Le Pojagi avec Maryse Allard

Le Pojagi (prononcez-le pojagui), souvent écrit Bojagi en anglais et 보자기 en coréen, est l’art du patchwork en Corée. Notre spécialiste nationale est Maryse Allard. Depuis plus de 10 ans, elle y trouve inspiration et sérénité.

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Maryse Allard, entourée de quelques-unes de ses œuvres, le 5 mai dernier à Pibrac.

Nous l’avons sollicitée pour animer une Journée de l’Amitié France Patchwork en Haute-Garonne ; le 5 mai dernier nous avons pu apprendre le contexte historique bien particulier de cet art coréen du quotidien et de l’exception. Il a un riche passé et rejoint le souci du beau, de l’utile, de la protection que je connais un peu dans la société nippone par l’utilisation des Furoshiki ou des Tenugui.

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Ce pojagi rappelle le bloc des Marches du Palais. Nous avons pu voir (ou justement ne pas voir !) la finesse des points : ici Maryse a utilisé une autre technique que celle qu’elle enseigne en stage-découverte.

A présent, la renaissance du Pojagi se fait essentiellement dans le domaine de la décoration, faisant de subtils jeux de transparence grâce aux tissus choisis (organdi, ramie, soie etc.) et les techniques de couture employées. Un Pojagi peut se faire de diverses manières, à la main ou à la machine. Celle enseignée par Maryse fait l’unanimité : beauté du résultat, facilité de la technique, que demander de plus ?…

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Voici le travail d’apprentissage pour s’approprier la technique avant de se lancer dans une création.

Si à votre tour vous souhaitez enrer dans le monde du Pojagi, n’hésitez pas à contacter Maryse Allard pour connaître les dates et lieux de ses prochains stages – ou la faire venir pour votre propre groupe. Pour ce faire, allez sur son blog, onglet Contact ou sur Facebook, laissez-lui un message. Sa patience, sa pédagogie vous accompagneront tout au long de votre apprentissage.

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Deux Pojagi particuliers de Maryse Allard avec à gauche l’utilisation de soies et à droite la complexité des lignes courbes, la subtilité des appliqués… Du grand art !

 La Ruche des QuilteusesDepuis plusieurs mois, je collecte des photos de pojagi tous azimuts, vous pouvez les consulter sur ce tableau Pinterest avec des exemples du monde entier. A vos tissus et vos aiguilles pour entrer dans ce monde merveilleux ! Si vous ne pouvez pas prendre de cours avec Maryse, je ne peux que vous conseiller de vous procurer son superbe livre : Le Pojagi, art du patchwork coréen, édition Carpentier, ou aussi Boutis de France, La tradition revisitée, édition LTA, écrit en collaboration avec Hubert Valeri (alliance du boutis et du pojagi, de la transparence et de l’opacité, des traditions française et coréenne… Que d’inspirations !)

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Cerise sur le gâteau de certains pojagi : ce tout petit noeud fait avec un carré de tissu de 2 cm ! C’est bien sûr très minutieux et les Coréennes se régalent de ce signe porte-bonheur. Bien sûr, Maïté et Kristine, les doigts d’or de la délégation, l’ont appris pour en mettre dans leurs futurs Pojagi !
Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Séance-photos pour les stars du jour, les pojagi de Maryse Allard.

Un grand merci à Suzy pour toutes ces photos !

Dans Les Nouvelles il y a…

… beaucoup de jolies choses !

Bien entendu il s’agit des Nouvelles, Patchwork & Création Textile. Vous ne le trouverez pas en kiosque puisque c’est le magazine des membres de l’association France Patchwork, dont je suis fière de faire partie depuis… des décennies.

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Le nouveau magazine est arrivé en plein black-out de ma Box internet, mais il n’est pas trop tard d’en raconter des bribes d’histoires, car si vous n’êtes pas abonnée vous pourrez l’acheter sur le stand France Patchwork de la plupart des grandes manifestations de patchwork de France (prochainement par exemple à Quilt en Sud et Quilt en Luberon).

