La Lune Blanche chez ma fille

Chez mes deux filles il y a des quilts, des trousses, des pochettes que je leur ai offerts ou faits exprès pour elles, presque innombrables.
Un des récents quilts a trouvé sa place :

Chez une de mes filles, il y a des chiens… quatre (deux à elle, deux à son compagnon), ils sont très proches de la nature et cette forêt, faite de poésie et de récup de tissus, leur convient bien !

La Lune Blanche montre aussi que je suivais ces derniers mois, sans le savoir, un peu les mêmes traces que Bernadette Mayr qui préparait son dernier livre. Elle utilise dans plusieurs quilts la technique de bandes multicolores recoupées comme ici, elle a aussi mis une pleine lune en vedette dans un autre quilt…
De plus , vous pourrez voir dans son livre un quilt figurant une belle falaise avec des mouettes, qui me rappellent deux lots faits avec les adhérents
France Patchwork 31 (toujours fidèles aux ateliers pour suivre nos petites folies !!) pour la tombola de la première exposition de Fibre Occitane (avril 2016) :

Ces quilts ne sont plus chez moi bien sûr, ils ont été gagnés…
Bernadette a beaucoup plus de talent que moi, mais nous sommes bien de la même famille de quilteuses !

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Une sélection de quilts Fibre Occitane sont exposés à la Manufacture Bohin, en Normandie (L’Aigle, Orne), jusqu’au 27 avril ! Nous en aurons prochainement quelques photos…

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Une bordure de finition invisible

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Accrochage temporaire !

Pour ce petit ouvrage E comme Emilie, je ne souhaitais pas ajouter une bordure de finition visible, vous savez, la bande de droit fil pliée en deux qu’on coud au bord et qui, avec un pliage malin, fait des angles irréprochables… On en voit des schémas dans presque tous les livres de patchwork, dans divers blogs (juste un exemple ici), vous avez même des videos en français faite par Nathalie Delarge (chercher « Pose de biais »). Non, cette fois-ci, je choisis une autre finition…

Quand, esthétiquement, vous ne voulez pas d’autre couleur visible… ou que vous n’avez pas assez de tissu, pensez « bordure invisible » ! En fait, elle est visible au dos seulement, et là vous pouvez recycler plus facilement des restes ou simplement utiliser le tissu de dos comme ici.

Les préparatifs sont identiques : une bande de tissu coupée en droit fil, qu’on peut faire plus étroite (ici j’ai coupé une bande de 4,5 cm), pliée tout du long, repassée. Je me permets de commencer en pliant simplement la bande au départ : comme la bande ne sera pas à cheval, on peut faire simple ! IMG_5162Ci-contre, vous voyez le début et la fin de la pose de la bande. On commence en ligne droite en cousant à 6 ou 7 mm du bord. Choisissez votre marge de couture et restez constante, c’est l’important.

A l’approche d’un angle :

  •  arrêtez-vous, aiguille baissée de préférence,
  • mettez une longueur de point inférieure,
  • dessinez le trait oblique à l’angle, ou juste le point d’intersection des deux lignes de couture à venir,
  • crantez la bande de droit fil de part et d’autre de cette ligne (2 coupes de 3 mm de profondeur)
  • reprenez la couture en visant présisément le bout du trait (ou votre point d’intersection), arrêtez-vous ici aiguille baissée,
  • tournez dans la nouvelle direction, remettez 2 cm plus loin la longueur de point habituelle,
  • recommencez à l’approche du prochain angle !

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J’utilise mon outil fétiche, le quick quarter, pour marquer le point d’angle où je dois pivoter. Il y a beaucoup de fils, le tissu de dos n’étant pas du coton…IMG_5160

Prête à coudre jusqu’au trait ! La petite couture rose qu’on voit à gauche maintient dessous un triangle d’accrochage, voir plus bas.IMG_5162

A la fin du tour, vous terminez comme vous le souhaitez, moi j’opte pour la facilité !

Il faut ensuite terminer à la main si vous ne souhaitez aucune couture visible sur le devant. Une couture machine peut être cependant un élément de quilting si votre matelassage a été fait à la machine. L’astuce de cette bordure est qu’on la plie complètement vers l’arrière.IMG_5166

Comment cela se passe-t-il du côté des angles ? C’est simple : on coupe l’excédent de tissu/molleton en biais et on plie… le mieux possible !

Et voilà !

