Christiane s’inspire de Gwen

Un jour, j’ai reçu un gentil mail d’une personne qui voulait avoir quelques renseignements sur un quilt en photo dans le Simply Moderne n°5. Pourquoi à moi ? Parce que c’était un quilt de Gwen Marston et j’ai la plupart de ses livres ! Voici la photo :

Pour info, on peut voir ce quilt en particulier dans le livre Liberated Medallion Quiltmaking, page 38. Il y a la photo légendée, mais pas d’explications pour le faire. C’est clairement d’inspiration Amish avec presque tous les tissus unis, sauf le noir du centre qui est un imprimé très discret ton sur ton.

Différent mais dans le même esprit, Sujata Shah a créé son logo ainsi :

Infinies possibilités sur un même thème !

Christiane s’est donc inspiré de la photo pour réaliser un quilt pour une amie… Quel beau cadeau !

Pour convenir à l’intérieur de son amie, la couleur dominante est ici framboise écrasée. Christiane a bien respecté la liberté de coupe des tissus et a osé associer l’orange au rose vif… comme Yves Saint-Laurent ou Christian Lacroix !

Cerise sur le gâteau, oh pardon sur l’étiquette :
Merci d’avoir partagé ce quilt avec nous Christiane, et bravo !

Occitanie, le top prend forme !

J’ai fini le patchwork du top d’Occitanie, notre région :

Top Occitanie, la Ruche des Quilteuses

 

Il est de 9 blocs au lieu des 16 prévus, pour rester en deçà des 140 cm de côté exigés pour les expositions Fibre Occitane, dont je vous parlerai prochainement. Il me reste à appliquer une croix occitane dessus ! Ce top est réalisé avec la technique expliquée dans le livre suivant :

Final Cover

Je ne vous aurais pas montré ce top en cours de réalisation si je n’avais pas eu cette excellente nouvelle : la talentueuse quilteuse Sujata Shah, qui avait contracté la maladie de Lyme, a été guérie par une intensive thérapie d’antibiotiques ! Ainsi elle peut poursuivre son tour d’Amérique, ses stages, ses conférences… Jamais elle n’aurait cru que la publication de son livre la mènerait à un tel succès ! De nouveau, avis aux éditeurs français !…

La maladie de Lyme, méconnue en France

Savez-vous ce qu’est cette maladie ? On l’attrape via les tiques, ces acariens qui prolifèrent en Europe et au nord-est des USA. On l’appelle Lyme, du nom d’une petite ville du Connecticut – où on découvrit le rôle de ces bestioles dans la maladie de nombreux enfants de la ville vers 1975, ce n’est pas vieux – ou encore borréliose (la borrélie étant la bactérie infectante).

Je ne veux pas vous faire peur mais vous informer : mieux vaut prévenir que guérir, tout particulièrement cette maladie, je vous assure. Ce qui m’énerve, c’est la discrétion française, alors qu’il y a 20 ans déjà, je lisais à chaque entrée de forêt en Allemagne des pancartes avec des conseils de prévention sur les Zecken – les tiques. Ne négligez pas de vérifier tout votre corps (et celui de vos proches, particulièrement les enfants) après une balade en forêt ou dans des herbes, et si vous voyez une petite tâche foncée, regardez de plus près si ce n’est pas une tique accrochée. Pour l’enlever :

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… ce petit appareil, en vente en pharmacie, est très utile pour éviter d’y laisser la tête. On coince la bestiole dans le pied de biche, on tourne et elle se détache en entier (très important). Ici une vidéo ! Ensuite, pas d’émoi, écrasez-la bien et désinfectez votre peau. En agissant vite (il paraît qu’on a 18 heures pour réagir), la tique n’aura pas le temps de vous transmettre les éventuelles vilaines bactéries qu’elle peut transporter, celles qui donnent la maladie de Lyme, mais aussi d’autres.