Je participe avec joie à la rédaction de ce magazine, écrivant quelques pages sur des aspects méconnus du monde du patchwork. Cette fois-ci j’y ai développé la technique du Pine Cone, la Pomme de Pin. On la connaît un peu pour faire une pomme de pin de Noël en piquant les triangles sur un œuf de polystyrène ou pour faire des maniques épaisses et donc isolantes. C’est en fait un pliage universel, vu à la fois à Madagascar et en Thaïlande, en France et en Grèce, en Afrique et aux Etats-Unis. Dans ce dernier pays, on manque de littérature à ce sujet mais il semble établi que les quilts faits de triangles de tissus de récupération remontent au temps des esclaves.

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Le Pine Burr Quilt de LeeAnn est fait de tissus de récupération, dans la plus pure tradition.

Le temps a passé et cette technique intéressante resurgit parfois sporadiquement. Mais depuis le quilt fait par LeeAnn et grâce à internet, les Pine Cone (ou Pine Burr) quilts regagnent l’attention des quilteuses ! C’est pourquoi vous trouverez l’interview de Betty Smith  et celle de Rachael Daisy, l’une suivant la tradition avec patience et passion, l’autre la renouvelant avec peps et talent. Pour compléter le sujet, vous trouverez les explications de cette technique dans la rubrique des Modèles.

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Voici un nouveau Pine Cone fait par Betty. Elle est devenue la personne incontournable, la référente pour ces quilts de tradition du Vieux Sud.
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Des cours sont donnés de plus en plus souvent pour refaire vivre cette technique. Ici à la Folk School du Musée Maritime de Floride. L’apprentissage se fait comme avant, à la main.

En même temps, de l’autre côté du monde en Australie, Rachael Daisy donne elle aussi des cours de Pine Cone Quilts ! 

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Cours de Rachael Daisy avec les premiers résultats des stagiaires qui apprennent cette technique à la machine.

Autre sujet que j’ai abordé dans ce magazine de mars 2017, le Modern Quilt. C’est le présent et l’avenir de notre activité. Il ne faut pas en avoir peur, ce style se construit avec nous, utilisant des tissus différents, des techniques souvent simples, des maquettes graphiques, des expressions personnelles… On le confond souvent avec les Artextures, cela méritait un éclaircissement !

Luna Love Quilts
Mini quilt de Sophie (Lunalovequilts) qui a récemment participé à un challenge Log Cabin moderne sur internet.

Beaucoup d’autres thèmes, traditionnels ou modernes, sont traités dans chaque numéro. Devenez membre de France Patchwork, abonnez-vous au magazine, participez, donnez votre avis, ce magazine est celui des adhérents !

La Ruche au travail

Le Premier Mai est la Fête du Travail, alors quoi de mieux que d’évoquer ce qui nous occupe beaucoup en ce moment ?

Quel travail dans le jardin au printemps ! Quelle inquiétude aussi devant les bourgeons brûlés par le gel… J’avoue que c’est mon mari qui travaille au jardin, je propose et il dispose ! (photo Keepsake Quilting)

16061707263111417514317739Ce printemps, une partie de la Ruche des Quilteuses, celles qui ont envie de donner de leur temps au Projet 70273, ont du travail sur la planche ! Nous assemblons les derniers blocs, nous les quiltons ou les capitonnons de boutons blancs, en vue de la première grande exposition qui aura lieu le 25 juin à Lacaze (81). Des quilts entiers ont été faits également dans plusieurs groupes de quilteuses de la région, c’est une aide oh combien précieuse ! Merci également de tout coeur à Marie Christine du blog Carrément Crazy, qui vient d’augmenter le nombre de blocs avec sa récolte fructueuse à Nantes ! Nous aurons également quelques Middlings venant d’un peu plus loin. Grâce à une mobilisation bien plus forte que prévue, le grand Sud-Ouest honorera, dans l’esprit de Jeanne Hewell-Chambers, un grand nombre de victimes. Les comptes définitifs ne sont pas encore faits !

Et maintenant partout en France on fait des blocs, on assemble des tops, on les quilte ! Les multiples réalisations qu’on peut voir sur notre groupe Facebook francophone  et sur le groupe anglophone international font chaud au cœur.

jersey
Une très belle photo de Kim Monins, quilt réalisé par la Modern Quilt Guild de l’Île de Jersey.