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Autre petite astuce pour Emilie Jolie : comme c’est un mini-quilt (donc très léger) et qu’il servira peut-être de couverture à une poupée, je n’ai pas voulu mettre de manchon. J’ai opté pour les triangles supports pour un accrochage éventuel :IMG_5158

J’ai renforcé au thermocollant deux carrés de 10 cm pliés en diagonale qui seront pris dans la couture de la bordure de finition en haut à gauche et à droite et hop, voilà un petit système qui permet d’accrocher le quilt, même avec une bande de carton… recouvert du même tissu pour un peu plus de raffinement ! IMG_5167

Ici, le triangle en haut à droite. On y glisse une fine baguette pour un accrochage simple. Voyez ici quelques photos d’idées d’accrochage !

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Toujours sur le thème des oiseaux, Nathalie Chareton Legendre offre quelques cartes textiles aux ravissants oiseaux… Participez, vous aurez peut-être la chance de gagner une de ces petites oeuvres d’art !

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Le Chardonneret

Voici un petit oiseau d’Europe qui aime plus que tout les graines de chardons, d’où son nom :749px-Carduelis_carduelis3Le chardonneret est un très joli passereau, élégant, sociable et si bon chanteur qu’il est parfois capturé :wp08f47ac8_05_06Ce tout petit tableau (34 x 23 cm) est peint en trompe-l’œil, avec un oiseau grandeur nature. On l’empêche de voler par une chaîne, pratique fréquente naguère, ceci étant plus économique qu’une cage ; on comprend dès lors d’où vient notre expression d’argot parisien « avoir un fil à la patte », popularisé par le théâtre de boulevard  (=être marié, ne pas « être libre »)

Carel Fabritius (1622-1654), lien entre Rembrandt (son maître) et Vermeer (son élève), le peignit quelques semaines avant sa mort due à l’énorme explosion de la poudrière de Delft. Son tableau du Chardonneret a, lui, eu plus de chance et fut sorti intact des décombres. Une femme de lettres américaine, Donna Tartt, est subjuguée par ce tableau et en fait la vedette de son dernier roman, « Le Chardonneret » ; ce tableau fait irruption dans la vie du jeune Theo lors d’une autre explosion, à New-York cette fois. Nous partageons la vie du jeune homme, inoubliable, ses apprentissages de la vie et de la mort, ses addictions, ses forces et ses faiblesses, celles aussi de la société et des milieux interlopes cosmopolites, responsables de trafics divers… Le tableau l’accompagne frauduleusement, et, tel un chardonneret, Theo a une vie façonnée par les événements qui lui offrent une liberté factice et bel et bien un fil à la patte… N’est-ce pas le cas de nous tous, finalement ?
Et puis il y a ce sentiment que procurent de rares oeuvres d’art qu’on s’approprie, qu’elles sont là pour soi et que personne ne peut autant les aimer… Un chardonneret, une vague japonaise, un ciel étoilé : à chacun son tableau, sa musique, son roman qui devient partie de soi-même…
Ce grand roman nous plonge tour à tour dans des milieux sociaux radicalement différents, aux dessous glaçants… Histoire rude, style éblouissant (traduction française remarquable), bonheur littéraire assurément.

Le Chardonneret, celui du roman, est bien toujours sous bonne garde au Mauritshuis de La Haye (Pays-Bas). Gageons qu’il connaît, grâce au livre, un surcroît de visites !

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Par leur ligne élégante, on peut imaginer que les oiseaux de Spoolsewing sont des passereaux, peut-être des chardonnerets ou des mésanges, qui sont autant d’éclats de couleurs et de délicieux chanteurs de nos jardins. Ne trouvez-vous pas qu’ils sont malheureusement de moins en moins nombreux ?

Dans mon jardin, les premiers chants d’oiseaux annonciateurs du printemps s’entendent habituellement entre le 12 et le 15 février. Cette année, les températures si douces n’ont pourtant pas fait grandement avancer ces chants ; tous les matins, je suis à l’écoute… J’ai entendu la première symphonie le 11 février !… D’après Jean-Marie Pelt, la nature se repère bien plus à la longueur du jour qu’à la température pour s’éveiller, c’est plus fiable !

Si vous souhaitez célébrer le début des parades nuptiales de nos amis des jardins, vous pouvez coudre quelques oiseaux qui enchanteront petits et grands ! Ici les explications et le patron Spoolsewing.chardon1Deux chardonnerets s’affrontent en février pour une Belle. Quelle agressivité !…
(photos des chardonnerets venant d’ici)

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N’oublions pas que les friches, les mauvaises herbes, sont de précieux alliés des oiseaux. Les chardonnerets, par exemple, souffrent beaucoup de l’arrachage des chardons, bardanes et graminées : ils sont exclusivement granivores et s’empoisonnent avec les graines traitées aux pesticides…
Dans votre jardin, vous pouvez les attirer en plein été en laissant les fleurs de cosmos monter en graines : ils en raffolent !galerie-membre-fleur-cosmos-fleur-0132

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