Bientôt à la recherche des œufs de Pâques !

Dans deux semaines, c’est Pâques. Je n’ai plus de tout petits enfants allant chercher avec fébrilité les friandises laissées par le Lapin de Pâques (nous avons gardé la tradition allemande chez nous). Mais comme mon fils de 19 ans ne lit pas ce blog, je peux vous confier qu’on continue quand même la tradition… mais cela reste entre nous, chut !!
Un panier en osier fait l’affaire pour aller chercher ses chocolats et menus cadeaux dans le jardin, le matin de Pâques.
Un éclair d’enfance qui luit encore !

Je voudrais partager avec vous un adorable modèle de panier pour aller chercher les œufs en chocolat, pour que la fête soit plus belle pour les enfants :

N’est-ce pas adorable ?

Les tissus sont de la gamme exclusive Cottontail de Hawthorne Threads, vous ne les trouverez nulle part ailleurs. Le tissu est imprimé à la demande, je vous avais déjà parlé de cette forme d’impression par ici (2 articles). Vous avez tout juste le temps de commander ce tissu aux jolis lapins (délai de livraison : une semaine maxi) et de faire cette décoration utile !

Si vous souhaitez faire cette corbeille avec vos propres tissus, le tuto gratuit est chez Somewhat Simple, à arranger à votre guise. Bons préparatifs !

Lindsay, Charlie et la Chocolaterie

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C’est un magazine mensuel gai et sans prétention, devenu n° 1 des ventes dans leur domaine en 5 mois d’existence ! Il m’est arrivé en retard ce mois-ci, mais ce n’est pas bien grave…

Je viens de recevoir un de mes magazines préférés, Love Patchwork & Quilting, magazine britannique plein de joyeuses idées qui dépoussièrent allègrement les revues plus classiques. C’est une sucrerie en attendant le bébé tant espéré, Simply Moderne de Quiltmania, qui devrait sortir dans les kiosques le 25 juin !

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Voici la couverture de notre futur magazine français (ou anglais ? cette couverture nous jette le trouble !), avec Victoria Findlay Wolfe comme première invitée et manifestement un reportage sur le grand salon du quilt moderne à Austin, Texas, qui s’appelle Quiltcon. On ne peut pas mieux commencer !

Dans le magazine anglais, je viens de lire un reportage sur un des sites où j’aime chercher des tissus différents. J’en savais très peu sur la société, je suis heureuse de connaître maintenant un peu Lindsay Prezzano, la « chef » de Hawthorne Threads, qui travaille main dans la main avec son informaticien de mari Charlie. Et la chocolaterie ? C’est le lieu où ils ont emménagé leur société l’été dernier, une ancienne fabrique de chocolat du XIXe siècle, récemment rénovée comme une grande partie de ce coin de Brooklyn (Red Hook) qui devient très à la mode. Des tissus dans une chocolaterie… deux péchés mignons réunis !

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Couverture de la première édition du célèbre livre de Roald Dahl aux Etats-Unis, en 1964.

Le choix de tissus modernes est immense à Hawthorne Threads, et j’ai récemment craqué chez eux pour trois tissus marqués « imprimés digitalement ». Mais qu’est-ce ? Vivons dangereusement, me suis-je dit. Sept jours après, j’ai reçu une drôle de chose : 

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J’ai reçu un long ruban de tissu avec de très larges lisières de 18 cm de part et d’autre de l’imprimé : très étonnant, les 3 imprimés se succèdent sur le même tissu ! J’ai plié et déplié ce tissu de nombreuses fois, d’où quelques plis, mais je l’ai reçu absolument sans marque, moi seule suis fautive. Bientôt, je vais le laver avant de l’utiliser… ce sera un plaisir de cet été !

 

L’impression a été faite exprès pour moi sur un doux tissu blanc au tissage très serré, fin et légèrement transparent, une percale si je ne me trompe… et j’ai du tissu non imprimé sur les côtés en cadeau, c’est pratique ! Effectivement, Lindsay s’est lancée dans la création de collections de tissus et en assure l’impression chez eux à la chocolaterie avec des pigments à l’eau, garantis pour résister au lavage, aux normes environnementales satisfaisantes.
Bientôt, recevrons-nous nos imprimés par mail qu’on imprimera nous-mêmes sur un rouleau de tissu  via une grande imprimante ? Les innovations vont si vite…

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Il me tarde d’avoir le temps… et l’inspiration pour faire quelque chose avec ces tissus nouvelle vague. Cet été sans doute !

