Unforgettable

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Unforgettable, inoubliable, c’est le nom donné à l’exposition cuvée 2016 de quilts historiques au Welsh Quilt Center (le Centre des Quilts Gallois) créé et toujours dirigé par Jen Jones. Cette exposition est à voir à Lampeter du 5 mars au 5 novembre, du mardi au samedi (11 h – 16 h 30 sauf jours fériés).

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Pour mémoire : le Pays de Galles (Wales) est une partie du Royaume-Uni, ici avec un dessin de dame au chapeau haut. Ce territoire conserve beaucoup de particularités celtiques, comme sa langue gaélique encore vivace de nos jours. Lampeter est du côté du S de Wales !

D’inoubliables quilts anciens gallois, souvent récupérés au fin fond des granges et des étables, sont exposés et montrent des couvertures finement matelassées.

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Le quilting très complexe, fort décoratif qui ne suit pas les dessins faits par le patchwork sont typiques de cette terre celtique. (photo)

Je ne peux m’empêcher de me rappeler que plusieurs spécialistes, parmi lesquels Jen Jones, soupçonnent que ce sont ces quilts gallois qui inspirèrent le style Amish… J’avais déjà évoqué ces fortes présomptions ici et mon amour des quilts gallois par là.

Parfois parfaitement piécés, souvent de guingois comme tant de quilts anciens, ils sont tous quiltés étroitement pour contenir le remplissage fait de chutes de laine : nous sommes dans un pays riche en moutons et on utilise ce qu’on a sous la main !

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Peinture de Valériane Leblond qui évoque la proximité des moutons et des quilts au Pays de Galles. Comme à l’accoutumée, Valériane a peint un quilt de la collection de Jen Jones ! Valériane fut la première artiste à exposer temporairement cette année, d’autres se succèdent tout au long de l’été.
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Paysage automnal aux moutons, Valériane Leblond
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L’heure de la tonte, Valériane Leblond.

Les tableaux disponibles de Valériane Leblond se trouvent dans sa galerie.

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Richesse des scrap-quilts… Il arrive que ces quilts soient assemblés à la machine à coudre, mais ils sont toujours quiltés à la main (photo)

Cette exposition inoubliable fait le lien du savoir-faire gallois en matière textile, montrant également une collection de costumes anciens, souvent faits des mêmes tissus que les quilts, ainsi que des chapeaux, marque distinctive de la femme galloise du XIXe siècle.

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Documents montrant des femmes du Pays de Galles avec leur chapeau si caractéristique.

_41786128_welshhat3.203Pourquoi ces chapeaux ? Le spécialiste Michael Freeman convient que son origine reste quelque peu mystérieuse. Ce chapeau de feutre faisait partie des vêtements de sortie ou du dimanche et sa forme était peut-être copiée des chapeaux hauts portés par les cavalières fortunées, mais pourquoi ?… Il n’en reste pas moins que le chapeau gallois féminin reste très populaire dans les mémoires, symbole de fierté et d’appartenance au pays. Sa production est limitée dans le temps, apparemment des années 1830 aux années 1880. Ensuite, le port du chapeau s’est limité à des manifestations exceptionnelles et ils étaient donc précieusement conservés.

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Les jupes, les tabliers, les châles à carreaux ou à rayures, couronnés du fameux chapeau, constituent le costume traditionnel du XIXe siècle du Pays de Galles. (photo)
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Femmes filant la laine et prenant le thé
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Les sœurs Modryb en 1872 (Martha, Nelly et Gwenno). Nous notons la présence d’un bonnet blanc sous le chapeau.
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Nous voyons bien ici l’association des rayures, des carreaux, des imprimés fleuris… base de quilts à venir !
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Photo du site Welsh Quilt Center

Des stages, ainsi que des œuvres d’artistes contemporains complètent cette exposition inoubliable :

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Bedtime Blues, détail, Wendy Greene, une exposante parmi beaucoup d’autres !

Le Challenge Jen Jones 2016 : faire un quilt inspiré d’un de ceux de la collection de Jen Jones… C’est faire un peu comme Valériane Leblond, prolonger la beauté des quilts créés naguère en leur donnant une autre vie ! Tout renseignement complémentaire par ici . Vous serez peut-être tenté(e), à votre tour, de faire un quilt inoubliable…

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NB : Susan Briscoe a récemment visité cette exposition, voyez son beau reportage par ici !

Amazing Amish Grace

Même si vous n’avez jamais mis les pieds dans un temple ou une église, vous connaissez certainement ce chant religieux, Amazing Grace. Il fut même chanté a capella par le Président Obama en hommage aux victimes de la fusillade survenue voilà 7 mois à Charleston (Caroline du Sud), dans une église. Le tueur voulait démontrer la suprématie blanche, il a donc tué 9 personnes noires. Tel est notre monde, avec un certain nombre d’éléments bien foireux. Nous en avons malheureusement bien trop d’exemples récents.

