué et plus récemment des embellissement en points de broderie (point de tige). Aucun espace n’est laissé libre !  C’est donc un panneau de tissus superposés, plus ou moins épais, jamais molletonné. Le matériel est simple : des cotonnades, du fil assorti, une aiguille fine et de petits ciseaux !

La Mola est donc, dans le monde des arts créatifs, un tableau qui utilise cette technique de superposition de tissus avec découpage, appelée appliqué inversé. Technique qu’on retrouve ailleurs dans le monde (notamment chez les Hmongs du Laos), mais jamais aussi coloré, aussi dense, aussi épais : cela peut devenir une vraie scupture avec 7 ou 8 tissus superposés ! Les Molas sont devenues objets de collection et souvenirs de vacances ! On peut trouver maintenant dans cet archipel des articles éloignés de la tradition, attention donc à vos choix ! Le travail est toujours bien cousu, mais le goût des jeunes couturières va parfois vers le synthétique, le lurex… Il faut souligner que ce revenu est vital pour leur économie locale et contribue souvent à l’indépendance financière des femmes, tandis que les hommes sont souvent pêcheurs.

J’avais déjà été émerveillée par les Molas présentées dans un 100 Idées de mon adolescence (n° 50), puis d’autres articles, des livres nous ont enseigné la technique pour reproduire  soi-même une Mola.

Puis un jour, un reportage dans le Quiltmania n° 60 éveille mon intérêt : une Japonaise fait des molas extraordinaires ! Il s’agit de Fumiko Nakayama, très connue au Japon. Elle fait des Molas depuis 40 ans maintenant et conserve des liens étroits avec des familles de cette partie du monde (cliquez sur ces deux photos ci-dessous pour agrandir)

 Elle a bien sûr commencé par des oeuvres très proches de celles du peuple Kuna, gardant les thèmes de la Nature tropicale, puis a diversifié peu à peu ses thèmes… et considérablement agrandi la taille de ses panneaux ! C’est sur Flickr sans doute que vous pourrez admirer le plus grand nombre de ses oeuvres récentes : elle expose en effet tous les ans au Festival International du Quilt à Tokyo et chaque année on peut admirer les albums-photos de Jan (son blog : be*mused) ou d’autres… Voici quelques références sur lesquelles vous pouvez cliquer :

Flowers of ForestTwinkling NowHappy Faces around the WorldWind of Mayet encore un… : photos de Jan, qui est également collectionneuse de Molas authentiques . A noter : pour éviter le pillage sans référencement des photos, Flickr permet de mettre des liens, mais plus de copier les photos. Prenez donc quand même le temps de découvrir ces merveilles ! Vous verrez l’évolution de son art, les derniers datant de 2011-2012.

Mais un chef-d’oeuvre trop peu connu de Fumiko Nakayama est une immense composition de 2 mètres sur 4 mètres :

Il fut offert par l’artiste en 2005  pour un centre chrétien de Londres, St Ethelburga (ici une meilleure photo sur Flickr : clic). Il est, paraît-il, en soie (à vérifier !), composé de 40 panneaux montrant 40 peuples du monde. J’aimerais tant le voir en détails ! Qui va bientôt à Londres pour nous faire de belles photos de cette tapisserie ?…

Fumiko Nakayama a écrit plusieurs livres sur son art ; l’un d’eux, édité la première fois en 2002, est actuellement disponible à la Couserie Créative. De nombreuses photos décrivent comment faire, mais comme le texte est en japonais il faut déjà avoir quelques notions de cette technique pour bien profiter des schémas ! On y trouve beaucoup de petits modèles, des coussins comme sur la couverture, des sacs, pochettes, tableaux… Mon modèle préféré est peut-être celui des trois femmes aux dominantes turquoise et chocolat car j’aime ces couleurs… mais tout est beau !

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