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Film de 2005 avec Johnny Depp dans le rôle de Willy Wonka, le plus célèbre chocolatier du monde !

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S comme Sonia Delaunay ou Simultané

 S  comme  Sonia Delaunay  ou  Simultané

 par Kristine, de la Ruche des Quilteuses

Avec Sonia, nous entrons dans le monde de la couleur ! 

Il est trop tard pour aller à Paris visiter la rétrospective qui vient d’avoir lieu au Musée d’Art Moderne consacrée à Sonia Delaunay. Heureusement il nous reste des livres avec une iconographie abondante, nous offrant les diverses facettes de cette artiste (1885-1979).

Sonia Delaunay

Avec son mari Robert Delaunay, ils forment un duo artistique. A quatre mains, ils excellent dans l’art de la peinture, la mode vestimentaire, le textile, la décoration, les costumes de théâtre… Ils créent ensemble des œuvres qui s’inscrivent dans un mouvement artistique appelé simultanisme ou simultanéïsme, consistant à introduire le principe du contraste simultané de couleurs dans leurs travaux. 

Nous pouvons en retenir que la perception des couleurs change selon son environnement ; c’est le thème de la valeur (clair ou foncé) mais aussi celui des couleurs qui vont bien ensemble ou pas, celles qui se complètent et celles qui se heurtent, et surtout donc le changement de perception de la couleur en fonction de celle d’à côté, car le cerveau cherche sa couleur complémentaire... Ce n’est pas sans rappeler les illusions d’optique parfois inexpliquées ! D’autres renseignements sur la Loi du contraste simultané des couleurs sur ce lien, principe établi par le chimiste français Michel-Eugène Chevreul, dont les études sont très détaillées.

Volontairement, je ne relate ici qu’un petit aperçu du volet textile chez Sonia Delaunay, un des thèmes favoris de la Ruche.

Ses œuvres textiles sont toujours d’actualité et pourrait bien nous inspirer, nous quilteuses ! Ses dessins d’imprimés et de vêtements originaux incitent à créer, à la manière des quilts destructurés et  libérés, des quilts modernes et innovants… On peut s’inspirer de tous ces motifs géométriques pour créer des blocs en vue d’une courtepointe pour l’hiver prochain ! 

En 1911, Sonia Delaunay réalise sa première œuvre abstraite avec du textile. Il s’agit d’une couverture pour son jeune fils Charles, c’est un assemblage de coupons de couleurs vives, réalisé dans la tradition ukrainienne, (pays dont elle est originaire). Elle joue avec les couleurs des tissus comme elle le fait dans sa peinture.

Certains voient la silhouette de la Tour Eiffel, la trouverez-vous ?

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Effet de patchwork « crazy », mais très éloigné du crazy victorien !

 

Puis elle se lance dans une longue connivence avec la mode :

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1913 La robe simultanée de Sonia Delaunay pour le bal Bullier

 

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En 1922, robe simultanée bleu et vert. L’art moderne descend dans la rue !
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En 1923, un manteau de broderie de laine pour l’actrice Gloria Swanson

 Il y a eu les robes-écharpes, les robes-toupies, toute une effervescence géométrique et colorée autour du corps de la femme qui devient oeuvre d’Art Déco en mouvement ! 

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Au coeur du monde artistique parisien, Sonia dessine en 1923 une robe-poème d’après une poésie de Tristan Tzara.

 

En 1928, des costumes pour le Carnaval de Rio !
En 1928, des costumes pour le Carnaval de Rio !

 Dans un article paru dans le Monde daté du 14 octobre 2014, Sophie Chassat nous précise à propos des robes de Sonia Delaunay : 

Ses premières « robes simultanées » étaient pensées sur le modèle du patchwork, de la couture-collage de différents morceaux de tissus colorés. Les critiques les dénigrèrent en les appelant « habits d’Arlequin », oubliant que c’était peut-être justement, à travers ce patchwork en forme d’« habits d’Arlequin », que s’exprimait au plus juste la modernité d’un  monde qui n’avait plus de réelle unité.

Exprimer le monde comme il va, d’une manière unique, voilà bien la preuve qu’avec ses robes simultanées, Sonia Delaunay faisait œuvre d’art.

 

Mon carnet d’échantillons, inspirés des tissus de Sonia Delaunay :

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Ces croquis sont une inspiration à l’infini pour les quilteuses d’aujourd’hui !