La mélodie est prenante, gracieuse, et en voici le texte traduit :

Grâce étonnante, au son si doux,
Qui sauva le misérable que j’étais ;
J’étais perdu mais je suis retrouvé,
J’étais aveugle, maintenant je vois.
C’est la grâce qui m’a enseigné la crainte,
Et la grâce a soulagé mes craintes.
Combien précieuse cette grâce m’est apparue
À l’heure où pour la première fois j’ai cru.
De nombreux dangers, filets et pièges
J’ai déjà traversés.
C’est la grâce qui m’a protégé jusqu’ici,
Et la grâce me mènera à bon port.
Le Seigneur m’a fait une promesse,
Sa parole affermit mon espoir;
Il sera mon bouclier et mon partage,
Tant que durera ma vie.
Oui, quand cette chair et ce cœur auront péri
Et que la vie mortelle aura cessé,
Je posséderai, dans l’au-delà,
Une vie de joie et de paix.
La Terre fondra bientôt comme de la neige,
Le Soleil cessera de briller,
Mais Dieu, qui m’a appelé ici-bas,
Sera toujours avec moi.

Ce chant a une belle histoire, à l’américaine. Il était une fois, au milieu du 18e siècle, un capitaine britannique de navire négrier, paillard et débauché. Après avoir survécu à une terrible tempête en mer il a reçu la grâce, s’est converti, est devenu prêtre anglican et militant contre l’esclavage ! John Newton écrivit ce texte plein de références au Nouveau Testament en 1760, mais la mélodie que nous connaissons, écrite en 1835 par William Walker, provient du mélange de plusieurs chants anglo-celtiques.

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Ce bijou est devenu à part entière un trésor du patrimoine culturel américain populaire, chanté avec ferveur bien au-delà de considérations religieuses. Les peuples celtiques le revendiquent toujours, les Noirs américains le chantent en gospel, c’est un monument musical apprécié de tous. A chaque mouvement racial, à chaque revendication pacifique, quelqu’un lance cet hymne au rassemblement pour la paix et l’espoir malgré les épreuves. Il est joué, chanté 10 millions de fois… par an !

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Amish Grace, tel est le nom de ce quilt présenté par Simply Moderne (n° 3). Je n’ai pas pu m’empêcher de rapprocher ce titre de celui du chant ! Amish par l’utilisation d’unis denses, gracieux par son élégance, il attire l’œil avec ses tons chauds réconfortants. Contrairement à ce que j’imaginais, les quarts de rond ne sont pas piécés comme pour un Chemin de l’Ivrogne, mais appliqués. Toutes les explications sont dans le magazine, mais si vous souhaitez un coup de pouce pour le réaliser, rejoignez mes copines Béa et Cécile ! Elles vont commencer ce quilt en février et proposent de le faire en « quilt along » (quiltons ensemble), avec des rendez-vous à chaque étape. Excellente initiative !

Béa : Une Aiguille dans une Botte de foin
Cécile : Patchwork Inspirations

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Photo montrant un détail du quilt avec d’autres nuances de couleurs : est-ce le même, ou son frère ?

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Amish Grace, c’est aussi un film reprenant un terrible fait divers… Encore une tuerie sur fond d’intolérance de la différence.

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Mieux comprendre l’esprit Amish…

A la suite de l’article précédent sur les blocs d’humilité, le journaliste-conférencier Jacques Légeret m’a adressé la photo d’un quilt qu’il aime particulièrement :

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Quilt cousu par Rachel Stoltzfus dans les années 1990.

Voici ce qu’en dit Jacques Légeret :

Rachel, que j’ai bien connue ( de plus c’était une excellente cuisinière….), éclatait de rire quand on lui demandait si elle faisait des erreurs “on purpose” et nous montrait simplement le tas de petits bouts de tissus dans lequel elle puisait. On voit bien notamment que les verts sont de tonalités différentes, etc, ce qui justifie l’appellation “d’art de la récupération” ou mieux “d’art de l’économie”.

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Tableau naïf, image idyllique de l’Amish Way-of-life… Artiste : Judy Wickersham Schauermann

On croit souvent « connaître » les Amish quand on fait du patchwork ou du point de croix. Une vie bien calme, ordonnée, bucolique, simple et heureuse : beaucoup de folklore est suggéré, mais ce n’est que l’écume des choses… 

logo-patchworkCette année, on célèbre les 20 ans du Carrefour Européen du Patchwork à Sainte-Marie-aux-Mines et dans tout le Val d’Argent. Vous êtes nombreux à savoir que le lieu fut initialement choisi car il est le berceau du mouvement Amish, branche dissidente de l’Eglise réformée.
L’histoire du Carrefour Européen du Patchwork est intimement liée aux Amish puisque c’est à la suite des célébrations de la naissance de ce mouvement à Sainte-Marie-aux-Mines (300 ans en 1993) que naquit l’idée d’une manifestation artistique annuelle autour du patchwork : l’Association Française d’Histoire Anabaptiste et Mennonite avait invité le collectionneur suisse Jacques Légeret à exposer des quilts amish qui firent sensation… Cette année donc, nous aurons droit à la 21e exposition de quilts amish pour les 20 ans du Carrefour !