Pourtant ce projet dérange parfois, on nous demande : à quoi bon remuer le passé. Je fonctionne ainsi : c’est avec l’histoire que je mesure mieux l’évolution de notre société, nos progrès et ce qui reste à faire, les voies à suivre et les impasses. Je ne suis pas du tout une nostalgique et je souhaite pour mes enfants un monde meilleur. Qui ne le souhaiterait pas ? Pour trouver de nouvelles solutions, apprenons du passé mais inventons l’avenir.

#86 – Mon premier Middling – quilt de 45 x 55 cm – est une spirale brodée spontanément. Si elle vous semble bizarre, c’est que vous êtes droitier : elle tourne à l’envers pour vous !! Ce Middling -ou Moyen- représente 350 personnes.

Ce Projet 70273 est un coup de projecteur sur les erreurs, les drames, les crimes du passé pour mieux appréhender la compréhension et la prise en charge des handicaps et différences maintenant et à l’avenir. On aurait pu choisir une autre manière de le manifester, mais ce projet en forme de coup de poing remplit sa fonction première : faire réfléchir.

# 87 – Why? Pourquoi? C’est LA question que je me pose toujours devant l’horreur, la méchanceté ou la bêtise. Plus que jamais, en travaillant pour le projet 70273, je me pose cette question. 698 doubles croix rouges sur ce Moyen.

C’est dans l’air du temps de rappeler, comme nous les participants du Projet 70273, ce qui s’est passé avant et pendant la seconde guerre mondiale car nous avons changé de siècle, les témoins vieillissent puis disparaissent. En littérature récente, en ce qui concerne le crime organisé des handicapés, Ken Follet en fait état dans son 2e tome de sa trilogie sur le XXe Siècle, L’hiver du monde (2012) ; Didier van Cauwelaert a fort bien évoqué le drame dans La Femme de nos Vies (2013), un de ses meilleurs livres. Et en janvier dernier nous avons découvert Hadamar (édition Grasset). Sous la forme d’un roman mais avec un sérieux d’historienne, Oriane Jeancourt Galignani nous raconte la découverte de l’horreur et les racines du mal. Ce livre vient de recevoir le prestigieux Prix de la Closerie des Lilas (merci pour l’info Annie!).

Le nazisme n’est pas tombé sur l’Europe comme un astéroïde, ses racines plongent dans un terreau inattendu qui est la perversion d’idées modernes et progressistes, avec à son service une redoutable machine administrative et une manipulation des esprits. C’est aussi tout cela qui est représenté dans le Projet 70273.

Un peu de légèreté à présent ! Aujourd’hui c’est aussi la fête du muguet et pour tout savoir de cette tradition pittoresque, rendez-vous par ici.

Ici vous avez une très jolie création de Pom de l’Atelier du Papillon.

Le muguet a un sublime parfum qui me rappelle Diorissimo que portait ma grand-mère ! Pour renouer avec l’élégance du muguet dans les arts, allez donc voir par ici chez Denyse.

J’aime beaucoup Lynne White, son style m’a déjà inspirée plusieurs fois et le fil noir est une technique formidable.

Pour finir, afin de célébrer le joli mois de mai et le muguet, voici une villanelle (poésie populaire souvent chantée) :

Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet aux bois ;

Sous nos pieds égrenant les perles,
Que l’on voit au matin trembler,
Nous irons écouter les merles
Nous irons écouter les merles

    Siffler.

Le printemps est, venu ma belle,
C’est le mois des amants béni,
Et l’oiseau, satinant son aile,
Dit des vers au rebord du nid.

Oh ! viens, donc, sur ce banc de mousse
Pour parler de nos beaux amours,
Et dis-moi de ta voix si douce,
Et dis-moi de ta voix si douce :

    « Toujours ».

Loin, bien loin, égarant nos courses,
Faisant fuir le lapin caché,
Et le daim au miroir des sources
Admirant son grand bois penché ;

Puis chez nous, tout heureux, tout aises,
En panier enlaçant nos doigts,
Revenons rapportant des fraises
Revenons rapportant des fraises

    Des bois.

Villanelle, Théophile Gautier

 

 

Marche !

Je marche avec un pied, je dessine avec un autre pied,
Et si je dessine comme un pied c’est la faute de Katell.
Qui suis-je ?