Pour notre plus grand bonheur Sonia Delaunay vécut longtemps et dessinait toujours dans les années 1960. Toujours jeune d’esprit, toujours dans l’actualité, elle s’entretint avec Jacques Dutronc en 1968 (vidéo) : prenez quelques minutes pour la visionner et tomber sous le charme de cette dame et du jeune couple Dutronc/Hardy !

La robe créée pour Françoise Hardy, couturier Marc Bohan chez Christian Dior.
La robe créée pour Françoise Hardy, couturier Marc Bohan chez Christian Dior. Nous pouvons voir cette robe dans la vidéo de l’INA en lien ci-dessus.

Un clin d’oeil aux adhérents de France Patchwork de la région Midi-Pyrénées, en pleine année de labeur sur le Patrimoine régional : voici des créations de 1928, un tissu de soie évoquant nos murs de briques et un costume pour le Carnaval de Rio, à adapter en costume de violettes peut-être 😉 ?… 

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Pour sensibiliser les enfants à cet univers ou pour votre propre collection, voici un livre pop-up amusant pour jouer avec les formes, les couleurs et les costumes, intitulé :

madame  SONIA DELAUNAY
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Gérard Lo Monaco et Adeline Souverain
Ed. Paris Musées

sd15Ce voyage en couleurs se termine ici, êtes-vous prêtes à jouer avec elles à la manière de Sonia Delaunay dans un prochain ouvrage textile ?

 

Bibliographie :

Sonia Delaunay Modes et tissus imprimés – Jacques Damasse Editeur
Sonia Delaunay Les couleurs de l’abstraction – Musée d’Art Moderne de la ville de ParisDossier pédagogique exposition du 17/10/2014-22/02/2015 – Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Sur la toile :

http://mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-sonia-delaunay
http://www.atelierdemma.com/lartiste-du-vendredi-sonia-delaunay/
http://www.tata-georgette.com/2015/01/sonia-delaunay-les-couleurs-de-l-abstraction.html

Le spécialiste des reproductions d’Indiennes anciennes

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La mappemonde de Frederik de Wit, publiée en 1662 à l’apogée du siècle d’or des Pays-Bas par la plus grande maison d’édition géographique de l’époque, symbolise la prépondérance économique, scientifique, culturelle et artistique du pays, parvenu au rang de grande puissance et qui dominait la cartographie elle-même. (Wikipedia)

C’est une longue histoire que le commerce des braves navigateurs hollandais qui rapportaient d’Asie toutes sortes d’épices et de tissus… Les Européens fortunés adoraient les Indiennes, ces tissus d’Inde dessinés et créés pour l’exportation et qui marquèrent principalement le folklore hollandais et… provençal.

Les quilteuses qui lisent Quiltmania depuis le début connaissent comme moi le nom de « Den Haan & Wagenmakers » car ils ont sorti de l’oubli des modèles des XVIIe et XVIIIe siècles en les redessinant d’après des documents et modèles de musées et de collections privées : Quiltmania en faisait grand éloge, nous nous régalions à la vue de ces extraordinaires quilts faits de ces tissus précieux…

Ces messieurs ont consacré leur vie à cette passion, ils ne vivent plus aux Pays-Bas mais dans notre belle région du Sud-Ouest, dans le Tarn-et-Garonne. Après les avoir rencontré à Sainte-Marie-aux-Mines, nous avons eu la joie de les revoir au Salon de Toulouse et ils seront présents prochainement ici : 

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Leurs tissus ont des qualités devenues rares. Outre leur beauté à l’état neuf (comme la plupart des tissus de patchwork, n’est-ce pas ?…) ils ont la propriété de garder leurs couleurs dans le temps, en raison d’une impression traditionnelle aux pigments réalisée aux Pays-Bas. Donc ces tissus ne se décolorent pas, n’affadissent pas en quelques mois. De plus, leur traitement de surface les rend légèrement brillants et les protège contre la poussière (chintz). Cerise sur le gâteau, leurs tissus sont en 150 cm de large !

Méfiez-vous donc des copies : depuis quelques semaines, des tissus imprimés en Asie, copiés directement de leur collection  Nr. 9508 ‘Grenades partout’, se trouvent dans divers magasins. Ils sont peut-être moins chers mais les couleurs et impressions sont moins belles… et ne dureront sans doute pas autant. Ces tissus sont très faciles à reconnaître, ils sont vendus en 110 cm de large.