On sait que beaucoup d’Amish partirent vers le Nouveau Monde à partir du début du XVIIIe siècle afin de trouver un lieu de tolérance… Vous pouvez trouver un historique précis en français dans ces livres :

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Edition Labor et Fides – 2000
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Edisud – 2005

 

Croyez-moi, ces livres sont vraiment passionnants ! Celui de gauche, l’énigme amish, est une analyse fine, très complète du mouvement amish et de ces gens qui veulent vivre en accord complet avec leurs convictions. De nombreux sujets sont abordés avec beaucoup d’empathie mais aussi suffisamment de recul. Très sensible notamment est le thème de la place de la femme amish. Le féminisme n’est pas passé par là dans cette société restée patriarcale, mais c’est aussi un choix de vie… L’Ordnung, les règles qui régissent l’organisation de leur société, est certes rigide, mais c’est un cadre qui les rassure.
Le livre de droite, Les Amish et leurs quilts, nous offre, outre un texte tout aussi intéressant, de sublimes photos de quilts amish…
On peut encore se procurer ces livres, ainsi que le premier édité : « Quilts amish », Catherine & Jacques Légeret, éditions Labor et Fides – 2001. A commander en librairie ou sur votre site préféré…

Actuellement, le mouvement amish se porte très bien, trop bien même ai-je presque envie de dire ! Après une désaffection des jeunes pendant de nombreuses années, les adolescents, au moment de leur choix de vie, décident majoritairement de devenir amish. Notre vie occidentale étant devenue bien rude, individualiste et violente, elle n’attire plus ces jeunes, élevés avec de toutes autres valeurs… Cependant, il devient difficile pour chacun de s’installer en tant que fermier avec suffisamment de champs pour faire vivre sa famille, le prix des terres agricoles est élevé et le patrimoine familial ne suffit pas pour 3, 4 ou 5 fils…

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Lone Star. Laine et batiste de laine. Lancaster County, Pennsylvanie. 214 cm x 237 cm Confectionné en 1990 par Katie Esh, alors âgée de 79 ans et dont ce fut le dernier quilt.

Si les quilts amish vous paraissent trop sombres, c’est que vous n’avez vraisemblablement pas eu l’occasion d’en voir « des vrais », je veux dire que les plus traditionnels sont faits de tissus en laine qui s’imprègnent intimement de la teinture et restituent des couleurs extraordinairement denses et vibrantes… Ne nous fions donc pas aux photos ! Alors si vous avez la chance d’aller à Sainte-Marie-aux-Mines le mois prochain, vous pourrez admirer une grande sélection de quilts amish de la collection de Jacques Légeret sur le thème » Zigzag en pays amish »  et assister à sa conférence :

« Les Amish : une société à part, des quilts à part » – Conférence samedi 20 septembre 2014 à 11 h 30
Conférence en français – Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines, 1er étage – 8,50€

Pour ma part, je ne manquerai pas ce rendez-vous !

Au Carrefour Européen du Patchwork, nous aurons aussi cette année deux conférences ayant pour thème l’éducation des enfants amish :

* »Grandir dans la Lumière : la spiritualité de l’école amish » – Conférence de François Caudwell (AFHAM) le 19 septembre à 14 h 30
Conférence en français – Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines, 1er étage – 8,50€

 * »Plain teaching, les outils pédagogiques dans l’école amish » – Conférence Alex Neff  le 20 septembre 2014 à 14 h 30
Conférence en français et anglais – Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines, 1er étage – 8,50€

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Reconstitution d’une salle de classe amish – Photo de l’Association Française d’Histoire Anabaptiste et Mennonite (AFHAM)

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Vous ne pouvez vous rendre en Alsace en septembre ? Quel dommage ! Sachez que Jacques Légeret peut se déplacer partout en France pour assurer des conférences et expositions, contactez-le ici !

Une excellente nouvelle pour le sud-ouest :  du 7 au 11 novembre, expo-conférence de Jacques Légeret au Centre des expositions et Congrès de Bordeaux !

Merci Jacques pour votre confiance et votre sens du partage !

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L’esprit d’un quilt

Aujourd’hui, je vais peut-être me faire rabrouer, voulant casser un mythe encore bien ancré en France… auquel j’ai cru moi aussi dur comme fer !