Idem pour beaucoup de mammifères, les chiens peuvent contracter la piroplasmose, toujours via les tiques, contre laquelle votre vétérinaire peut proposer maintenant un vaccin. Encore cher mais qui peut éviter des drames. En revanche, le vaccin pour humains contre l’encéphalite à tiques (et non la maladie de Lyme contre laquelle on n’a aucun vaccin) est encore très controversé. Alors le maître-mot est PRÉVENTION, regardez-vous après chaque balade et si une morsure de tique est accompagnée de rougeurs les jours/semaines/mois suivants, allez voir un médecin très, très vite.

Pourquoi parler de cette maladie ? Parce qu’une de mes amies quilteuses vient d’annoncer sur son blog qu’elle est atteinte de cette maladie ; depuis quelques semaines, elle subissait d’intenses fatigues dont l’origine est maintenant trouvée. Parce que ma fille a vacciné sa chienne qui attrape souvent des tiques dans la forêt. Parce que, comme le nuage de Tchernobyl, le problème semble s’arrêter à la frontière française.

Depuis plus d’un an, j’entretiens une amitié suivie avec cette quilteuse que je contribue à faire connaître en Europe. Heureusement, elle se fait traiter à temps et son traitement actuel (plusieurs semaines d’antibiotiques) a toutes les chances de réussir et lui redonner vite tout son entrain. Les médecins de sa région sont très concernés par cette maladie et ont un protocole bien rodé. Les cas sont malheureusement très nombreux dans le nord-est des Etats-Unis, mais on ne les ignore pas, heureusement !

Merci de prendre le réflexe de vous surveiller et rester vigilants après chaque sortie en forêt ou dans de hautes herbes. Ne paniquez pas si vous trouvez une tique sur vous, j’en ai déjà eu sans conséquence, mais suivez les conseils ci-dessus… 

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Pour rester dans le thème de la balade en forêt mais de manière plus légère, voici un quilt que j’aime beaucoup :

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Bright Birch Trees, ou Bouleaux Clairs, ouvrage d’Amanda Jean, la brillante créatrice du blog Crazy Mom Quilts.

Pour soutenir les efforts des quilteuses créatrices que j’aime, j’achète régulièrement des modèles, même si je devine bien souvent comment faire ! J’ai donc acquis ce PDF et commencé à faire quelques blocs. C’est un grand amusement… qui prend tout de même beaucoup de temps ! Pour aller plus vite, il est judicieux de préparer plusieurs troncs à la fois, avec de larges bandes cousues les unes au-dessus des autres puis redécoupées dans l’autre sens. Je vous montrerai ma forêt une fois terminée !

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Des quilts en Inde, des traces d’universalité

Le point avant, le point universel… non seulement pour l’assemblage invisible de deux pièces, couture basique, mais aussi pour la consolidation d’un tissu ou de plusieurs couches de textiles, en matelassage ou quilting, appelez-le comme vous voulez ! Les quilts bosniaques dont on parlait au début des années 2000, le boutis comme le trapunto, le kantha bengalais, le sashiko japonais… Tous ont pour base le point avant, le point qui court, running stitch en anglais, que je trouve si imagé que je le présente ainsi aux enfants ! Point indispensable, rapide, à la fois utile et décoratif.

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Bosna quilt, quilt d’exposition reprenant les codes des quilts utilitaires du pays.

 

Sampler de motifs de sashiko
Sampler de motifs de sashiko
boutis modèle Nicole Astier-fait par Danyl
Extraordinaire boutis, vu en transparence. Je ne sais pas si Danyl l’a fait au point avant, point traditionnel, ou de piqûre, plus solide. Art raffiné à la Française…

On appelle kantha une broderie au point avant, faite à l’origine pour maintenir ensemble des morceaux de tissus de toutes sortes sur plusieurs épaisseurs. On peut penser à une similitude avec les Boros du Japon, dont on a longuement fait état les années précédentes. Cette année à l’Aiguille en Fête, il y avait, parmi de nombreuses autres merveilles d’Orient, des Kanthas récents qui étaient tous à vendre. Ici plusieurs formes de formes de broderies kantha, faites pour l’exportation, sont réalisées sur un grand panneau textile :

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Beau motif de coquilles sur un tissu teint en bandes verticales roses et vertes.
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Tissu uni clair, entièrement décoré de points avant. Certains remplissent les espaces, donnant un effet d’impression du tissu.
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Trois couleurs de fils pour un effet géométrique

Même couleur de fil pour un mélange géométrique et figuratif qui doit être très amusant à inventer au fur et à mesure :

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IMG_7044Les kanthas peuvent aussi être ainsi :

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Motif figuratif élaboré aux belles couleurs !