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En haut, vous voyez l’impression de qualité à partir des dessins recomposés de Den Haan & Wagenmakers. En bas, la copie imprimée en Asie, qui n’a visiblement pas les mêmes qualités.

Je vous engage donc à favoriser la qualité ! Ces tissus sont en vente sur leur site : L’arbre de Vie.

Recyclage de denim – encore !

Après l’éblouissement de Denimu que nous ne pourrons sans doute jamais égaler ou l’inspiration d’Ann Carrington,  nous avons envie de travailler cette matière, ce tissu que nous connaissons si bien !

Je vous ai déjà montré ce qu’ont fait Christine, Martine et Hélène avec de la récupération de denims. Tant de choses sont à faire, les tableaux Pinterest donnent parfois le tournis ! Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous une idée magnifiée par Ulla, la talentueuse Finlandaise, variante connue des vitraux de cathédrale à partir d’un cercle mais cette fois avec le tissu denim laissé à cru :

03 DSCN7049 Quilted pouch and bag + Cathedral window quilt bag

Superbe, non ? Il fut présenté ici par Ulla au printemps dernier. Il s’agit même ici de recyclage de brise-bise et de rideaux en dentelle pour les centres !

Ce n’est pas difficile de faire un coussin, un tapis ou un sac avec cette technique. Pour un pas-à-pas très illustré, allez voir ici : les photos sont très parlantes !

Inspiration Denim : Denimu

Si vous saviez comme je jubile lorsque je tombe sur un artiste qui d’emblée m’éblouit !
C’est aujourd’hui Ian Berry, Britannique vivant actuellement en Suède, qui me séduit. Trente ans cette année et déjà  très connu pour ses tableaux textiles. Il a choisi de travailler le tissu le plus démocratique du monde, le blue jean de récupération. Il n’est pas le seul à s’intéresser à cette matière mais ses œuvres m’enchantent, comme ci-dessous des vues de métropoles ; ce ne sont pas ici que des panoramas mais des évocations de films de Disney !

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Twist in New York, Denim on Denim, 1800×600, 2010 –  On reconnaît bien le Brooklyn Bridge, mais des Tours Jumelles fantomatiques dominent la ligne de gratte-ciel…J’ai mis du temps à comprendre l’évocation d’Oliver & Compagnie, l’histoire du petit chat recueilli par le chien Roublard ! Histoire inspirée d’Oliver Twist de Dickens, d’où le titre…
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Pan’s London, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – La pleine lune permet de voir passer l’enfant qui refuse de grandir…

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Quasimodo’s Notre Dame, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – Évocation du roman de Victor Hugo et donc du film « Le Bossu de Notre-Dame ». Les gargouilles sont bien présentes !Denimu_Copenhagen1_Denim_art

Spire City – Copenhagen, Denim on Denim, 1200×400 – Copenhague, ville de la Petite Sirène !

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Mulan’s Great Wall, Denim on Denim, 1200×400, 2010 – La Muraille de Chine au printemps, scène de batailles avec Mulan, guerrière légendaire !

 Adolescent, Ian aimait les blue jeans comme tous les jeunes de son âge. Un jour de fête de famille, sa mère l’obligea à porter un pantalon plus habillé en velours à la place du jean qu’il mettait tous les jours… alors que ses cousins vinrent, eux, en jeans ! Je devine bien son sentiment, j’ai eu la même mésaventure à 14 ans, moi je devais quitter mon jean pour une robe…
Bien plus tard, il vit chez lui ce fameux pantalon, trop petit, prêt à être donné au centre de charité local… Non-non-non, ce blue jean véhiculait trop de souvenirs ! Alors il l’a observé avec attention, a remarqué les différentes teintes de l’indigo usé… et vous devinez la suite, ce tissu emblématique du XXe siècle est devenu la matière première de l’expression artistique de Ian Berry. Le XXIe siècle doit être aussi celui de la récup’ !
 Ian collectionne donc tous les vêtements en denim, les observe, les coupe, les colle selon une maquette très préparée… Le résultat est bluffant, sa cote artistique monte en flèche et tant mieux car il le vaut bien !
Un journal britannique a trouvé ce jeu de mot approprié : Ian Berry is a jean-ius ! (Ian Berry est un génie, avec jeu de mot phonétique).