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Ce quilt comporte un bloc « mal » fait sans intention préalable, comme beaucoup de quilts anciens. La symétrie étant rompue, cela se voit si on cherche ! Voyez ici ce qu’en dit la quilteuse

Toute quilteuse a entendu un jour en club ou en atelier, lorsqu’elle a fait une erreur dans un bloc : « soit tu le refais, soit tu dis que c’est ton bloc d’humilité »… et on entend l’histoire bien rodée de l’erreur faite par les quilteuses d’antan, amish ou pas, avec leur humility block placé intentionnellement car Dieu seul étant parfait, une quilteuse ne se permettrait pas de faire un quilt parfait. Mea culpa, je l’ai dit moi-même… et induit en erreur mes amies Abeilles ! Eh oui, ce n’est qu’un mythe à ranger aux oubliettes, désolée…

amish legeretJ’ai eu la puce à l’oreille à plusieurs reprises, notamment en lisant l’excellent livre de Jacques Légeret « Les Amish et leurs Quilts – Passé – Présent » chez Edisud (2005). Interrogeant une Amish dont le Log Cabin comprenait de surprenantes libertés (trois triangles blancs qui attirent le regard : c’est le quilt de la couverture du livre ci-contre), l’auteur entendit la réponse toute simple de la quilteuse : « Je les ai mis pour me faire plaisir« … Aucune référence à une quelconque crainte de Dieu !

Des historiennes américaines ont cherché l’origine de cette histoire de bloc d’humilité si largement répandue dans les livres des années 1980, les premiers de ma bibliothèque. Notre chère Barbara Brackman, l’indispensable référence, a trouvé la première allusion à cette idée de détourner « le mauvais oeil » dans un article datant de 1949. Elle associe cette idée avec les marchands de tapis orientaux qui justifient ainsi depuis des lustres les imperfections de leur marchandise…
Mais nulle part on ne trouve, ni dans des textes religieux, ni dans la tradition orale, ni dans la littérature, l’idée de faire exprès de mal faire pour contenter un Dieu ou calmer un diable… jusqu’aux écrits récents dans des livres et magazines sur le patchwork.

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Cette couverture de berceau montre l’assemblage hétérogène de quelques blocs et les teintes variées des noirs plus ou moins délavés. L’art de la récupération prime devant toute autre considération ! Quilt de la collection F & S Brown – Crib quilt de Pennsylvanie, années 1930.

Bettina Havig, autre historienne très fiable, a souvent questionné des quilteuses amish au sujet de ces blocs intentionnellement ratés ou mis à l’envers ou comportant une autre erreur quelconque… La réponse est en substance : on fait assez d’erreurs comme cela, on ne va quand même pas faire exprès d’en rajouter !! Mais aussi, elles restent très modestes quant à la beauté de leurs oeuvres, l’important pour elles étant de rester conformes à leurs principes de minimalisme et de frugalité –tout en réussissant à se faire plaisir en faisant quelques improvisations !

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Ce très beau quilt non amish est magnifique, avec ses multiples triangles et ses variantes de couleurs… Il fait partie de la collection de quilts anciens (fin XIXe siècle) de Bill Volckening, quilteur en Oregon. 
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Ce quilt comporte un bloc plein de « défauts » qu’on ne remarque pas tout de suite ! Si le carré bicolore du haut a pu être mal cousu sans faire exprès, les carrés avec le tissu gris ne peuvent être là par hasard. Et il manque 2 pommes rouges !… Cela participe très certainement à la joie de faire un clin d’oeil dans un travail aussi soigné et remarquable !

Autre historienne de renom, Leigh Fellner a réuni ici les recherches et arguments à ce sujet : le résultat est sans appel, le humility block est une invention de la 2e moitié du XXe siècle.

A mon avis, l’idée du humility block s’est développée parallèlement à l’intérêt qu’on a porté aux quilts amish. Les mots-clés de leur manière de vivre sont l’Ordnung et la Gelassenheit (lire le livre de Jacques Légeret cité plus haut), ce qui inclut en tout premier lieu l’humilité et la modestie… Il est dès lors facile de faire des amalgames…
Et puis, n
e trouvez-vous pas que c’est bien audacieux et condescendant d’accréditer cette histoire ? Si on est croyant, comment peut-on penser que Dieu pourrait « se faire avoir » ainsi, avec un bloc erroné fait exprès ?…

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Que regardez-vous en premier ?… Quilt de Pennsylvanie, 1880, collection Stella Rubin.

Cependant… Observez un quilt « parfait ». Tous les blocs identiques se succèdent sans variation… ni surprise. On peut admirer cette perfection, mais elle est parfois ennuyeuse ! Vous savez peut-être que je suis une fervente supportrice des scrap quilts pour cette raison essentielle qu’on  peut passer beaucoup de temps à les regarder et toujours trouver de nouveaux détails intéressants…

Et souvent, juste un changement de couleur ou de motif intentionnel quelque part dans un quilt traditionnel devient le focus du quilt. De même, on s’amuse de voir l’imperfection d’un quilt qui comporte un bloc mal assemblé passé inaperçu, ou bien que la quilteuse a vu mais n’a pas jugé utile de défaire et refaire… On brode ainsi une histoire sans jamais pouvoir la vérifier… mais quel plaisir d’imaginer cette quilteuse d’un autre temps !
Quelle qu’en soit la raison, l’erreur donne de l’esprit au quilt…  et on revient finalement à une dimension spirituelle !