 Grâce à des associations, le kantha est un savoir-faire qui est actuellement sauvé de l’oubli. A l’origine humble piquage d’étoffes usagées cousues ensemble pour protéger et embellir les personnes et les objets, les qualités décoratives de ces textiles les érigent en objets de collection. Vous en saurez sans doute plus, très prochainement, dans la presse spécialisée ! 

Si le kantha provient du Bengale, vaste territoire partagé entre l’Inde et le Bengladesh, on trouve ailleurs en Inde, plus à l’ouest, des patchworks quiltés. Il y a un air de famille en raison des points avant omniprésents, ainsi que l’origine indienne. Des différences aussi, mais on peut trouver toutes les variantes qui font que toutes ces pratiques ne sont pas éloignées ! Quelques patchworks indiens étaient exposés l’année dernière, toujours à l’Aiguille en Fête, mais aussi en Alsace en 2013 à l’occasion de la sortie du livre de Geeta Khandelwal :

Livre bilingue Godharis, nous faisant voyager dans l'Inde centre-ouest.
Livre bilingue Godharis (Quiltmania), nous faisant voyager dans l’Inde centre-ouest. A côté, mes jolis tissus Neelam, des unis tissés-teints aux couleurs naturelles. Il me tarde de commencer quelque chose avec eux !

Comme un carnet de voyage, Geeta nous raconte un périple dans un monde rural varié, aux femmes qui confectionnent des godharis, des quilts en bon français ;-). Jamais ces quilts ne sortent du village, ce sont des objets utilitaires. Ils sont faits principalement de restes de saris, coupés sans ciseaux (le tissu est entamé par une lame de rasoir, puis déchiré), mesurés à l’aune du doigt, de la main, de la coudée… Alors évidemment on ne peut attendre un piécé absolument rectiligne. Mais qui s’en soucie ? Les godharis sont là pour tenir chaud, un point c’est tout ! Certaines nuits, même au coeur de l’Inde, il peut faire bien frais.

Geeta
Geeta Khandelwal, auteur du livre Godharis.

Pour maintenir les couches textiles entre elles, le quilting est soutenu, avec des points avant qui courent parallèlement puis changent de sens, juste pour suivre un motif ou pour le plaisir :

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On aperçoit l’assemblage du même tissu, quilté avec des fils changeant parfois de couleur… et de direction ! Photo Sujata Shah en Inde.

Un motif dessiné, cousu, montré plusieurs fois dans ce livre me rappelle un modèle de quilt qui fit grand bruit il y a quelques années dans Quiltmania, dont un bloc de patchwork était en forme de svastika… d’ailleurs pas vraiment, mais le quilt était nommé ainsi (Quiltmania n° 52). Dans le numéro suivant, des excuses étaient présentées. C’est toujours en Inde un signe extrêment bénéfique, ainsi que dans le boudhisme et de nombreuses civilisations passées ou actuelles (dès le néolithique, et aussi notamment chez les Navajos, les Kunas, etc.). De ce beau symbole universel, notre plus sombre histoire du 20e siècle en a fait un signe honni, ce qui a pour conséquence qu’en Occident on ne peut plus se permettre de l’utiliser…

Vous découvrirez dans le livre certains Godharis extrêmement proches de quilts américains. Peut-on imaginer des quilts ayant voyagé, ou des quilteuses d’un pays ou l’autre ayant transmis ses connaissances ? L’auteur pense plutôt à l’universalité de certains motifs, vérifié maintes et maintes fois…

Universalité des choses, c’est ce qui m’a traversé l’esprit en lisant ce livre sur les femmes en Inde peu après celui de Roderick Kiracofe qui raconte un peu la même histoire dans les Etats-Unis ruraux. Universalité de la géométrie et de l’esthétique, quand j’ai vu des photos de godharis qui ressemblent un peu au quilt fait pour ma fille :

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Godhari
Katell Renon
Petit air de ressemblance, n’est-ce pas ?… 10 ans de lavages l’ont rendu moins flamboyant qu’à l’origine. Il est quilté à gros points au coton perlé, il n’a pas de nom mais je l’appellerais bien Godhari maintenant !