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Ici l’artiste est devant sa série de reproductions de pochettes de disques 33 tours…

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Hommage aux magazines féminins UK… Extraordinaire !

Il y a tant de thèmes dans ses œuvres : des vues à la Edward Hopper, des scènes urbaines contemporaines avec beaucoup de street arts, des portraits d’icones…

Allez visiter son site si vous voulez en voir plus !

Désastre annoncé

Me trouvez-vous bien emphatique aujourd’hui ? Mes sujets peuvent sembler futiles au regard de drames personnels, mais tout de même je vous laisse juger si j’exagère vraiment…

3a142ca0rebecca-barkerMon premier sujet de désarroi est le devenir de nos quilts d’aujourd’hui. Nous achetons des tissus de patchwork fort cher parce qu’ils sont « trop beaux »… Outre financièrement, nous investissons affectivement dans les étoffes choisies, sans compter le temps que nous passerons à cogiter, hésiter, décider, accorder, mesurer, couper, coudre, quilter, sans parler de découdre, re-mesurer etc. Nous faisons de notre mieux pour obtenir un résultat honorable et durable. Et puis quelques années passent, parfois juste quelques mois, et on se rend compte que certaines couleurs s’effacent, des harmonies se désaccordent, des valeurs changent… Nous qui avions pris tant de précautions dans nos choix de tissus !

L’as-tu lavé avec un détergent trop fort ? L’as-tu mis longtemps en plein soleil ?
Mais non, jamais de la vie !!!

Le soupçon d’une quelconque maltraitance envers le quilt plane… jusqu’à ce que cela vous arrive à vous aussi !

Depuis des lustres nous avons de grandes peurs -justifiées- envers quelques couleurs qui déteignent, des rouges assurément, mais aussi d’autres teintes. Le dégorgement a ruiné plusieurs quilts et la parade actuelle réside dans les lingettes « anti-redéposition » de pigments. Ces tissus aux trop-pleins de couleurs ont presque disparu des grandes gammes, un effort de rinçage a sans doute été fait.

Et puis il y a l’éternelle question qui divise les quilteuses : doit-on laver les tissus tout juste achetés ? On enlève ainsi un apprêt, un lustre que beaucoup adorent (moi aussi…) mais on enlève aussi maints résidus chimiques, y compris du formaldéhyde hautement toxique, vedette de l’industrie de finition des textiles : il apprête le tissu pour l’impression, le défroissage, l’ignifugation… Les tissus sont également traités aux insecticides ! Y a-t-il aussi un anti-UV qui se dissout au premier lavage ? Je n’en serais pas surprise…

Stacked quilts R. Barker

J’ai acheté énormément de tissus de patchwork dits « de qualité », de grandes marques pendant les dernières décennies, mes goûts plutôt classiques font que je les aime toujours 10 ou 20 ans après. Des bouts restent dans des cartons, mille et un petits restes destinés à de futurs scrap-quilts… Mais je suis effarée de voir l’état de certains tissus des quilts qui « vivent » simplement dans une pièce normalement éclairée. Constat contrasté (c’est le cas de le dire), car certains tissus restent comme neufs alors que d’autres sont affadis de manière incroyable. A partir d’expériences des Abeilles de la Ruche, il semble que les teintes résistantes sont du côté des tissus de patchwork « repros », ces grandes séries historiques semblent imprimées pour durer, les tissus n’ont d’ailleurs pas le fameux lustre ; les imprimés au Japon (de style indigo, aussi bien que les imprimés dorés, les fleuris, les tissés-teints, de marque américaine comme japonaise), les batiks aussi, les tissus de récupération (ah les satins fermiers français qui restent si beaux, les tissus d’ameublement, les unis teints recto-verso et tissés-teints résistants !…) ; les fameux bleus hongrois Kekfesto, teints à la main, sont garantis grand teint, pourtant les bleus sont souvent les premiers « tissus-catastrophe » !
Quant aux autres c’est la loterie, les tissus les plus chers et raffinés n’ont aucunement garantie de pérennité.
Combien de tissus sont-ils touchés, 20, 10, 5 % ?… Cinq, dix ou vingt pour cent de trop en tout cas.

Marie-Claude de la Chambre des Couleurs a fait un article sur un quilt dont les tissus ont changé de valeur, de couleurs même, de manière aléatoire. Certains résistent, d’autres non, cela fait partie des aléas… Mais est-ce normal ?