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Boire ou quilter, il faut choisir ! Logo provocateur de ce blog

De la couette au quilt

Vous souvenez-vous des lits des années 60 ou 70 ? Héritage à la française, tous avaient un drap plat tiré sur le matelas, puis un autre drap au rebord orné -ne serait-ce qu ‘une couture au point de bourdon- et enfin une ou deux couvertures. Des oreillers, un traversin parfois, complétaient le lit pour plus de confort. Un couvre-lit recouvrait le tout le jour. 

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Le Lit de Toulouse-Lautrec (Musée d’Orsay)

Les couettes sont apparues en fin des années 70, avec la mode scandinave, à peu près en même temps que les draps housse à élastiques pour recouvrir les matelas. Révolution pour les jeunes, le lit se faisait en un clin d’oeil ! Pour les lits doubles, les couettes deux places sont rapidement apparues, grandes et pas si faciles à entrer dans les grandes poches (les housses de couettes). Celles-ci couvrent tout le lit, comme un couvre-lit.

1158240472J’ai été étonnée de voir qu’en Allemagne, on ne faisait pas le lit de la même façon que nous. Un lit pour couple comprend un cadre mais deux sommiers, deux matelas… et deux couettes !!

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Voir l’étonnement d’une Française en Bavière ici !

Les Allemands privilégient le pragmatisme : chacun peut bouger sans déranger l’autre, peut avoir une couette plus ou moins chaude… et le changement des draps est bien plus facile ! De jour, chaque couette individuelle (de 150 x 200 cm) est pliée en deux sous l’oreiller. Pratique, oui, mais pas très beau… et pas du tout romantique ! 

Les quilts sont apparus dans les pays de laine, là où sont des moutons : on récupérait les moins belles fibres de laine pour les enfermer entre deux tissus, puis on stabilisait l’ensemble par des points de quilting pour éviter la migration de la laine dans un seul coin. On le comprend bien quand on voit des restes de quilts exposés dans le Musée de Lempeter.welsh 1800

Quilt gallois de la région de Lampeter – 1800 – Laine (Welsh Quilt Center). Une couverture fait office de molleton. Ce style fait irrésistiblement penser à des quilts amish… qui ne commenceront à exister qu’une soixantaine d’années plus tard pour les tout premiers !

Les couettes, elles, sont traditionnellement les solutions calorifères des pays d’Europe du Nord : faute de moutons, oies et canards sont plumés, mangés… Rien ne se perd ! Les couettes les plus légères, chaudes et agréables, étaient faites avec le fin duvet du ventre pour les plus fortunés, le top étant le duvet d’eider (eiderdun en suédois… qui donnera notre mot édredon) ; les plumes, moins douces et moins calorifères, constituaient les couettes ou édredons de moindre qualité. Pour des raisons d’allergies et d’hygiène, on préfère maintenant des couettes synthétiques : coût inférieur, meilleure évacuation de l’humidité, facilité de lavage…amish-diamond-in-a-square_turquoise

Quilt amish, 1925 – Collection Esprit

Les Amish, dont le mouvement fut créé en 1693 en Europe en dissidence des Anabaptistes, sont partis en plusieurs vagues à partir de 1737 vers le Pays de la Liberté, plus particulièrement vers Philadelphie et la Pennsylvanie, avec toutes leurs possessions. Tout comme les émigrants allemands et d’autres pays d’Europe du Nord, les Amish apportaient d’Europe leurs couettes nommées « sac de plumes » (feather-filled bags), ceci étant attesté dans les listes d’inventaires. Ils continuèrent d’en fabriquer en Amérique pour se tenir au chaud jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Pourquoi les femmes Amish sont-elles passées de la couette au quilt ? C’est un des points de la recherche effectuée par Dorothy Osler dans ce livre remarquable Amish Quilts and the Welsh Connection.am-we J’ai reçu ce livre à Noël, je l’étudie attentivement ! A ce sujet, il n’y a pas de raison définitivement arrêtée. Hormis de subtiles raisons religieuses ou idéalistes, on peut avancer que les Amish, pragmatiques comme leurs proches Allemands, quittèrent cette traditionnelle source de chaleur notamment pour des raisons pratiques : on ne peut plus imaginer la puanteur de ces sacs de plumes, surtout neufs, même après le meilleur soin de préparation (nettoyage, séchage au soleil), puis très vite, les moisissures dues à l’humidité… Les quilts de laine puis de coton, à la manière des English et des Gallois (nous y reviendrons un autre jour), sont des améliorations notables au point de vue hygiénique !quilt amish 1925