Réponse : sa machine à coudre !

Il s’agit bien sûr du pied de biche qui, aidé d’un double entraînement, s’appelle le walking foot (le pied qui marche) en anglais : pas à pas, les tissus avancent, entraînés à la fois par les grilles du bas et le dispositif du haut. Pour ma part, je suis fidèle à Pfaff pour leur système de double entraînement intégré que je trouve tellement bien ! 

En matière de quilting à la machine, on pense au piqué libre où l’on dessine avec l’aiguille, mais on oublie trop souvent le quilting à double entraînement. Si le sandwich est bien préparé (comme toujours), c’est très facile et agréable, je l’avais expérimenté sur le quilt destiné à ma sœur Isabelle : article ici.

Ruche des Quilteuses
C’est le dos, on y voit mieux le quilting !!

Un livre formidable, uniquement sur ce sujet, vient de sortir :

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Il est intitulé WALK, Marche. C’est bien sûr en anglais, mais il y a à la fois des schémas et des photos qui rendent la lecture presque superflue. Il est écrit, avec beaucoup de pédagogie, par l’une des plus grandes artistes américaines de Modern Quilting, Jacquie Gering. 

Running Man Quilt, Jacquie Gering. L’homme qui court… avec ses deux pieds !

Je reparlerai d’elle un jour ! En attendant, voici son site :
http://www.jacquiegering.com/. Son blog est plein d’inspirations !

 

Sororité

Sororité : c’est un mot qui rappelle la fraternité, le troisième mot de notre devise nationale qui se veut un lien indéfectible entre les citoyens, fait de respect mutuel, de solidarité, de bienveillance et de tolérance. On la confond souvent avec l’égalité, alors que c’est plutôt l’éloge du droit à la différence, notion qui me tient à cœur.

La Sororité, Sisterhood, existe dans les milieux universitaires anglophones (et même francophone), c’est un réseau d’entraide spécifique aux femmes pour leur carrière. N’en ont-elles pas bien besoin, dans notre monde où une femme doit encore être plus compétente qu’un homme pour avoir la même place -et pourtant être souvent moins payée? 

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Les Glorieuses, c’est par ici ! 

sistersLa sororité pure, je la connais bien avec mes trois sœurs, je ne vous en parle que rarement (ici quand même Cécile, ici Isabelle, ici Véronique : 2e article de ce blog!!) mais elles sont très présentes dans mon cœur.
La sororité est aussi cette étincelle qui existe entre deux femmes, un lien invisible qui est purement de l’amitié sincère et désintéressée. Dans le monde du patchwork, si féminin, nous rencontrons tant de femmes diverses que cette notion m’est apparue clairement il y a une bonne dizaine d’années, après avoir vécu dans un monde bien plus mixte.

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Citation du Panthéon des Glorieuses

J’ai aussi plusieurs sœurs dans cette Ruche des Quilteuses que je rencontre presque tous les vendredis, la complicité est vibrante comme les ailes des abeilles qui transmettent ainsi leurs codes et leurs secrets. J’apprécie tant les femmes sincères et bienveillantes, le bonheur est d’être entourée de ces personnes ! Le vendredi soir, nous rentrons chacune chez nous, le sourire aux lèvres, enrichies par les rires et les bonnes vibrations échangées. 

Katell Renon - La Ruche des Quilteuses - Modèle de broderie de Capricorn QUilts

A mesure que le temps passe je me demande si la sororité n’est pas le sentiment le plus authentique, le moins frelaté, le plus résistant aux événements. Benoîte Groult, la Touche étoile.