Un coucou à Sujata Shah, actuellement en voyage en Inde, qui a eu la chance de rencontrer Geeta Khandelwal la semaine dernière. Voyez son article ici, avec de très belles photos. Elle se sent tellement liée aux deux pays qu’elle peut résumer ses influences ainsi :

facebook the root connection

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Mais oui je l’ai reçu…

… Quoi donc ? Le cadeau de Sujata ! Et même avant Noël !

Je suis vraiment pleine de reconnaissance envers ma nouvelle amie « de l’autre côté de l’Océan ». Sujata est une femme exquise, extrêmement sensible et d’une admirable ténacité tout en douceur.

Ce que vous n’avez pas vu de ce quilt, c’est le matelassage à la main :

Ruche Quilteuses - Sujata Shah
Un coton perlé fin et coloré anime tout le miniquilt. Sujata ne l’a fait qu’une fois le tirage au sort effectué : ainsi, elle m’a dit avoir pensé à moi, l’heureuse destinataire, à chaque point, et donc aussi un peu à la France…

Ni le tissu de dos :

Ruche Quilteuses - Sujata Shah
Un magnifique tissu indien avec des éléphants a été choisi par Sujata pour le dos : merci, quel raffinement !

Et le savez-vous ? En décembre, c’était le livre de patchwork le plus vendu sur amazon.com ! Les quilteuses savent ce qui est vraiment bien et le bouche à oreille (ou le blog à blog) fonctionne à fond !

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Après la richesse des décorations de Noël, j’avais envie de gaieté et de modernité, j’ai donc ressorti un quilt fait d’après Bernadette Mayr, les coquelicots. Ils vont si bien ensemble !

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Mon premier tableau de coquelicots est sur fond noir et ressemble beaucoup à l’original de B. Mayr (Patchwork Fleuri, SAEP, 2006). Il est maintenant dans la chambre de ma fille à Paris. Celui-ci, sur fond gris, a été fait en tandem avec Madeleine : nous avons partagé les tissus et fait des faux-jumeaux !

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Voici Sujata à la sortie de son livre, toute émue d’être éditée !

Nous n’avons pas fini d’être contaminées par sa joyeuse manière de faire du patchwork, c’est si agréable ! Déjà, Claude Allard a créé une trousse pleine de gaieté, sans mesure ni stress (coupant au cutter, juste au coup d’oeil et à main levée), au lendemain de la réception de son exemplaire de Cultural Fusion Quilts :

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Merci de nous inspirer Sujata, et bon séjour en Inde, ton pays natal !

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Des couleurs pour 2015 !

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Abeille toujours butinante, c’est Kristine qui, de la part de la Ruche des Quilteuses, vous souhaite ses :

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Le quilt entr’aperçu dans cette carte a une histoire qui commence ici :

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Quilt fait pour une fille de Kristine  

cover_haeuser-patchwork_sCet automne, Kristine a réalisé un quilt d’après Bernadette Mayr, notre chère inspiratrice allemande. L’original s’appelle Manhattan et a été primé aux Etats-Unis (paru dans son livre Häuser-Patchwork).  Il a fallu le concours des Abeilles pour réunir autant de tissus unis et nous avons eu le plaisir de voir les fenêtres se multiplier au fil des semaines…

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Le plus amusant est que Kristine a sorti de son armoire un gilet fait dans les années 80 d’après un modèle 100 Idées… Parfait pour nous présenter son quilt !

En cousant ses petites fenêtres, il restait à chaque fois de toutes petites bandes de tissus unis… Ne jetant rien et inspirée par le livre de Sujata tout juste reçu, Kris a rapidement assemblé les mini-pièces à la main, puis quilté à la manière Kantha (points avant aux lignes resserrées, broderie originaire du Bengale) :

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Vive le patchwork !

Que votre année soit remplie de projets enthousiasmants !

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