Quilt amish de 1925 – Collection Esprit

Savez-vous que pour évaluer la froideur d’un hiver, on disait : « c’est un hiver à 3 (ou 4, 5…) quilts » ? Combien de quilts superposés fallait-il pour dormir au chaud dans les « log cabins » ?… Et quand l’hiver glacial se déchaînait comme la semaine dernière, comment ont-ils pu survivre ?…

Si on n’avait pas de quilt, Amish ou pas on avait encore des plumes dans cette Amérique en mouvement :

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Ici des cowboys itinérants avec leur sac de duvet roulé qui leur servait à la fois de matelas et de couverture. Trop volumineux pour être transportés sur le cheval, ils étaient réunis dans un chariot :

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Ah la rude vie des siècles passés !…

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Une jolie histoire des Amish vous est proposée sur ce blog : http://le-fil-des-jours.eklablog.com/histoire-des-amish-etats-unis-a4754459

Grâce aux Quakers, le Rajah Quilt

526_amish_quiltLes quilteuses ont souvent une certaine connaissance du mouvement religieux Amish grâce à l’esthétique particulière de leurs quilts, souvent reconnaissables au premier coup d’œil, probablement inspirés des quilts gallois.

Ces familles d’origine européenne ont codifié leur manière de vivre à l’écart de la société occidentale avec leur propre langue, leur système d’éducation, leur codes vestimentaires, leurs croyances… Pour bien plus de renseignements, vous pouvez lire par exemple les livres de Jacques Légeret (en français).  

quaker oatsBien moins connus du grand public français, les Quakers sont faussement assimilés à une célèbre marque de flocons d’avoine !  Ce sont à l’origine deux fermiers de l’Ohio (même pas quakers!) qui décidèrent de vendre leur meilleure avoine en petits paquets au lieu de grands barils. Comme ils prônaient la haute qualité de leurs céréales, leur honnêteté et leur rigueur dans leur travail, ils choisirent le mot « quaker » pour véhiculer toutes ces valeurs.

la dernière fugitiveLes Quakers attirent mon attention depuis que j’ai lu le livre de Tracy Chevalier « The Last Runaway » (dont la traduction, « La dernière Fugitive », paraîtra le 17 octobre). Si les Quakers américains sont généralement, tout comme les Amish, descendants d’émigrants européens souhaitant vivre leur religion sans entrave, ils sont, eux, pleinement intégrés et acteurs dans la vie sociale et économique de leur pays. Ici vous trouverez un article très intéressant de Sébastien Fath, chercheur au CNRS, sur les Quakers.

En effet, les Quakers sont réputés pour leur honnêteté, leur simplicité vestimentaire, leur égalitarisme et surtout leur idéologie pacifiste. Toutes ces caractéristiques mènent les Quakers à être souvent très actifs au niveau social et à créer de grandes ONG (voir un article ici). 

220px-Elizabeth_Fry_by_Charles_Robert_LeslieUn exemple remarquable de ces activités humanitaires avant la lettre est la vie d’Elizabeth Fry. Née en 1780 dans une famille quaker britannique aisée, mariée à un non moins riche Quaker, cette femme aux onze enfants aurait pu rester confinée dans la vie confortable mais tristounette que lui réservait son niveau social à l’époque pré-victorienne. Mais ses convictions religieuses la mènent à s’occuper très tôt des pauvres, des malades, des prisonniers. Elle réussira notamment à améliorer les conditions de (sur)vie des femmes et de leurs enfants détenus et ouvrira la voie vers l’éveil des femmes, notamment les Suffragettes.

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Hormis la Reine, rares sont les femmes à avoir l’honneur d’être sur un billet de banque anglais. Elizabeth Fry sera progressivement remplacée par une autre anglaise, Jane Austen, à partir de 2017.

Un exemple parmi d’autres, ses idées de dons pour la protection des prisonnières anglaises envoyées en Australie. Savez-vous que des milliers de détenus furent déportés vers ce nouveau continent pour désengorger les prisons londoniennes… et peupler ces terres du bout du monde ? Beaucoup d’hommes, bien moins de femmes. Il en fallait quand même… Alors des femmes de tous âges, souvent inculpées pour de petits larcins, étaient déportées et enduraient d’extrêmes conditions de vie qui les menaient souvent à la prostitution, pour leur propre survie. Elizabeth Fry, avec son association « The Quaker Group », faisait distribuer aux malheureuses exilées en partance forcée tout le matériel pour fabriquer un quilt pendant leur long voyage : des aiguilles, du fil, des tissus, des ciseaux… Elles avaient ainsi une occupation dévoreuse de temps et, à leur arrivée, un bien à vendre (leur propre quilt) pour partir sur de meilleures bases. Il reste peu de témoignages de ces quilts faits entre l’Angleterre et  ses colonies, hormis un ouvrage connu sous le nom de Rajah Quilt.