J’ai des sœurs plus lointaines, françaises ou d’autres nationalités, certaines que je n’ai encore jamais rencontrées pour de vrai mais nous échangeons tant épistolairement ! Et quand un jour la rencontre a lieu, le miracle opère, nous nous reconnaissons. C’est notre respect mutuel, ce sont nos différences qui nous enrichissent… Et simplement, nous nous faisons du bien mutuellement. Cela me rappelle une petite histoire qui circule depuis plus de 5 ans sur le Net, elle n’a sûrement aucun fondement historique (j’ai cherché le professeur Alan en vain) mais c’est un conte qui parle vrai:

Lors de sa dernière conférence, le Professeur Alan, patron du département de Psychiatrie de Stanford, traitait du rapport entre le corps et l’esprit, entre le stress et la maladie. Il a débuté son exposé en affirmant que l’une des meilleures choses que l’homme puisse faire pour sa santé est d’avoir une épouse. Alors que pour la femme, c’est d’entretenir ses relations avec ses amies.
Tout l’auditoire a bien évidemment explosé de rire. Mais il était sérieux. Alors que les hommes ont tendance à parler de leurs activités, les femmes abordent leur ressenti. Nos discussions entre copines nous aident à gérer notre stress et à affronter les difficultés de la vie. Du point de vue physique, ces bons moments entre filles nous aident à produire plus de sérotonine, ce neurotransmetteur qui combat la dépression et qui engendre une sensation de bien-être.

Il est très rare que nos hommes passent un bon moment ensemble pour parler de ce qu’ils ressentent ou du déroulement de leur vie personnelle. Parler du boulot ? Oui. De sport ? Oui. De voitures ? Oui. De pêche, de chasse, de golf ? Oui. Mais de ce qu’ils ressentent ? Rarement. Nous, les femmes, faisons cela depuis toujours. Nous partageons avec nos sœurs, mères et copines, et apparemment ceci est bon pour la santé. 

Le professeur poursuit son exposé en expliquant que, pour notre bien-être, passer du temps entre copines est tout aussi important que de faire du sport.  Et ainsi, ne pas entretenir nos relations avec nos amies est tout aussi nocif pour notre vie sociale que fumer l’est pour notre santé. 
Alors les filles, la prochaine fois que vous organiserez une soirée entre copines, dites-vous qu’en plus de passer un super moment, c’est bon pour votre santé!

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N’oublions pas les paroles de Benoîte Groult qui parla avec sagesse et mesure de féminisme et de sororité.

Faire du patchwork, ça conserve ! Non seulement pour l’agilité d’esprit et l’habileté que cela suppose, mais surtout pour les échanges entre femmes de bonne volonté avec qui la concurrence ou la jalousie n’existe pas, mais au contraire une saine émulation et de la bienveillance. Bien sûr, je ne suis pas naïve ni tombée de la dernière pluie, c’est le groupe idéal que je décris et la réalité n’est pas toujours aussi simple dans beaucoup de clubs. Au moins, nous savons vers quel idéal tendre. 

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Cela m’a fait bien plaisir de rencontrer les sœurs Polly Minick & Laurie Simpson à Nantes ! Toujours ensemble, elles présentaient leur dernier livre, un recueil de leurs beaux ouvrages en bleu & blanc (sans explications). A feuilleter sans modération !

La semaine dernière à Nantes, j’ai tellement ressenti cette sororité entre quilteuses, et pas seulement chez les soeurs Minick & Simpson ! Rencontrer en vrai des connaissances auparavant virtuelles et discuter comme si on s’était quittées la veille, se sentir à  l’aise avec celles qui partagent passion et état d’esprit bienveillant, découvrir de nouvelles personnalités oh combien attachantes, pour moi c’était tout cela Nantes, au-delà des merveilleux quilts exposés ou des achats qui nous rappellent cette escapade enchantée. Vous avez ici un aperçu de la belle ambiance avec la vidéo de Quiltmania. Plusieurs personnes ont fait de très belles galeries photos des expositions de ce Salon : pour ma part, je vous renvoie à celle de France Patchwork dans Les News. Merci Edith de faire découvrir -ou revoir- tous ces quilts extraordinaires !

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the_beatles-571.jpgI get by with a little help from my friends,
Mm I get high with a little help of my friends,
Mm gonna try with a little help from my friends.

J’y arriverai avec un peu d’aide de mes amis,
Je m’améliore avec un peu d’aide de mes amis,
Je vais essayer avec un peu d’aide de mes amis.
The Beatles

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Sororité encore, dans son acceptation globale de communauté des femmes, car nous savons trop bien que nulle n’est à l’abri d’un cancer du sein : un petit geste symbolique et utile, pour nous qui savons coudre, c’est faire un coussin-cœur*. Ici dans le département de la Haute-Garonne, nous allons les réunir en profitant de la structure de délégation France Patchwork et nous les offrirons à La Ligue contre le Cancer en fin d’année. Ils seront alors redistribués à celles qui en auront besoin. 