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Ici je vous montre un quilt fait il y a six ans. Dans cet article, on l’aperçoit  sur son lit. Beaucoup de tissus sont restés quasi-intacts mais certains sont anormalement éclaircis, les imprimés presque disparus parfois même. Est-ce la faute de la luminosité toulousaine ? Ce quilt reste sur le lit dans la chambre de ma fille exposée plein sud… mais il est au fond de la pièce ! Il est vrai que la lumière artificielle peut elle aussi faire fondre les couleurs. Voyez les deux carrés-témoins de l’affadissement de deux tissus.
Même mésaventure pour un superbe « Ocean Waves » de Maïté (aperçu ici sur son lit), quelques tissus bleus de patchwork sont devenus gris en un an, ce qui rompt l’harmonie qu’elle avait minutieusement établie.

Nolwenn's quiltQue faire ? Je n’en sais rien, sinon faire remonter le mécontentement aux grandes firmes. Que se cache-t-il derrière ce grave manque de qualité de certains tissus ? Il est en tout cas urgent que les processus de teinture soient drastiquement améliorés. Est-ce pour cette raison que des tissus Moda sont à présent made in Japan ?

Actuellement, les Abeilles et moi travaillons avec des tissus imprimés au tampon et teints artisanalement. Je suis impatiente de voir, dans un an, la tenue des couleurs à la lumière. J’aurais tendance à être plus indulgente pour ces tissus teints avec des pigments naturels et pourtant je suis presque sûre qu’ils résistent mieux que certains de mes tissus de patchwork. Les tissus dits artisanaux ne garantissent pas la qualité (voir ici !), pour le travail industriel comme artisanal, c’est plutôt une question de savoir-faire et de respect du travail bien fait.

Nous voyons les ravages du temps sur des quilts centenaires ; le charme de l’antique, du vintage, l’émotion suscitée par des pièces anciennes nous font accepter leur vieillissement somme toute naturel. On ne peut pas en dire autant des quilts récents abîmés par la lumière en quelques mois.

Ce problème de tenue des couleurs n’est pas insoluble et il me semble impossible que rien ne soit fait, nous méritons tout de même quelques égards quant à la qualité de nos tissus… Le fait que des tissus traditionnels résistent bien mieux que certains récents me fait espérer qu’il y a d’autres solutions que « plus de chimie », je le crois tout en n’étant pas spécialiste.


Le thème bien plus vaste de la production du coton dans le monde est le thème 
de41NREEKQ9TL._ ce livre :

Sorti il y a 8 ans déjà, ce livre décrit les différentes situations géographiques, économiques, sociales, écologiques de la culture du coton dans le monde. Je ne regarde plus mes vêtements, mon linge de maison, mes tissus de la même manière depuis que j’ai lu ce carnet de voyage… Le coton est une plante exigeante, d’où de nombreuses dérives ! Ce livre se lit comme un roman palpitant grâce aux talents de conteur d’Orsenna, mais le constat est alarmant. Pourtant, il y a des solutions!

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(Abeille dans son alvéole hexagonale Valériane Leblond)

Pollinisation SichuanInquiétude pour nos quilts, inquiétude pour les abeilles décimées… Je ne vous recommande pas le DVD que j’ai visionné pendant ces vacances, il m’a trop démoralisée… Savez-vous qu’en Chine, dans le Sichuan, la pollinisation des vergers se fait maintenant à la main, en particulier par les enfants légers sur les branches ? C’est une conséquence de la « Campagne des Quatre Nuisibles » (les rats, les mouches, les moustiques et les moineaux) de Mao Zedong.Mao campagne 4 nuisibles Pourquoi les moineaux ? Parce qu’il mangeaient le grain des paysans ! Avec du poison largement répandu, les moineaux ont disparu. Mais les moineaux ne mangent pas que des grains, ils dévorent aussi et surtout la vermine… Équilibre écologique rompu, pesticides à foison… et disparition donc des insectes butineurs. Ce n’est qu’un des reportages croisés de ce document, les autres sont tout aussi terribles, dénonçant l’apiculture transformée en un business détaché de la nature et du vivant avec des conséquences désastreuses au niveau mondial.

J’ai envie de conclure par la célèbre phrase d’Einstein (Si l’abeille disparaît de la planète, l’homme n’aura plus que quatre années à vivre), mais il paraît quelle lui est faussement attribuée… 

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Espérons tout de même que l’alliance des abeilles et des hommes pourra perdurer…lavande-abeille