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Un beau voilier commercial baptisé le Rajah fit un seul voyage d’Angleterre vers la Terre de Van Diemen (devenue par la suite Tasmanie, île faisant partie de l’Australie actuelle) en 1841 en tant que transporteur de prisonniers, 180 femmes en l’occurrence (avec 10 enfants), dont la liste est connue. Parmi toutes ces femmes, vingt à trente d’entre elles firent un quilt en commun dans la pure tradition britannique d’alors avec un médaillon central, du patchwork, des applications, de la broderie perse (applications de chintz), diverses broderies parmi lesquelles un médaillon brodé pour la postérité :

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Fine broderie au fil de soie qui se trouve sur la dernière bordure du quilt.

La traversée dura 15 semaines et à l’arrivée le quilt fut offert à la femme du gouverneur local qui admira la qualité du travail. Puis c’est le trou noir ; le quilt a mystérieusement été redécouvert dans un grenier en Ecosse en  1987 et acquis par la National Gallery of Australia dès 1989.
C’est un immense ouvrage (325 sur 337 cm) et on constate par la différence des points que des femmes très expérimentées tout comme des néophytes ont participé à sa réalisation. Kezia Hayer, qui s’occupait déjà en Angleterre des femmes incarcérées, fut mandatée par Elizabeth Fry pour superviser à bord les conditions de vie des prisonnières et les aider à créer un quilt en commun… La belle histoire est que Kezia épousera 2 ans plus tard le capitaine du Rajah, Charles Ferguson ! Ils eurent 7 enfants, tous nés en Australie.

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Le capitaine Charles Ferguson et Frezia Hayter se marièrent à Hobart, alors encore colonie pénitentiaire, qui est aujourd’hui la ville la plus peuplée de Tasmanie.

Voici donc le Rajah Quilt dans toute sa splendeur :

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Pour les Anglophones, vous pouvez trouver plus de renseignements ici (texte de la National Gallery of Australia)

J’aime également un blog tenu par une généalogiste amateur, quilteuse de surcroît, fière de son arrière-arrière-arrière grand-mère (7e génération) qui était à bord du Rajah. Elle se plaît à croire que son aïeule participa à ce quilt-témoignage. Voici le lien vers ce blog :
http://www.rajahsgranddaughter.blogspot.com.au/

En 2010, ce quilt a été exposé au Victoria & Albert Museum de Londres et a suscité une grande émotion, ranimant des pans de l’histoire anglaise et australienne. Le Rajah quilt est devenu un symbole pour ces deux pays, témoignage à la fois de cette immigration contrainte, des belles actions des Quakers et tout particulièrement Elizabeth Fry.

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Voici la couverture du livre reprenant une exposition majeure qui a eu lieu en 2010 à Londres. A cette occasion, le Rajah Quilt refit le long voyage qui le vit naître…

(Merci à Odile qui a suscité ma curiosité au sujet du Rajah Quilt !)

J’aime tant les quilts gallois !

Irrésistiblement, je suis attirée par les quilts gallois. Il y a une dizaine d’années (déjà !), le magazine Quiltmania nous faisaitquilts gallois -welsh découvrir Jen Jones avec son musée et centre culturel consacré aux trésors patchés et quiltés du Pays de Galles. Ce livre, fruit de leur collaboration, est toujours disponible sur le site Quiltmania.

Admirable travail de mise en valeur de ces quilts du quotidien qui nous restituent cet art populaire! Ces quilts furent sauvés de l’usure totale, de la poubelle, des greniers, des granges, des fauteuils de tracteurs ou des pattes des chiens dans la campagne galloise. Ils étaient réalisés avec les moyens du bord, c’est-à-dire tous les bouts de tissus disponibles, avec comme rembourrage les restes des tontes des moutons.

Ces quilts font partie du patrimoine gallois ; on y peut distinguer plusieurs styles. Les plus prisés étaient ceux des familles assez aisées au tissu d’un seul tenant, ou cousus de longues bandes, en satin de coton acheté à cet effet. Ils sont également plus récents et donc mieux connus. Pour les plus modestes, on partait la plupart du temps des restes de tissus de laine  et on cousait un centre décoratif , puis on ajoutait des pavés de tissus formant des bandes tout autour de manière non calculée, avec parfois des triangles qui ajoutaient un peu de fantaisie. Les angles étaient néanmoins souvent bien marqués d’une couleur contrastée. Cette forme de patchwork s’appelle un médaillon, il peut être rustique ou très sophistiqué et reste très prisé de nos jours ! Le quilt de Martine, Cannelle, en est un bel exemple.