*Partie des Etats-Unis, cette opération a été relayée en Europe par le Danemark, puis l’Allemagne et enfin grâce à Rita Kirchmann et France Patchwork sur le territoire national.
Dessiné par un chirurgien américain spécialisé dans les cancers du sein, ce coussin de forme très spécifique est destiné aux malades. La forme et le volume de ce coussin cœur doivent scrupuleusement être réalisés selon le patron. La courbure obtenue de ce cœur est parfaitement adaptée à la morphologie du dessous du bras, il ne doit être ni trop mou ni trop dur. La patiente pourra soulager ses douleurs sous le bras, causées par l’œdème des vaisseaux lymphatiques après une opération du sein. Il soulage également la pression du bras sur les cicatrices. Enfin, il apporte une protection efficace en cas de mouvements brusques ou imprévus et peut être utilisé en voiture, glissé entre le haut du corps et la ceinture de sécurité pour éviter toute pression excessive sur la zone opérée ou traitée.

Ce coussin remis aux femmes opérées d’un cancer du sein qui le souhaitent est un merveilleux petit message de soutien et de solidarité de notre part.

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Depuis des années et tous les ans, quelques délégations France Patchwork réunissent des coussins-cœur dans leur département grâce à la motivation des adhérentes. Nous l’avions fait en 2012 dans toute la région Midi-Pyrénées ; l’année dernière, la délégation FP de la Dordogne a mobilisé ses adhérentes pour réunir des coussins. Les campagnes généreuses de ce type sont multiples, bravo à chacune !

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Une Américaine en Bretagne

Il y en a beaucoup, des Américaines qui aiment comme nous prendre des vacances en Bretagne, notre beau pays complètement à l’Ouest, notre Far-West à nous !

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Pont-L’Abbé, ville idéalement située à l’estuaire de la rivière.

Mais il y en a une qui retiendra particulièrement votre attention en fin d’été : c’est Rayna Gillman. Elle fait partie de ces Américaines attachées à notre pays, aimant notre histoire, nos arts, au point d’avoir fait l’effort d’apprendre notre langue – qu’elle maîtrise parfaitement. Elle a d’ailleurs assuré son premier stage en français l’année dernière en Suisse et mon amie Sophie de Luna Love Quilts y a participé, pour son plus grand bonheur.

Rayna et Sophie se sont retrouvées avec grand plaisir en février dernier à Savannah (Georgie) lors du QuiltCon ’17.

Pour la première fois en France, Rayna propose un stage comme on en rêve toutes : 30 heures de cours répartis sur 5 jours dans un cadre idyllique… Voulez-vous en savoir plus ? Alors allons-y, je vous dis tout !

Tout d’abord, où cela se passera-t-il ?

C’est à Pont-L’Abbé, au cœur de la Cornouaille française, que se situe Le Clos de Lande Vallée, lieu du stage d’été avec Rayna (du 20 au 26 août 2017). Le couple franco-grec qui tient cette grande propriété vous garantit un cocon écologique, confortable, qui vous assurera des repas gourmands aux produits locaux et biologiques. Sur le site, vous trouverez de nombreuses photos des chambres et de la propriété, ainsi que des détails sur les prestations diverses.

L’atelier bénéficie d’un cadre naturel privilégié, et en-dehors des cours, vous pourrez vous promener dans la vieille ville de Pont l’Abbé, la capitale bigoudène (nous en avions parlé ici!), le long du GR34 ou sur les plages (Ile Tudy, Ste Marine, Bénodet, Loctudy, Pointe de la Torche…). C’est un coin cher à mon coeur ! Vous y vivrez une expérience de Quilt Camp à l’américaine, chaleureuse et formatrice.

Qui est Rayna Gillman ?

Rayna Gillman est une artiste d’envergure internationale, connue pour la qualité de ses stages, ses expositions et parutions dans les magazines spécialisés ; ses deux livres sont des succès de librairie :

Que vous proposera Rayna ?