Avec l’apparition du coton américain importé en Angleterre pour être tissé et imprimé, sont cousus également au Pays de Galles nombre de médaillons en chintz, en tissus écossais et rayés, en imprimé cachemire, etc.


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Les marchands de coton à la Nouvelle-Orléans – 1873

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Un bureau de coton à la Nouvelle-Orléans, – 1873

Deux tableaux d’Edgar Degas témoignent du commerce du coton de la Nouvelle-Orléans, avant d’être expédié en Angleterre principalement pour filage et impression. Puis le nord des Etats-Unis se chargera de plus en plus de cette industrie.

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Quilt récent de style gallois, avec de superbes tissus majoritairement rouges, de Mary Jenkins. Il reprend le style de médaillon au patchwork simple et au quilting raffiné. Explications de ce quilt dans l’e-book de l’auteur (voir sur son blog ou sur Amazon)

Si certaines personnes, comme l’héroïne de The Last Runaway, traversaient l’océan Atlantique une fois pour toutes, d’autres firent au XIXe siècle de nombreux aller et retour majoritairement pour des raisons commerciales, mais les idées circulaient ainsi également ! Dans le domaine du patchwork, le style gallois a très certainement inspiré les Amish du continent américain, mais réciproquement des blocs américains se trouvent dans les quilts du Pays de Galles du début du XXe siècle. En voici un bel exemple :

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Bloc de l’ananas cousu en lainages, quilt gallois de 1905, collection de Jen Jones. Photo du livre « Making Welsh Quilts », de Mary Jenkins et Clare Claridge. Excellent livre ! Ce bloc ne fait évidemment pas partie du patrimoine gallois…

Vous connaissez mon affection pour les tableaux de Valériane Leblond, sur lesquels elle peint des quilts toujours existants, soit dans sa propre famille, soit visible au Musée de Jen Jones. Voici sa mise en scène du quilt ci-dessus :

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Déjà montré dans ce blog, mais je ne m’en lasse pas ! 

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Ici, un quilt victorien en médaillon de la collection de Jen Jones a inspiré cette scène délicate à Valériane. Regardez les pavés irréguliers de tissus en bordure sur le quilt original, ils ne nuisent aucunement à la beauté du centre.

Une immense différence avec les Américaines est que, dans la campagne galloise, il était rare que chaque femme du foyer fasse ses quilts, et encore plus qu’elle se réunisse avec les voisines en quilting bee. Non, au Pays de Galles, il existait des quilteuses professionnelles qui travaillaient parfois chez elles ou bien allaient de famille en famille, le temps de coudre un quilt. Cette vie itinérante est similaire à celle des brodeurs bretons du XIXe siècle !

Ce dont je ne vous ai pas encore parlé mais qui est si important, c’est la qualité du quilting gallois. Il est dense, très dense même, jamais plus d’un inch carré (2,5 cm2) laissé sans matelassage pour contenir les matières calorifères en place… qui n’ont rien à voir avec nos molletons ! Plumes, foin ou anciennes couvertures, mais surtout les restes de tonte des moutons… on prenait ce qu’on trouvait et les quilts sont parfois extrêmement lourds. Malgré tout, le quilting est souvent très raffiné, varié, figuratif… beaucoup de similitude avec les quilts amish, une fois de plus.

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Quilt américain contemporain d’inspiration galloise/amish, créé par Cassiana en 2002

Dans le Pays de Galles on n’y trouve pas les célèbres « feathers », les guirlandes américaines qui proviennent d’une autre région de l’Angleterre (Durham). La tradition celtique prime avec toutes sortes de feuilles, de coeurs, de volutes et de bordures à la différence esthétique facile à repérer !

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Exemple de quilting gallois sur du satin de coton. Pour de nombreux beaux exemples, allez voir ces blogs : Welsh Quilts, et aussi Little welsh quilts and other traditions, ce sont des passionnées !

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Quilt de bandes piécées, au matelassage typiquement gallois (du blog Welsh Quilts)

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Ici une superbe exposition de petits quilts de Mary Jenkins, dans la pure tradition galloise. On voit notamment que les bords ne sont pas finis par une bande de finition comme nous avons l’habitude de le faire ; les tissus de devant et de dos sont rentrés vers le centre. Certaines quilteuses françaises appellent cette finition « toi et moi ».

Dans un article précédent, je vous parlais de mon envie de faire un quilt d’inspiration galloise. L’harmonie des couleurs me parlait tant ! Puis je me suis rendu compte que j’avais dans un carton des blocs en attente, justement dans cette harmonie de couleurs. Alors le quilt gallois attendra, mon club de patchwork de Colomiers expose dans un mois, je vais mettre les bouchées doubles pour le terminer !! Vous le verrez, bien sûr, sur ce blog… Vite, je vais me replonger dans ces couleurs de brique et de pastel ! 

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vie paisible

Vie paisible dans la campagne galloise, peinture sur bois de Valériane Leblond, mai 2011

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