Tout d’abord, de l’amusement ! Dans ses livres comme dans ses stages, elle préconise la coupe à l’œil et à main levée, la composition au fur et à mesure dans le but d’apprendre à vous faire confiance et vous lancer dans la création. Une expérience éminemment formatrice ! Chacune repartira avec de nouvelles idées, des envies de nouvelles expériences. Rayna respectera vos goûts et votre personnalité tout en vous offrant ses trucs, son expérience, son talent… Elle qui aime pour toujours les quilts traditionnels, elle sait le chemin qu’on peut faire vers des créations plus personnelles et enrichissantes.
Le stage sera mené en français, mais aussi en anglais s’il y a des personnes anglophones. Pour préserver la qualité de l’enseignement et tenir compte de la personnalité de chacune, le nombre de stagiaires est limité à 10 personnes.

Coût de l’enseignement : 330 € – Hébergement en pension complète à partir de 420 € (voir tous les détails par ici). C’est bien sûr un certain budget, mais vous pouvez souffler cette idée à vos proches si votre anniversaire approche, ou pour la Fête des Mères… Et puis, vous pouvez vous offrir de belles vacances comme celles-ci, parce que vous le valez bien !

EDIT du 30 avril : le stage est complet !

Bulletin d’inscription ici 

Parapluie

Ces jours-ci, le parapluie est de rigueur un peu partout en France. Ne vous en plaignez pas trop, la Nature a besoin d’eau ! Je ne me lasse pas de la gaieté de Gene Kelly dans Singing in the Rain : 4 mn 35 de plaisir vintage !

Ce film est sorti en 1952.

Autres parapluies, ceux de Cherbourg évidemment, une des comédies musicales françaises délicieusement désuètes :

Enfin une comédie musicale française!, s’est-on dit à la sortie du film en 1964. Ce film gagna la Palme d’Or de Cannes cette année-là.

La première référence écrite à un parapluie date du 1er siècle, en Chine. Chez nous, c’est au 15e siècle que cette protection contre les intempéries commence à être utilisée.

Elégance à la française dans les rues de Paris, peint par Gustave Caillebotte en 1877. Ce tableau est à Chicago.

Les Anglais (experts en matière de pluie) les ont même utilisés comme outil de guerre ! Non pas en tant qu’armes, mais en protection de la poudre qui resta sèche lors de la bataille de Toulouse le 10 avril 1814 (les Anglais contre l’armée napoléonienne en déroute, après l’effroyable guerre d’Espagne). Les Anglais avaient réquisitionné les grands parapluies des bergers des Pyrénées !

Mais ce qui nous intéresse le plus, ce sont les parapluies vus dans les quilts, n’est-ce pas ? Alors en voici quelques-uns :

Dans les années 1930, le bloc de l’Umbrella (=parapluie) était très populaire ! Celui-ci est de la collection de Stella Rubin.
Dancing Umbrella Quilt d’Edyta Sitar est plus récent mais dans le même esprit.
Ce charmant panneau vient du Quiltmania n° 28 et cette photo de ce blog. Il y en a d’innombrables versions, signe du succès !
Terry Aske fit une série de mini-quilts sur le thème du parapluie, en voici deux.
Terry Aske
Shasha Shaikh est une artiste d’origine indienne qui vit à Paris. Elle fait elle-même ses batiks au procion. Ce beau tableau mesure 49 x 53 cm.
Impressionnant travail textile de Danny Amazonas, que j’avais évoqué par ici à la suite de l’article d’Emma qui me l’avait fait découvrir ! Détail du quilt ci-dessous.
Rain II, Danny Amazonas
Ce magnifique bloc n’est qu’une toute petite partie d’un sampler d’esprit japonais fait par Julie, Australie.

Nous pourrions continuer ainsi longtemps, tant le sujet est riche dans le monde entier ! Cependant, Hawthorne Threads a appelé sa nouvelle gamme de tissus Parapluie (en français, s’il vous plaît !) pour évoquer notre belle capitale, au son de l’accordéon, des macarons à faire saliver les moins gourmandes et un air du temps qu’on peut encore savourer parfois…

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En suivant ce lien, vous verrez en 1mn30 de bien jolis tissus et une mise en scène toute charmante ! 

Alors, malgré la pluie, belle journée à vous !